"C'est la rentrée!" Ces trois petits mots ont été prononcés depuis lundi par quelque 900.000 élèves francophones qui ont retrouvé la cour de récréation et les bancs de l'école. Ce 1er septembre, "Terug naar school!" résonnera dans les couloirs des établissements néerlandophones. Plus de 1,2 million d'élèves et 208.000 enseignants retrouvent en effet leurs écoles flamandes ce vendredi. Une rentrée marquée par une pénurie d’enseignants qui se fait de plus en plus criante. Comme chaque année, elle sera aussi rythmée par un certain nombre de changements.
Plus d'un million d'élèves et des milliers d’enseignants néerlandophones rentrent à l’école
Au total, 3.200 places restent toujours vacantes dans les établissements scolaires néerlandophones, soit 20% de plus que l'an dernier, dénombre l'agence flamande de l'emploi VDAB. Ce dernier ne reprend cependant pas tous les postes disponibles dans l'enseignement, ce qui signifie que la pénurie de profs est plus importante encore. À une semaine de la rentrée, une école sur quatre cherchait ainsi toujours au moins un enseignant. Pendant les vacances d'été, au moins un enseignant a en effet décidé de ne pas retourner dans un établissement sur dix.
Pour faire face à cette situation, le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts (N-VA) a notamment introduit de nouveaux profils d’enseignants - ceux de professeur invité, d’enseignant en "contrat de service" et d’enseignant spécialisé ou expert - ou offert la possibilité à 216 écoles de s'écarter de la procédure habituelle pour attirer des enseignants. Des mesures prises précédemment portent leurs fruits, comme la valorisation de l'ancienneté pour les personnes qui exercent comme enseignant sans pour autant être titulaire du diplôme requis, soulignait récemment le ministre.
L'an dernier, 4.697 travailleurs et travailleuses du secteur privé avaient ainsi délaissé leur métier pour embrasser celui d'enseignant en Flandre, ce qui est un record, selon Ben Weyts. Celui-ci pointe une hausse de 10% par rapport à l'année précédente.
À côté de ces mesures "quantitatives", les syndicats enseignants plaident, eux, pour une approche "qualitative", afin notamment de réduire la charge de travail. "Le ministre parle d'un record de personnel non-diplômé de l'enseignement qui franchit le pas, mais j'aimerais aussi avoir le nombre de ces travailleurs et travailleuses qui font machine arrière" après avoir goûté à la pédagogie, soulignait en réponse Nancy Libert, du syndicat socialiste ACOD. L'année passée a été difficile, non seulement à cause de la pénurie d'enseignants mais aussi en raison de la réorganisation de l'effort d'apprentissage, qui va encore demander du travail, résume le syndicat chrétien flamand de l'enseignement (COV), qui rassemble le plus d'affiliés dans le primaire.
"Nous avons assisté ces dernières années à la mise en œuvre de mesures ci et là pour tenter de résoudre certains problèmes. Aujourd'hui, nous avons besoin de solutions pour l'avenir qui rendent ce métier attrayant et pour des années encore", martèle la secrétaire générale du COV, Marianne Coopman.
Qu'est-ce qui change pour les élèves?
Pour la première fois, les élèves de la 4e année primaire et de la 2e année secondaire devront passer des "centrale Vlaamse toetsen", c’est-à-dire des tests standardisés en mathématiques et en néerlandais langue maternelle en 2024. "Ces examens donnent aux écoles un instrument pour se comparer à d'autres établissements ayant une population similaire", expliquait en mai dernier le ministre Ben Weyts. Ils constituent "un moyen d'intervenir dans les écoles qui ne sont pas performantes".
Le ministre flamand de l’Enseignement soulignait néanmoins que des sanctions ne seront jamais imposées sur la seule base des résultats, mais que les scores obtenus pourront potentiellement entraîner un contrôle supplémentaire. Ces "toetsen" permettront aussi aux enseignants d’évaluer à la fin de l’année scolaire si les élèves ont atteint les objectifs minimaux pour les deux matières testées.
La modernisation de l’enseignement secondaire se poursuit en Flandre. Après les changements introduits dans le premier et le deuxième degrés du secondaire, des modifications seront effectuées cette année dans le 3e degré et l’offre d’options sera revue. Les élèves intéressés par les langues pourront ainsi suivre les nouvelles options "Langues modernes" et "Langues et communication".
Les écoles secondaires recevront un cadre pour organiser un enseignement à distance interactif. Les établissements pourront ainsi proposer une partie de leur cours via l’internet, les élèves les suivant depuis leur laptop à la maison. Pour le premier degré, il s’agira d’un maximum de 20% des heures de cours qui pourront être données de façon digitale, pour le 2e degré un maximum de 30% et pour le 3e degré au maximum 40% des heures de cours. Les écoles devront néanmoins toujours donner la possibilité aux élèves plus vulnérables de suivre les cours à l’école.
Enfin tous les élèves du 3e degré secondaire de l’enseignement technique et professionnel auront 18 demi-jours de stage par année scolaire. Les écoles qui ne parviennent pas à organiser pareil stage devront offrir un maximum d’activités d’observation.
Qu'est-ce qui change pour les écoles?
Les Centres d’encadrement des élèves (CLB) se voient allouer de nouvelles tâches-clés. Ils devront notamment être davantage présents au sein des établissements scolaires.
Les écoles primaires pourront engager un directeur ou une directrice adjoint(e), afin de décharger le directeur ou la directrice d’une partie du travail administratif et d’une partie de l’évaluation d’enseignants.
Un nouveau décret a permis la création de 47 centres de soutien à l’apprentissage. Tant l’enseignement courant que le spécialisé recevront des moyens supplémentaires pour aider les élèves à besoins spécifiques. Quelque 3.000 assistants recevront pour ce faire un statut et un emploi fixes.




