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Bientôt des objectifs minimaux en maternelle ? "La connaissance du néerlandais est une priorité"

A la veille de la rentrée des classes dans les écoles néerlandophones, le ministre de l’Enseignement Ben Weyts annonce que le gouvernement flamand veut fixer, pour la première fois, des objectifs minimaux pour la 3e année maternelle. Ces objectifs déterminent ce que les enfants doivent connaitre et posséder comme compétences. Selon le ministre, la connaissance du néerlandais est essentielle "pour donner à tous les enfants des chances égales de réussir dans l’enseignement primaire". Le néerlandais et les maths seront également les objectifs de base pour l’enseignement primaire.

Anne François Belga
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Autrefois qualifiés d’objectifs finaux en Flandre, les objectifs minimaux fixent les compétences que doivent au moins posséder les élèves aux différentes étapes de leur parcours scolaire. Il y a quelques mois, les coupoles de l’enseignement néerlandophone et le ministre de tutelle Ben Weyts s’accordaient sur les objectifs minimaux pour les 2e et 3e degrés du secondaire. A la veille de la rentrée scolaire, le ministre indique qu’il souhaiterait voir aussi introduire des objectifs minimaux pour l’enseignement maternel, plus précisément en ce qui concerne la maîtrise du néerlandais en 3e année maternelle. C’est une première, car pour l’instant les maternelles travaillent avec des objectifs de développement, qui doivent être atteints autant que possible par les petits élèves.

Au cours de l’année scolaire 2020-2021, "nous avons baissé l’âge de l’obligation scolaire de 6 à 5 ans. Ce qui veut dire que les enfants sont obligés d’aller à l’école à partir de la 3e maternelle. J’estime que nous devons utiliser cette modification pour nous concentrer sur l’essentiel, à savoir la connaissance du néerlandais", indiquait Ben Weyts (photo).

Le ministre veut donner un signal clair en parlant d’objectifs minimaux en 3e maternelle. "Nous voulons donner à tous les enfants des chances égales de réussir en primaires. Il est donc essentiel qu’ils connaissent suffisamment le néerlandais au moment de passer des maternelles aux primaires". Si un enfant ne répondait pas à ces attentes, le conseil de classe pourrait conseiller aux parents de ne pas encore le laisser entrer en primaires.

Le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts

Soutien financier supplémentaire

Ben Weyts dépose à cet effet un plan d'action pour que les élèves parlent exclusivement le néerlandais en classe ainsi que dans les cours de récréation. Concrètement, ce plan offrira aux établissements disposant de nombreux enfants allophones des moyens complémentaires. Une enveloppe de 20 millions d'euros est mobilisée à cet effet.

Les écoles concernées bénéficieront de l'appui d'équipes spécialisées dans la gestion du multilinguisme et de l'intégration linguistique. L'objectif du ministre est de toucher 80.000 enfants au total. Ben Weyts veut aussi que l'enseignement flamand renforce la place du néerlandais dans les acquis minimaux poursuivis par les programmes scolaires.

Selon le ministre, la moitié du temps de classe devrait ainsi être consacré à deux matières: le néerlandais et les mathématiques. Le ministre nationaliste flamand souhaite enfin que les règlements d'ordre intérieur des écoles flamandes précisent que le néerlandais est la seule langue qui puisse être parlée en classe ainsi que dans les cours de récréation.

Suivre les nouveaux rythmes scolaires francophones ?

L'enseignement officiel flamand GO! (Gemeenschaponderwijs) se dit favorable à l'alignement des rythmes scolaires sur ceux pratiqués en Fédération Wallonie-Bruxelles depuis un an. Selon Koen Pelleriaux, administrateur délégué de GO!, il existe aujourd'hui suffisamment de preuves scientifiques démontrant les avantages de vacances d'été plus courtes pour adapter les rythmes scolaires en Flandre également. Des vacances plus courtes permettent ainsi de réduire les pertes d'apprentissage chez les jeunes, tout en leur offrant la possibilité d'avoir suffisamment de temps pour se reposer.

Alors que les enfants francophones ont déjà repris l'école ce lundi 28 août, les écoles flamandes ne rouvriront leurs portes que ce vendredi 1er septembre. Depuis un an, les vacances d'été en Wallonie et à Bruxelles sont ramenées à sept semaines, tandis que les vacances de Toussaint et de Carnaval ont été portées à deux semaines. Les élèves francophones alternent ainsi tout au long de l'année des périodes de sept semaines de cours avec deux semaines de vacances.

L'enseignement officiel flamand aimerait adopter ce calendrier. "Neuf semaines de grandes vacances l'été, c'est long. Nous préfèrerions avoir sept semaines", assure Koen Pelleriaux. "Les études scientifiques montrent clairement que des pertes d'apprentissage après de longues périodes et cette perte d'apprentissage n'est pas linéaire."

Le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts est toutefois opposé à un changement du calendrier scolaire, le conseil flamand de l'enseignement (Vlor) et le conseil socio-économique de Flandre (SERV) ayant remis des avis défavorables. "Tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a des pertes d'apprentissage durant les vacances, mais la question est de savoir quand cela se produit", objecte Weyts. "Je n'exclus rien pour l'avenir, mais avant de changer quoi que ce soit, il faut des preuves scientifiques."

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