Au cours de l’année scolaire écoulée, quelque 4.700 Flamands qui travaillaient dans le secteur privé ont décidé de se reconvertir et d’aller donner cours dans les écoles néerlandophones. Cela représente une augmentation de 7% de changements de carrière de ce type par rapport à l’année scolaire précédente, et c’est un record. "C’est une éclaircie dans la lutte contre la pénurie d’enseignants", réagissait le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts. Mais cela ne suffit pas à résorber le problème du manque d’enseignants. A trois jours de la rentrée scolaire en Flandre, un directeur d'école sur quatre est encore à la recherche d'au moins un enseignant, rapporte en effet ce mardi la Coupole flamande de l'enseignement des villes et communes (Onderwijskoepel van steden en gemeenten - OVSG). Une école sur dix a encore vu partir au moins un enseignant pendant les vacances d'été.
Un nombre record de Flamands ont quitté le privé pour l'enseignement, mais la pénurie de profs n'est pas résorbée
Six directions sur dix déclarent que la pénurie d'enseignants dans leur école est aussi importante (32%) ou plus importante (28%) que l'an dernier. Seuls 17% d’établissements affirment que le manque de personnel est moins important, tandis que 23% disent ne pas être confrontés à ce problème. Cette pénurie a notamment des répercussions sur la capacité d'accueil des établissements scolaires et sur la création de nouvelles options, soulignent une direction d'école sur cinq.
Le ministre de tutelle, Ben Weyts (N-VA), a déjà pris une série de mesures pour tenter de pallier la pénurie d'enseignants, en lançant par exemple trois nouveaux profils : l'enseignant invité, l'enseignant avec un "contrat de service" et l'enseignant spécialisé ou expert. Une série de mesures qui ont sans doute aussi encouragé davantage de travailleurs du secteur privé à se tourner vers l’enseignement.
L'enquête menée par la Coupole flamande de l'enseignement des villes et communes (OVSG), du lundi 21 août au lundi 28 août auprès de 362 directrices et directeurs d'école, montre cependant que ces derniers trouvent l'ensemble des règles beaucoup trop complexes pour mettre en œuvre une gestion du personnel flexible et organiser des solutions pour faire face à la pénurie. Étonnamment, seuls 4% des directions prévoient actuellement de recourir à des enseignants spécialisés.
Nombre record de passages à l’enseignement
Le nombre de Flamands qui ont échangé un emploi dans le secteur privé contre un emploi dans l’enseignement est en hausse. Au cours de l’année scolaire 2019-2020, cela concernait 2.800 travailleurs. Un an plus tard, ce nombre avait augmenté de près de 50% pour atteindre un total de 4.398 passages du privé à l’enseignement. L’année scolaire écoulée, une augmentation record a été enregistrée, avec un total de 4.697 travailleurs qui ont décidé de se reconvertir à l’enseignement.
Environ 3.000 nouveaux enseignants venant du secteur privé ont opté pour l’enseignement secondaire, où la pénurie d’enseignants est la plus criante. Un bon milliers d’autres se sont dirigés vers l’enseignement primaire. Ce sont avant tout des Flamands dans la trentaine et la quarantaine qui quittent un emploi dans le privé pour aller donner cours. "Contrairement à d’autres secteurs, l’enseignement parvient encore toujours à attirer davantage de personnes. Ce nouveau record est une éclaircie dans la lutte contre la pénurie de profs", se réjouissait le ministre Ben Weyts.
"Nous prenons de plus en plus de mesures pour rendre le métier d’enseignant attrayant et plus moderne. Les nouveaux-arrivants peuvent par exemple transférer une ancienneté de 10 ans de leur emploi précédent". Le ministre espère parvenir à convaincre encore davantage de travailleurs à se tourner vers "le plus beau métier du monde. A partir de cette année scolaire, il y aura par exemple davantage de possibilités de commencer par une fonction d’enseignant invité", concluait Ben Weyts.
