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A gauche : l’ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles Bill White | À droite : le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot

Maxime Prévot convoque l'ambassadeur des Etats-Unis, Bill White, après ses propos "inacceptables"

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a convoqué ce mardi l'ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, après ses déclarations "inacceptables" sur X. "Toute suggestion selon laquelle la Belgique serait antisémite est fausse, offensante et inacceptable", a réagi Maxime Prévot (Les Engagés) dans un long message posté lundi soir sur X.

Eric Steffens Belga
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L’entretien avec l’ambassadeur des États-Unis, Bill White, au cabinet des Affaires étrangères aura lieu ce mardi à 14 heures. Bill White sera reçu par Theodora Gentzis, la plus haute fonctionnaire de la diplomatie belge, le ministre Maxime Prévot étant en déplacement en Nouvelle-Zélande.

Theodora Gentzis, directrice du SPF Affaires étrangères.

Bill White s'en est pris plus tôt lundi au ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit), l'appelant à intervenir dans une enquête judiciaire visant des mohels - des circonciseurs rituels juifs.

La police d'Anvers avait mené des perquisitions en mai dernier chez trois d'entre eux, soupçonnés d'avoir pratiqué des circoncisions sans l'intervention d'un médecin. Dans un message publié sur le réseau X, Bill White parle d'antisémitisme et de persécution. Il appelle à mettre fin aux poursuites éventuelles contre ces trois mohels, qualifiant dans la foulée le ministre Vandenbroucke de "très impoli".

Qualifier la Belgique d'antisémite n'est pas seulement erroné, c'est une désinformation dangereuse qui affaiblit le véritable combat contre la haine.

Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères

"La Belgique condamne l'antisémitisme avec la plus grande fermeté. La lutte contre l'antisémitisme, ainsi que contre toutes les formes de haine et de discrimination, constitue une priorité absolue pour notre pays. Chacun doit pouvoir pratiquer sa foi sans crainte de violence, de discrimination ou de persécution. C'est un pilier fondamental de notre État de droit. Ce n'est pas négociable", rappelle d'emblée Maxime Prévot.

"Qualifier la Belgique d'antisémite n'est pas seulement erroné, c'est une désinformation dangereuse qui affaiblit le véritable combat contre la haine", ajoute-t-il.

"La législation belge autorise la circoncision rituelle lorsqu'elle est pratiquée par un médecin qualifié dans le respect de normes strictes de santé et de sécurité. Le cas spécifique évoqué fait l'objet d'une enquête judiciaire. Je m'abstiens de commenter une procédure en cours", poursuit le ministre des Affaires étrangères.

L'ambassadeur des Etats-Unis lors d'une rencontre avec le couple royal

Toute ingérence dans nos institutions démocratiques franchit une ligne rouge

Selon ce dernier, les déclarations de l'ambassadeur des États-Unis sont dès lors "inacceptables". "Un ambassadeur accrédité en Belgique a la responsabilité de respecter nos institutions, nos représentants élus et l'indépendance de notre système judiciaire. Les attaques personnelles contre un ministre belge et toute ingérence dans des affaires judiciaires constituent une violation des normes diplomatiques fondamentales", pointe Maxime Prévot qui a "immédiatement convoqué Bill White pour une réunion ce mardi".

"La Belgique est ouverte au dialogue avec tous ses partenaires. Mais toute ingérence dans nos institutions démocratiques et toute accusation infondée franchissent une ligne qui ne peut être franchie. Le respect de la souveraineté fonctionne dans les deux sens", insiste-t-il enfin.

Conner Rousseau (Vooruit) et Ismaël Nuino (Les Engagés) condamnent les propos de l'ambassadeur

"L'ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, Bill White, n'a pas à s'immiscer dans notre système judiciaire", a vivement réagi le président de Vooruit, Conner Rousseau, après les critiques formulées par l'Américain à l'égard du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Un avis partagé par Ismaël Nuino (Les Engagés), président de la commission Justice de la Chambre.

"Nous n'avons pas de leçons à recevoir des États-Unis en matière de soins de santé de qualité et abordables pour tous. La Belgique est un État de droit qui protège ses citoyens contre toute forme d'arbitraire ou d'intimidation. Ici, nous laissons la justice faire son travail et personne n'est au-dessus des lois. Pas même un ambassadeur américain. Il n'a pas à s'immiscer dans notre système judiciaire", a souligné Conner Rousseau.

"Je n'accepte pas ses insultes à l'égard de notre pays et de notre gouvernement", a-t-il ajouté en estimant "approprié" que le ministre belge des Affaires étrangères l'invite "pour lui expliquer en détail le fonctionnement de notre État de droit".

"Il est inacceptable qu'un diplomate étranger tente d'influencer ou d'obtenir l'abandon de poursuites dans une enquête menée par le parquet qui, en Belgique, bénéficie d'indépendance dans les poursuites", a abondé le député fédéral des Engagés et président de la commission Justice de la Chambre, Ismaël Nuino.

"Aucun outil en Belgique ne permet à un responsable politique de faire cesser une enquête et c'est normal et sain. Les dérives autoritaires et mettant à mal la justice aux États-Unis ne sont pas les bienvenues en Belgique", a insisté ce dernier. Bill White s'en est pris lundi au ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke, l'appelant à intervenir dans une enquête judiciaire visant des mohels - des circonciseurs rituels juifs.

La police d'Anvers avait mené des perquisitions en mai dernier chez trois d'entre eux, soupçonnés d'avoir pratiqué des circoncisions sans l'intervention d'un médecin.

Dans un message publié sur le réseau X, Bill White parle d'antisémitisme et de persécution. Il appelle à mettre fin aux poursuites éventuelles contre ces trois mohels, qui à ses yeux posent des actes pour lesquels "ils sont formés depuis des milliers d'années".

L'ambassadeur s'en prend ensuite directement à Frank Vandenbroucke dont il dénonce la "tactique sournoise" qui consisterait à attendre que l'affaire soit close. L'ambassadeur lui reproche aussi d'avoir refusé de lui serrer la main et de poser avec lui sur une photo lors d'une rencontre.

Le président de Vooruit Conner Rousseau n'accepte pas les critiques à l'égard du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke

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