Convoqué par le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, l'ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, a été reçu ce mardi après par Theodora Gentzis, la présidente du Comité de Direction du SPF Affaires étrangères. Cette dernière lui a notamment rappelé le cadre prescrit par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, "qui détermine le rôle et les limites des fonctions d'un ambassadeur accrédité dans un pays".
Les Affaires étrangères rappellent à l'ambassadeur américain les limites de ses fonctions
"Les attaques personnelles contre un membre du gouvernement belge et toute ingérence dans les affaires intérieures de la Belgique constituent une violation de ces règles diplomatiques essentielles", a-t-elle insisté, communiquent les Affaires étrangères dans la foulée.
Au cours de l'entretien, la présidente du SPF Affaires étrangères a également souligné l'importance fondamentale du principe de la séparation des pouvoirs au sein de notre démocratie.
"La Belgique attache une grande importance à sa relation avec les États-Unis. Ce partenariat reste essentiel, et nous restons ouverts au dialogue. Mais ce dialogue doit être fondé sur le respect de nos institutions et de notre souveraineté", rappellent encore les Affaires étrangères.
"La lutte contre l'antisémitisme est une priorité pour la Belgique. Notre pays condamne systématiquement et sans équivoque toutes les formes d'antisémitisme et de racisme, tant sur son territoire qu'à l'étranger. Ce combat, nous devons le mener ensemble, en unissant nos forces plutôt qu'en semant la division. Les accusations infondées ne servent pas cet objectif, elles l'affaiblissent", concluent-elles.
Bill White : "Il n’y avait aucune nécessité de présenter des excuses"
L’ambassadeur des États-Unis, Bill White, n’a pas été impressionné par le fait d’avoir été convoqué par le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés). "Je n’ai pas l’impression d’avoir été convoqué", a-t-il déclaré après un entretien d’environ une demi-heure avec Theodora Gentzis, la plus haute fonctionnaire de la diplomatie belge. "Nous avons eu une rencontre agréable. Theodora est très professionnelle."
Selon l’ambassadeur des Etats-Unis, Theodora Gentzis lui a exposé la position belge. "Et j’ai bien sûr expliqué aussi notre position, ainsi que celle du président Trump et de notre pays." Selon lui, "il n’y avait aucune nécessité de présenter des excuses".
Il nie également avoir offensé la Belgique. "Il y a environ quatre ans, j’ai découvert que je suis à moitié juif. J’ai tellement d’amis formidables ici en Belgique. La Belgique n’est pas antisémite." Il a toutefois immédiatement évoqué "une augmentation de l’activité antisémite en Belgique".
Le fait qu’il défende le sort des trois circonciseurs juifs lui paraît normal. "L’un des mohels (circonciseurs juifs, ndlr) est né aux États-Unis, et je suis l’ambassadeur des États-Unis en Belgique. Il est de mon devoir de défendre la liberté religieuse".
Sur le fond, il reste sur sa position. "J’apprécierais que cette loi (qui n’autorise les circoncisions qu’à des personnes disposant d’une formation médicale, ndlr) soit modifiée. Je pense que ma sensibilité personnelle à cette question est prise au sérieux, et ce message a également été transmis à la présidente du Comité de Direction du SPF Affaires étrangères."


