La rentrée scolaire flamande se fera une nouvelle fois cette année sous le signe de la pénurie d'enseignants. En primaire, plus de la moitié des écoles emploie au moins un enseignant qui n'a pas le diplôme requis, selon la coupole des écoles dépendant des villes et communes, l'OVSG. La fédération se base sur une demande auprès de 384 directions, effectuée durant le mois d'août.
Rentrée scolaire en Flandre : les directions se font "créatives" face au manque d'enseignants qualifiés
Une direction sur trois indique d'ailleurs être encore à la recherche d'un ou de plusieurs professeurs. La tendance est à la baisse, mais malgré cela il n'est pas du tout exceptionnel que des enseignants qui n'ont pas le diplôme prévu se voient confier une classe. Il s'agit le plus souvent de ce que la Flandre appelle des "zij-instromers", des personnes qui ont débuté leur carrière dans un autre secteur et tentent un switch vers l'enseignement. Ces changements de carrière sont encouragés, mais beaucoup de ces néo-profs finissent par décrocher à terme, entre autres à cause de la difficulté de combiner le travail en classe avec les cours pour obtenir le diplôme.
La moitié des écoles interrogées par l'OVSG dit aussi que le manque d'enseignants les pousse à confier des cours à des personnes dont ce n'est normalement pas le boulot, comme les profs chargés de la remédiation ou de l'accompagnement individuel des élèves.
Autre problème récurrent: les nouveaux enseignants qui font marche arrière en dernière minute. "Les écoles deviennent créatives, pour trouver elles-mêmes des solutions au manque d'enseignants", indique la directrice de l'OVSG, Walentina Cools. La coupole souhaite quant à elle "une approche structurelle" de la problématique, à court et long terme.
Davantage de flexibilité dans les formation
L'OVSG plaide entre autres pour davantage de flexibilité dans la formation des "zij-instromers". "Ne leur demandez pas de faire un travail de fin d'études et de se présenter le vendredi matin devant une classe d'élèves de 18 ans". L'organisation estime que 12% des personnes qui ont bifurqué vers l'enseignement l'an dernier ont déjà abandonné et ne reprendront pas les cours cette année.
La cause, selon Walentina Cools: "pas assez d'accompagnement", alors qu'on leur demande aussi d'obtenir un certificat pédagogique en parallèle. Comme la plupart ont déjà un bachelier ou un master en poche, est-ce encore nécessaire de leur demander de rédiger un travail de fin d'études?, s'interroge-t-elle.
"Mieux vaut se focaliser sur ce dont ils ont réellement besoin: la didactique et la gestion de classe". Sur le plan organisationnel, la formation pourrait aussi être repensée pour convenir à des personnes qui ont une charge de famille, ajoute-t-elle.
