Aller au contenu principal

Ville hôte de la Journée du Patrimoine en Flandre, Courtrai voit sa gare finalement protégée

Le bâtiment de la gare de Courtrai (Flandre occidentale) datant des années 1950 était menacé de démolition, mais il bénéficiera finalement d’une protection provisoire accordée par le gouvernement flamand. C’est ce qu’a annoncé à Courtrai le ministre flamand du Patrimoine immobilier, Ben Weyts (N-VA). Cette décision met fin à des années de discussions.

Eric Steffens
Publié:

La gare de Courtrai, avec sa façade symétrique caractéristique en briques jaunes, son hall baigné de lumière et ses éléments décoratifs originaux, sera finalement préservée. Le bâtiment, construit après la Seconde Guerre mondiale, en 1951, bénéficiera d’une protection provisoire. C’est ce qu’a annoncé le ministre flamand du Patrimoine immobilier, Ben Weyts (N-VA), à la veille de la Journée du Patrimoine, organisée ce dimanche et dont Courtrai est la ville hôte.

La gare n’arborera toutefois pas encore de plaque indiquant qu’il s’agit d’un monument protégé. Il ne s’agit en effet, pour l’instant, que d’une protection provisoire. Une enquête publique doit encore avoir lieu, mais celle-ci ne devrait pas empêcher la protection définitive du bâtiment, attendue probablement en novembre. Tous les acteurs concernés semblent désormais sur la même longueur d’onde.

Il y a encore peu, la situation était pourtant bien différente. La SNCB et la ville de Courtrai avaient d’autres projets : le bâtiment historique devait céder la place à une nouvelle gare et à un vaste réaménagement des environs.

L’un des sept sites patrimoniaux les plus menacés d’Europe

Ce projet avait toutefois suscité une vive opposition de la part d’associations de défense du patrimoine et du grand public. Une pétition avait recueilli des milliers de signatures. En 2023, la gare avait même été inscrite sur la liste d’Europa Nostra des sept sites patrimoniaux les plus menacés d’Europe.

Malgré cela, la SNCB et les autorités concernées ne semblaient initialement guère disposées à sauver le bâtiment. Matthias Diependaele, alors ministre flamand du Patrimoine immobilier et membre du même parti que Ben Weyts, avait annoncé que la gare ne serait pas protégée. "L’architecture de la reconstruction qui a suivi la Seconde Guerre mondiale est déjà bien représentée et 62 gares figurent déjà sur la liste", avait-il alors déclaré.

Presque démolie

La SNCB avait ensuite obtenu l’autorisation de démolir le bâtiment. Zuhal Demir (N-VA), alors ministre flamande de l’Environnement, avait délivré le permis nécessaire.

Fin de l’histoire ? Pas du tout. Depuis, les positions ont évolué. Le ministre flamand du Patrimoine immobilier, Ben Weyts, a finalement annoncé que la gare serait bel et bien protégée, "car il s’agit d’un exemple unique et de grande qualité de classicisme monumental de l’après-guerre. C’est la dernière grande gare de reconstruction construite après la Seconde Guerre mondiale".

"Il est faux de penser qu’une protection signifie qu’un bâtiment est placé sous cloche et que plus rien ne peut y être modifié", souligne le ministre Weyts. "Cette protection ne doit pas empêcher les projets de modernisation de la gare. L’Agence flamande du Patrimoine immobilier mettra toute son expertise à la disposition de la SNCB, d’Infrabel, de De Lijn et de la ville de Courtrai."

La protection de la gare s’inscrit pleinement dans le thème de la Journée du Patrimoine, "Entre de bonnes mains". "Le bâtiment est en effet bien entretenu par la SNCB, qui prévoit de le rénover dans les prochaines années, dans le cadre de la rénovation complète de la gare".

Nous cherchons à trouver un juste équilibre entre la valeur patrimoniale du bâtiment et les besoins d’une gare moderne.

Ben Weyts (N-VA), ministre flamand du Patrimoine immobilier.

La ville de Courtrai se réjouit de cette protection provisoire, explique la bourgmestre Ruth Vandenberghe. "Elle arrive au bon moment. Nous cherchons à trouver un juste équilibre entre la valeur patrimoniale du bâtiment et les besoins d’une gare moderne. Parallèlement, nous repensons entièrement les abords de la gare, avec une place arborée, agréable et sûre qui deviendra un nouveau lieu de rencontre. De nombreuses personnes travaillent sur ce projet pour offrir un nouvel avenir à ce patrimoine."

La SNCB se dit elle aussi satisfaite. "La SNCB travaille de manière constructive avec l’Agence flamande du Patrimoine immobilier afin de concilier la conservation et la protection du bâtiment avec les exigences actuelles en matière de confort, d’accessibilité autonome et de durabilité", explique Patrice Couchard, directeur des gares à la SNCB.

Il faudra toutefois encore plusieurs années avant que le projet ne voie le jour. Les plans doivent en effet être entièrement revus maintenant que le bâtiment historique ne sera finalement pas démoli. Les travaux pourraient débuter en 2029.

Une architecture authentique des années 1950

La gare de Courtrai a été construite en 1951, en remplacement de l’ancienne gare, bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est un bâtiment monumental et symétrique, agrémenté d’éléments décoratifs originaux. L’architecte Pierre Albert Pauwels en a conçu les plans. Les artistes Maurits Witdouck et Rogier Vandeweghe ont réalisé des bas-reliefs et des œuvres consacrés notamment à l’industrie et aux transports.

Courtrai, ville hôte de la Journée du Patrimoine en Flandre

Ce dimanche, la Journée du Patrimoine revient pour sa 38e édition. Sous le thème "Entre de bonnes mains", elle met cette année à l’honneur les personnes et les organisations qui veillent sur notre patrimoine.

Courtrai est la ville hôte de l’événement, avec 70 activités proposées sur 50 sites, ou 51 si l’on compte la gare. Parmi les lieux exceptionnellement ouverts au public : le Guldensporencollege, le Cobergherhotel, la Deelfabriek, le Parc Saint-Georges ainsi que plusieurs anciens sites de l’industrie linière qui ont trouvé une nouvelle affectation.

Au total, 1 207 activités sont organisées dans toute la Flandre, réparties sur 209 villes et communes. Depuis le lancement de la Journée du Patrimoine en 1992, jamais autant de sites n’avaient participé à l’événement. Près d’un site sur trois ouvre d’ailleurs ses portes pour la première fois cette année.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5