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Ce dimanche, des centaines de personnes ont plongé dans l'eau sur une trentaine de sites, comme ici à Betekom (Brabant flamand)

Le Big Jump a mobilisé des centaines de Belges pour réclamer des cours d'eau plus propres

Des centaines de Belges ont sauté ce dimanche dans des rivières, des lacs et des canaux à l'occasion du Big Jump, organisé sur 31 sites en Flandre et en Wallonie. Porté par GoodPlanet Belgium, cet événement annuel organisé à travers l’Europe, entend sensibiliser le public à la qualité des eaux. Le constat est préoccupant : en Flandre, un seul des 195 cours d'eau est en bon état écologique, contre 41 % des cours d'eau en Wallonie.

Eric Steffens Belga
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Plus de 2.600 citoyennes et citoyens ont plongé dimanche dans des rivières belges pour réclamer une eau plus propre, a annoncé GoodPlanet Belgium qui coordonnait le "Big Jump". L'an dernier, quelque 1.800 personnes avaient fait le grand saut.

Sur les 30 Big jumps initialement prévus, 4 ont dû prendre la forme d'un Dry Jump et cinq ont été annulés, tous en raison de la mauvaise qualité de l'eau. Un autre, prévu à Lievegem, n'a pas reçu l'autorisation communale.

Le ministre flamand de l'Environnement, Jo Brouns (CD&V), a lui-même plongé dimanche dans le Demer, à Betekom.

Chaque année, des milliers de personnes plongent dans les cours d'eau à travers le monde pour attirer l'attention sur le mauvais état écologique des rivières, lacs et autres masses d'eau et réclamer des investissements pour améliorer leur propreté.

Une directive-cadre européenne sur l'eau (DCE) existe depuis 2000 pour mettre fin à la détérioration de l'état des masses d'eau dans l'UE, avec pour objectif de rendre l'eau saine pour 2015. Cette échéance n'a pas été respectée et a été reportée à 2021, délai une nouvelle fois décalé à décembre 2027.

À Lokeren et à Louvain, les participants ont dû se contenter d'un "Dry Jump"

À Lokeren, les participants se sont donc contentés d'un "Dry Jump"

Sur plusieurs sites, la Big Jump a dû être annulée ou déplacée en raison d'une qualité de l'eau insuffisante. À Bruges, par exemple, la manifestation a été transférée de la zone de baignade du Langerei vers le lac de Sint-Pietersplas, en raison de la présence de cyanobactéries (algues bleues).

La Big Jump a également été annulée à Lokeren et à Deinze. À Deinze, des cyanobactéries ont été détectées dans l'eau, tandis qu'à Lokeren, des entérocoques ont été mis en évidence dans la Durme. Ces bactéries peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux.

"Les derniers relevés ont révélé une forte concentration d'excréments humains dans l'eau, autrement dit d'entérocoques. Ce n'est pas vraiment une surprise", explique Inge Smolders, coorganisatrice de la Big Jump à Lokeren. "Les bateaux de plaisance amarrés dans le port de plaisance ne disposent pas de station de vidange pour leurs eaux usées, contrairement à ce qui existe dans de nombreux autres ports."

"Ces eaux usées finissent donc naturellement dans la Durme. Cela démontre une fois de plus pourquoi la Big Jump reste indispensable : attirer l'attention sur cette problématique. D'autant plus que cette eau de surface est appelée à devenir, à terme, notre eau potable."

Dans le Demer à Betekom, de nombreuses personnes ont pu nager.

Le temps presse dès lors pour obtenir en Belgique des "cours d'eau sains dans lesquels les êtres vivants et la nature peuvent s'épanouir", insiste GoodPlanet. Selon les dernières mesures effectuées dans le cadre de la réglementation européenne, en 2021, un seul cours d'eau en Flandre sur 195 et 41% des cours d'eau wallons présentaient un bon état écologique, alerte l'association.

Cet état concerne, selon la définition de la directive-cadre, "la flore et la faune présentes (comme les poissons et les plantes aquatiques), la structure et le débit de l'eau, ainsi que les paramètres physico-chimiques tels que la teneur en oxygène et les nutriments", explique GoodPlanet.

La législation de l'UE examine également l'état chimique des masses d'eau, c'est-à-dire les concentrations de substances polluantes. Aucun cours d'eau n'atteignait en 2021 un bon état chimique en Belgique.

Au niveau européen, toujours en 2021, 39,5% des masses d'eau présentaient un bon état écologique et 26,58% un bon état chimique.  

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