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Ivan De Vadder : "Qui rétablira la confiance dans nos institutions ?"

L’arrêt rendu dans l’affaire Sanda Dia, cet étudiant de la KU Leuven décédé lors de son baptême, continue de provoquer de nombreuses réactions. Pour Ivan de Vadder, journaliste politique à la VRT, la question qui focalise les attentions actuellement est la suivante : "Qui a encore confiance dans des institutions telles que la justice, la Banque nationale, voire le gouvernement ?".

Eric Steffens Ivan De Vadder
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L’arrêt rendu dans l’affaire Sanda Dia, cet étudiant de la KU Leuven décédé lors de son baptême, a encore suscité des réactions le week-end dernier. La cour d’appel d’Anvers a condamné les 18 prévenus à des travaux d’intérêt général et à 400 € d’amende. Pour certains cette peine est "trop légère", il y a eu de nombreuses manifestations contre cet arrêt et certains hommes politiques ont aussi critiqué les juges. C’est surtout la prise de position de Sammy Mahdi, président du CD&V qui a retenu l’attention.

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Quoi de neuf en Flandre - 10 juin 2023

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8min

1. Vincent Van Quickenborne ne veut pas d'une "justice TikTok"

"Quand on scie un des pieds de la chaise démocratique, c’est toute la chaise qui vacille", je pense que cette déclaration des magistrats résume bien le large débat qui a été lancé, déclare Ivan De Vadder. Cela a commencé par la vidéo sur le réseau TikTok de Sammy Madhi qui a parlé de "petites peines de travail". De son côté, Corner Rousseau, le président de Vooruit a parlé de "peines très légères", cela a aussi été répété par le président du MR Georges-Louis Bouchez qui a dénoncé une justice trop laxiste, enfin certains représentants du PTB ont parlé d’une "justice de classe".

Cela a provoqué la colère de certains, en premier lieu le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) qui a dénoncé une "justice TikTok, avec le pouce levé ou baissé" et il a répété qu'il n'appartenait pas aux politiciens de s'exprimer à la place des juges. Il a été rejoint en cela par le Procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw qui lui aussi a parlé d’une "justice TikTok".

Jeudi dernier, le Youtuber flamand ACID avait divulgué certains noms des membres du cercle Reuzegom, avant d'être bloqué par Youtube. Le président du CD&V Sammy Madhi a pris sa défense et a dit comprendre la "frustration que vivent de nombreuses personnes" quant aux règles d'anonymat "qui sont strictement appliquées dans une affaire, mais pas dans d'autres". "Soit on est très strict, soit on ne l'est pas", objecte le président du CD&V pour qui la réduction au silence d'ACID peut donner l'impression d'une justice de classes.

C’est donc un très grand débat qui a lieu en ce moment sur nos institutions. "Peut-on encore faire confiance à nos institutions ? Est-ce que c’est bien le rôle des hommes politiques de critiquer ces institutions sur la place publique ?

Selon les magistrats du Collège des cours et tribunaux, "si les responsables politiques ne doivent pas s’abstenir de s’exprimer au sujet du pouvoir judiciaire, ils doivent le faire en restant dans leur rôle et dans leurs fonctions, c’est-à-dire débattre, au Parlement, de questions telles que la détermination de la peine ou le rôle des peines de travail en droit pénal. Ces débats au Parlement doivent avoir pour objet de faire tout ce qui est possible pour restaurer la confiance du public dans les institutions en établissant des liens, en expliquant et en interprétant, et ne pas polariser. Bref de faire disparaître, par exemple, l’idée qu’il y a chez nous une "justice de classe", comme cela a été déclaré par certains dans l’affaire Reuzegom.

2. Toutes les institutions ne sont-elles pas dignes de confiance?

Il est évidemment facile de critiquer une institutions comme le pouvoir judiciaire c’est un mécanisme qu’on pourrait qualifier de "populiste" mais Ivan de Vadder remarque que même le vice-Premier ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) s’est permis de mettre en cause une autre institution, la Banque nationale.

En cause, une proposition de Vooruit visant à augmenter le taux d’intérêt des comptes d’épargne. Or la Banque nationale a donné un avis négatif sur cette proposition. Le vice-Premier ministre a alors mis en doute les calculs de la BNB et a déclaré, sur les antennes de la VRT, que "si la Banque nationale se trompe à ce point sur un seul chiffre, que penser du reste de son avis ?"

Cela veut donc dire que des responsables politiques retirent leur confiance en des institutions et pas seulement la justice mais aussi la Banque nationale.

Que doivent alors penser les simples citoyens si même les responsables politiques retirent leur confiance ? Car c’est en principe aux politiques d’instaurer cette confiance.

3. Qui peut rétablir la confiance à l’égard des gouvernements ?

Dans ces conditions, les citoyens peuvent-ils encore faire confiance à cette autre institution qu’est le pouvoir exécutif, incarné par les gouvernements ?

Dans son discours lors du congrès de son parti, dimanche dernier, Conner Rousseau, le président de Vooruit, a déclaré : "La politique, au fond, c’est très simple. Pour pouvoir avancer, il faut conclure des accords avec les autres et se montrer très collaboratif."

Une analyse très correcte de Conner Rousseau, estime Ivan de Vadder qui ajoute toutefois que ce n’est pas toujours le cas au gouvernement fédéral.

De son côté, le Premier ministre, Alexander De Croo, a affirmé à peu près la même chose, dans le quotidien Het Laatste Nieuws,  "si les gens se détournent de la politique, ce n’est pas forcément à cause de l’action menée : le plus souvent, ils en ont simplement plein le dos de tout ce spectacle."

La tâche des responsables politiques c’est précisément de faire revenir la confiance dans toutes nos institutions, pas seulement le pouvoir judiciaire ou la Banque nationale mais aussi dans le gouvernement et si ils n’y réussissaient pas, alors Ivan De Vadder craint le pire pour les élections du 9 juin 2024.

La Chambre attend une enquête du Conseil supérieur de la justice sur l"affaire Sanda Dia

La commission de la Justice de la Chambre attend du Conseil Supérieur de la Justice (CSJ) qu'il mène une enquête sur l'affaire Sanda Dia qui suscite un vif émoi en Flandre. La présidente, Kristien Van Vaerenbergh (N-VA), adressera à l'institution un courrier en ce sens.

Cette initiative appuiera une démarche que le CSJ s'apprête à faire puisqu'il a fait savoir à la commission que le point d'une "enquête particulière" sur ce dossier était inscrit à l'ordre du jour d'une séance le 15 juin.

Un travail de réflexion plus large sera mené également par la commission parlementaire. Ses contours demeurent encore flous. La présidente prendra des contacts avec les différents groupes afin de l'organiser. Le sujet suscite toujours la polémique au sein de l'assemblée, en particulier quand il est question de la "justice de classe" dénoncée par le PTB.

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