Moshe Friedman, le rabbin controversé qui a déposé plusieurs plaintes contre des pratiques de circoncision contestées à Anvers, appelle notre pays à ne pas céder à la demande de l’ambassadeur des États-Unis de mettre un terme aux enquêtes judiciaires visant des mohels - des circonciseurs rituels juifs. Il évoque des situations choquantes et dramatiques lors de ces interventions, au cours desquelles des enfants auraient été infectés et où certains seraient même décédés.
La plainte de Moshe Friedman à l’origine de l’enquête sur les circoncisions controversées
"Nous avons huit enfants, dont trois garçons", explique Moshe Friedman. "Nos trois fils ont été victimes des circonciseurs, qui sont en réalité de véritables bouchers. On ne peut pas mettre en doute mon implication dans cette affaire."
Selon Moshe Friedman, ses fils subissent les conséquences médicales liées à leur circoncision traditionnelle, même s’il ne veut pas donner de détails par souci de vie privée. "Je ne suis pas le seul à en être victime. Il y a eu beaucoup d’autres victimes, surtout à Anvers."
Moshe Friedman évoque notamment des enfants contaminés par l’herpès "et des maladies similaires". Il parle également d’une contamination par le VIH et d’enfants décédés après leur circoncision. "À Anvers, on trouve la situation la plus dramatique au monde", affirme-t-il.
Qui est Moshe Friedman ?
Moshe Friedman est né aux États-Unis et a vécu longtemps à Vienne, en Autriche, c’est un juif orthodoxe pratiquant. Selon ses propres dires, il y était actif en tant que rabbin, mais il ne serait pas officiellement reconnu, car il n’aurait pas suivi la formation requise.
Après plusieurs déplacements, Friedman s’est installé avec sa famille à Anvers, mais ne s’est pas intégré à la communauté juive locale. Au contraire, en raison de déclarations controversées sur l’Holocauste et le conflit au Moyen-Orient, il s’est mis met en opposition avec cette communauté.
Ces dernières années, Friedman s’est fait connaître comme lanceur d’alerte sur des abus supposés ou réels au sein de la communauté. Il s’est particulièrement investi dans l’affaire des circoncisions d'enfants juifs.
"Le parquet doit prendre cette affaire très au sérieux", estime encore Moshe Friedman. Selon lui, les États-Unis auraient déjà tenté d’exercer des pressions en coulisses, via le ministère de la Justice. "Apparemment, cela n’a pas fonctionné. Voilà pourquoi ils s’expriment désormais publiquement. Il s’agit d’attaques graves contre l’État de droit en Belgique et contre la justice dans la capitale de l’Europe."
"Surtout ne pas céder"
L’appel de l’ambassadeur des États-Unis, Bill White, à mettre un terme à la procédure judiciaire engagée contre trois circonciseurs ayant pratiqué des circoncisions controversées est, selon Friedman, inacceptable. "Si la Belgique cède dans ce cas-ci, ce sera la fin de la souveraineté de notre pays", affirme-t-il. "J’appelle clairement à ne pas céder."
Il estime que notre pays doit condamner l’intervention de l’ambassadeur. "Je pense aussi qu’un diplomate, quel que soit le pays qu’il représente, qui bafoue les règles diplomatiques n’a rien à faire ici."
Il juge absurde l’accusation selon laquelle la Belgique se rendrait coupable d’antisémitisme en menant une procédure judiciaire. "C’est l’inverse. Ignorer ces es nouveau-nés, voilà ce qui serait antisémite."


