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C'est la rentrée scolaire pour 1,2 million d'écoliers en Flandre

Alors que 900.000 élèves des établissements primaires et secondaires francophones en Wallonie et à Bruxelles ont repris le chemin de l’école lundi 25 août dernier, la rentrée a sonné ce 1er septembre pour les élèves de l’enseignement primaire et secondaire néerlandophone en Flandre et à Bruxelles. Ils sont 1,2 million d’écoliers concernés, encadrés par plus de 170.000 enseignants et membres du personnel scolaire. La pénurie d’enseignants reste l’un des défis majeurs de cette rentrée, avec plus de 3.700 postes encore vacants (notamment dans l’enseignement spécial). Parmi les changements qui entrent en vigueur ce 1er septembre dans les écoles : l’interdiction des smartphones en classe, une sanction accrue pour les élèves qui sèchent les cours, et des cours de néerlandais supplémentaires pour des milliers d’élèves dont ce n’est pas la langue maternelle.

Anne François
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“En ce début d’année scolaire, il manque plus de 3.700 enseignants et cela pèse lourd sur l’organisation des écoles néerlandophones. La qualité de l’enseignement en souffre également", souligne la journaliste Brigitte Vermeersch (VRT) spécialiste de l’enseignement. La ministre flamande de l’Enseignement Zuhal Demir a annoncé qu’elle se réunirait ce mois encore avec les organisations faîtières et les syndicats de l'éducation pour élaborer un "plan de carrière pour les enseignants". Brigitte Vermeersch rappelle que "les trois prédécesseurs de Demir n'ont pas réussi à s'entendre. La réforme des retraites du gouvernement fédéral De Wever pourrait changer la donne".

Un autre gros défi de cette rentrée reste l’enseignement spécial. "Si aucun changement n’intervient, il y aura dans 5 ans une pénurie de près de 6.000 places pour les élèves qui ont besoin d’un enseignement adapté. Zuhal Demir veut créer des écoles qui accueillent tous les types d’élèves et où ceux qui ont des besoins spécifiques bénéficient également d’un bon encadrement".

Interdiction du smartphone

Cette rentrée 2025/26 semble marquer le début d’une nouvelle aire puisque le GSM est dorénavant absolument interdit dans l’enseignement néerlandophone primaire et dans les deux premiers degrés de l’enseignement secondaire (de la 1e à la 4e année).

Pour les élèves du 3e degré secondaire (5e et 6e années), l’interdiction ne s’applique que pour les heures de cours. Il revient aux écoles de décider si elles interdisent ou non le smartphone aussi en-dehors des cours aux élèves des deux dernières années.

A noter que l’interdiction s’applique aussi aux appareils dits intelligents, tels que les smartwatches.

Une exception est faite pour les élèves avec des besoins spécifiques d’apprentissage, ainsi que pour les élèves qui ont besoin d’un appareil spécial pour des raisons médicales. On songe notamment aux élèves diabétiques qui doivent pouvoir contrôler leur taux de sucre.

Dans l’enseignement francophone, une interdiction semblable est entrée en vigueur lundi dernier à propos de l’utilisation récréative des GSM et autres appareils connectés à l’internet.

Les règles sur l’absentéisme scolaire renforcées

Dès ce lundi, les règles concernant l'absentéisme scolaire sont également renforcées. Les parents d'élèves qui auront été absents pendant 30 demi-journées ou plus sans motif valable perdront leur allocation scolaire après une année scolaire. Jusqu'à présent, cela n'était possible qu'après deux années scolaires consécutives.

L'allocation scolaire est un soutien financier annuel en Flandre destiné aux familles ayant des enfants en âge scolaire et disposant de faibles revenus. L'allocation est calculée et attribuée automatiquement. Au cours de l'année scolaire 2023-2024, les familles de 502.911 élèves en Flandre ont perçu une allocation scolaire.

Au cours de l'année scolaire 2022-2023, l'allocation scolaire a été récupérée (confisquée) pour un total de 8.109 élèves. Pour l'année scolaire 2023-2024, ce chiffre est passé à 8.223 élèves.

