À partir du 1er juin de l'année prochaine, nager en eau libre deviendra un droit en Flandre. Le gouvernement flamand a en effet décidé d’inverser principe actuellement en vigueur : il sera désormais possible de se baigner dans tous les cours d'eau, lacs et étangs publics, sauf si cette pratique est explicitement interdite pour des raisons de sécurité. Cette réforme transfère toutefois davantage de responsabilités aux gestionnaires des plans d'eau et aux baigneurs eux-mêmes.
Dès l'été prochain, la baignade en eau libre sera autorisée partout en Flandre, sauf là où elle est explicitement interdite
Aujourd'hui, la baignade dans les rivières, étangs et lacs est interdite par défaut, à moins qu'elle ne soit expressément autorisée. Ce principe sera donc abandonné. La mesure figurait déjà dans l'accord de gouvernement flamand, mais ses modalités sont désormais connues.
"Nous voulons offrir davantage de possibilités de baignade aux Flamands", explique le ministre flamand de l'Environnement, Jo Brouns (CD&V). "La demande augmente d'année en année. Il est grand temps que la Flandre rattrape son retard."
L'association Outdoor Swimming Belgium, qui réclame cette réforme depuis six ans, salue cette décision. "C'est une bonne nouvelle que davantage de sites de baignade en eau libre deviennent accessibles à tous", se réjouit sa représentante, Ann De Ceulaer.
Environ 140 nouveaux sites de baignade
En autorisant par défaut la baignade en eau libre, le ministre estime qu'environ 140 nouveaux sites pourraient être accessibles en Flandre.
La décision finale reviendra toutefois aux gestionnaires des plans d'eau, qui devront évaluer si les conditions de sécurité sont réunies. "Je pense notamment à l'Agence flamande de la nature et des forêts (ANB), qui gère une soixantaine de plans d'eau. C'est à elle de déterminer où la baignade présente un danger", précise Jo Brouns.
À la côte, en revanche, rien ne changera : les règles actuelles et la surveillance assurée par les services de sauvetage resteront d'application.
La responsabilité reposera sur les gestionnaires et les nageurs
La sécurité restera la priorité. Pour les canaux navigables notamment, une analyse approfondie des risques sera obligatoire. Les gestionnaires des cours d'eau pourront instaurer des interdictions locales de baignade, à condition de les justifier, par exemple en raison d'un trafic fluvial intense, de courants dangereux ou de travaux.
Le ministre reconnaît que certaines villes et communes pourraient être tentées d'interdire préventivement la baignade afin d'éviter toute responsabilité. "Je constate effectivement une certaine réticence, notamment par crainte des nuisances", admet-il.
Il cite l'exemple des jeunes Bruxellois, qui disposent de très peu d'endroits où se baigner et se rendent massivement sur les rares sites accessibles. "C'est précisément pour cette raison qu'il faut multiplier les lieux de baignade dans toutes les provinces flamandes. Cela permettra de mieux répartir les visiteurs et de limiter les nuisances."
Les baigneurs devront aussi faire preuve de prudence
Si les gestionnaires des plans d'eau verront leur responsabilité renforcée, le ministre insiste également sur celle des baigneurs. "Il est essentiel que chacun fasse preuve de bon sens et veille à sa propre sécurité."
Aucun maître-nageur ne sera déployé sur l'ensemble des nouveaux sites. "Ce serait impossible, tant sur le plan pratique que financier. Et nous ne pourrons jamais éliminer tous les risques."
"Pas davantage d'accidents", selon le ministre
Jo Brouns ne s'attend pas pour autant à une hausse du nombre d'accidents. Il s'appuie sur l'exemple des Pays-Bas, qui comptent près d'un millier de sites de baignade pour 18 millions d'habitants et où, proportionnellement, les incidents sont moins nombreux.
L'association Outdoor Swimming Belgium partage cet optimisme. Selon elle, la pratique de la baignade en eau libre s'apprend progressivement. "C'est comparable à la conduite automobile : on acquiert de l'expérience en pratiquant, à condition d'avoir reçu une bonne formation."
Le niveau de natation de la population reste une préoccupation
Le ministre reconnaît toutefois que les compétences en natation des jeunes Flamands se sont dégradées au fil des années. Il espère que l'ouverture de nouveaux sites encouragera davantage de personnes à pratiquer la natation. Outdoor Swimming Belgium plaide également pour un renforcement des cours de natation, tant dans l'enseignement primaire que secondaire.
L'association rappelle enfin quelques règles de prudence élémentaires : ne jamais nager seul, éviter les zones trop profondes lorsqu'on est peu expérimenté et se renseigner sur les lieux avant d'entrer dans l'eau.
Améliorer la qualité de l'eau reste un défi en Flandre
L'élargissement des possibilités de baignade soulève également la question de la qualité de l'eau. Selon Jo Brouns, des études récentes montrent que la moitié des principaux cours d'eau flamands sont désormais suffisamment propres pour permettre la baignade.
L'autre moitié ne répond toutefois pas encore aux normes. Le ministre espère que cette réforme contribuera à renforcer les attentes de la population en faveur d'une amélioration de la qualité des eaux.
Aucune campagne supplémentaire de contrôle n'est encore prévue, mais l'ambition est d'étendre progressivement la surveillance, avec des analyses régulières de la qualité de l'eau, comme c'est déjà le cas dans les zones de baignade officiellement aménagées.