Religion: nouveau programme en primaire

Le nouveau programme de religion catholique sera progressivement introduit dans toutes les écoles primaires à partir de ce 1er septembre. Il deviendra obligatoire en 2027. Il s'agit de la première mise à jour en 26 ans. La principale innovation réside dans l'accent mis sur l’alphabétisation religieuse : les élèves doivent acquérir davantage de connaissances sur la tradition chrétienne et comprendre son lien avec les enjeux sociaux actuels tels que les migrations, l'écologie et la paix.

Le nouveau programme comprend 196 pages et s'articule autour de 10 thèmes majeurs, chacun articulé autour d'un dilemme existentiel, comme le bien et le mal ou les relations et la perte. Les élèves découvrent des récits bibliques, qui servent de point de départ à des discussions sur des questions contemporaines. Par exemple, l'Exode d'Égypte est lié à la situation des réfugiés climatiques et de guerre. La vision du pape sur l'écologie est également abordée.

Cours supplémentaires pour les élèves qui maitrisent mal le néerlandais

Les élèves du primaire et du secondaire présentant des difficultés linguistiques bénéficieront de cours de néerlandais supplémentaires. Le gouvernement flamand souhaite ainsi remédier à la baisse des compétences linguistiques des enfants. En primaire, le conseil de classe peut décider d'imposer aux élèves trois heures de cours de néerlandais supplémentaires par semaine. Un dispositif similaire sera mis en place dans le secondaire : les élèves pourront être contraints de suivre jusqu'à trois heures supplémentaires de néerlandais par semaine.

Par ailleurs, les classes OKAN (classes d'accueil pour les nouveaux arrivants non néerlandophones) seront transformées en classes de langue à part entière, avec un programme riche, afin que les élèves non néerlandophones puissent intégrer plus rapidement l'enseignement ordinaire. La première année de la filière B sera également adaptée, afin de mieux y accompagner la forte proportion d'élèves non néerlandophones.

Alimentation saine pour 64.000 élèves

Près de 64.000 élèves de 277 écoles flamandes bénéficieront cette année d'une alimentation saine à l'école. C’est le résultat d’un appel à l'action signé par 13 villes et communes. Ces écoles et communes peuvent compter sur un soutien de 6,2 millions d'euros de la ministre flamande des Affaires sociales, Caroline Gennez.

La question des repas sains à l’école était un enjeu majeur pour le parti socialiste Vooruit, d'abord avant les élections, puis lors des négociations gouvernementales. "Chaque enfant qui a faim est un enfant de trop. Et ceux qui ont faim ne peuvent pas se concentrer en classe. Manger malsain est tout aussi difficile. Une alimentation saine à l'école garantit une meilleure santé, de meilleurs résultats scolaires, une meilleure éducation et une plus grande égalité des chances pour tous les enfants. Elle allège également la charge des parents", explique Caroline Gennez.

Dans un premier temps, ce sont principalement les grandes villes qui participeront au programme. Sept villes-centres participent déjà, et trois autres ont indiqué qu'elles le feraient ultérieurement. Un deuxième appel suivra en octobre.

Nouveaux objectifs minimaux en primaire

Les écoles primaires et maternelles peuvent mettre en œuvre les nouveaux objectifs minimaux de connaissances dès cette rentrée scolaire, sur base volontaire. Ils ne deviendront obligatoires que pour les trois premières années d'études à compter de l'année scolaire 2026-2027.

La ministre Zuhal Demir avait proposé ces nouveaux objectifs minimaux en juin. Ils déterminent les apprentissages obligatoires des élèves en maternelle et en primaire. La version précédente datait de 1997. Le fil conducteur de ces nouveaux objectifs est une attention renouvelée aux connaissances. Ils seront également beaucoup plus précis.

Pour l'année scolaire 2025-2026, les objectifs de réussite actuels resteront en vigueur partout, mais les écoles auront la possibilité d'intégrer volontairement les nouveaux objectifs d'apprentissage à leur programme. Une année scolaire plus tard (2026-2027), les objectifs actualisés pour le néerlandais, les mathématiques et les sciences et technologies deviendront obligatoires pour les élèves de maternelle et pour les trois premières années d'études.

Leur mise en œuvre pour les autres matières restera facultative, tandis que les classes d’élèves plus âgés pourront conserver les anciens objectifs de réussite pour le moment. Les autres degrés d’étude suivront les années suivantes.

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