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Des étudiants de la KU Leuven ont installé un campement de protestation dans un bâtiment de l'université louvaniste

Des étudiants à Louvain, Anvers, Gand et Bruxelles protestent contre la collaboration de leur université avec Israël

Une centaine d’étudiants de l’Université catholique de Louvain (KU Leuven) en Brabant flamand ont entamé ce lundi à 7h30 l’occupation d’un bâtiment. Ils ont placé des tentes dans le hall d'entrée du Collège De Valk, situé Tiensestraat, en plein centre de la cité estudiantine. Ils appellent les responsables de l'institution à mettre fin aux collaborations menées avec les universités israéliennes, tant que les violences dans la bande de Gaza se poursuivront. D'autres étudiants mènent déjà depuis la semaine dernière une action de protestation à l’Université de Gand (UGent), et une action similaire a débuté ce midi à l’Université d’Anvers (UA). Depuis ce lundi en fin de matinée, une quarantaine de militants appartenant au groupe estudiantin Palestine Solidarity Network occupent en outre un local de la Vrije Universiteit Brussel (l'Université Libre néerlandophone de Bruxelles, VUB) à Etterbeek.

Anne François Belga
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Depuis fin avril, des manifestations sont organisées sur les campus américains pour dénoncer la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. Le mouvement, lancé par les étudiants new-yorkais de Columbia, s’est depuis lors propogé aux États-Unis puis à travers le monde (notamment à Sydney, Dublin, Amsterdam...). En Belgique, l'Université de Gand a pris part au mouvement de contestation, suivie par les Universités Libres de Bruxelles francophones et néerlandophones (ULB et VUB). Ce lundi, c'est au tour d'étudiants louvanistes de se mobiliser.

Ces derniers se sont encore entretenus à ce sujet mardi dernier avec le recteur de la KU Leuven, Luc Sels. "Les discussions menées ces derniers mois avec l'Université n'ont pas livré de résultat concret", expliquent les étudiants. "Nous nous joignons à tous les étudiants dans le monde qui font entendre leurs voix contre le génocide et l'apartheid en Palestine." La KU Leuven a répété sa position la semaine dernière, indiquant qu'elle ne voulait pas mettre systématiquement sur un même pied les institutions israéliennes et leur gouvernement.

Les étudiants ont une analyse différente. "Ces universités sont soutenues financièrement par l'Etat israélien et fournissent des technologies à l'armée israélienne", explique Niels De Ridder, doctorant à la KU Leuven. "On sait aussi que ces universités soutiennent idéologiquement l'armée israélienne. Pour nous, il est donc inacceptable de continuer à collaborer avec elles."

Action paisible

Jusqu'à présent, l'action des étudiants ne bloque pas les accès aux auditoriums. Les cours peuvent donc se donner normalement. Les manifestants entendent occuper les lieux jusqu'à ce que la KU Leuven renonce à ses projets avec les universités israéliennes. "Nous resterons tant qu'aucune action significative n'a été prise par la direction pour cesser les relations. Nous n'avons pas d'échéance. Le recteur Luc Sels a fait savoir qu’il était très touché par la situation à Gaza, mais ce n’est pas suffisant. Nous ne nous contenterons pas d’une promesse de l’Université d’être plus prudente à l’avenir dans la conclusion de collaborations", conclut Niels De Ridder.

Les manifestants réclament notamment que la KU Leuven boycotte les institutions israéliennes et d'autres entreprises qui jouent un rôle "dans l'apartheid" en Palestine. Ils exigent aussi que l'Université reconnaisse qu'Israël est un Etat pratiquant l'apartheid, commettant un génocide sur le peuple palestinien".

L’action à la KU Leuven se déroule paisiblement. La police s’est rendue sur les lieux, mais pour s’assurer du bon déroulement. "Lors de nos actions précédentes, la KUL a rapidement appelé la police. Nous sommes donc préparés. Nous avons désigné quelques personnes qui parleront à la police", expliquait Samier Khaled à VRT NWS. "Nous ne sommes pas ici pour causer des troubles, mais pour mettre l’université sous pression. Elle est un pilier de notre société et doit se pencher sur la question".

Entretemps, la période d’examens approche dans les universités. "Je devrais étudier, comme tous les autre étudiants de Flandre. Il est impensable que nous devions protester ici pour mettre fin à des collaborations qui ne sont pas éthiques, alors que nous devrions en fait étudier. Je vais étudier dans le local que nous occupons".

Des dizaines d'étudiants occupent l'Agora de l'UA

Entretemps, des dizaines étudiants de l’Université d’Anvers (UA) qui envisageaient de mener une action similaire ont littéralement installé leurs tentes, ce lundi midi, dans l'Agora, un lieu de rencontre central sur le campus urbain de l'UA. L'action de protestation est menée par le groupe "UAntwerp for Palestine" et soutenue par divers professeurs. 

"Si nous sommes une université qui prend les droits de l'homme au sérieux, nous devons le montrer. Les étudiants ont déjà souvent faire entendre leur voix, mais sans grand résultat", déplorait Gert Van Hecken, professeur à l'Institut pour la politique de développement (UA). 

"Nous nous concertons avec les étudiants sur les exigences qu'ils présentent à l'Université", indiquait son porte-parole Peter De Meyer. "Il faut aussi des accords pratiques, pour la sécurité et l'hygiène. Et voir comment régler l'occupation pendant la nuit puisque notre université est normalement fermée à ce moment-là. Des accords clairs sont nécessaires pour que l'université puisse continuer à fonctionner normalement".  

Campement d'étudiants à l'Université d'Anvers

Les étudiants de l'UGent poursuivent leur action, soutenus par des profs

Les étudiants de l'Université de Gand qui ont occupé une partie de l'université pour protester contre la guerre à Gaza poursuivent leur action et recevront dès ce lundi le soutien d'une soixantaine de professeurs, doctorants et membres du personnel, ont-ils fait savoir dimanche soir.

Une centaine d'étudiants ont entamé l'occupation la semaine dernière. Les militants des organisations Ghent Students for Palestine et End Fossil Gent exigent toujours que l'université gantoise rompe tous les liens qu'elle entretient avec les institutions israéliennes et qu'elle mette la durabilité au centre de toutes ses décisions budgétaires et éducatives. L'UGent n'a pas autorisé l'occupation, mais des accords ont été conclus avec les quelque 300 personnes qui occupent désormais le bâtiment.

Ces dernières se sont plaintes dimanche soir du manque de réaction de la part de la direction de l'Université. Ils ont demandé au recteur Rik Van de Walle de les contacter pour organiser une concertation. À partir de ce lundi, les membres du personnel dormiront également dans le bâtiment.

Des militants pro-palestiniens occupent un bâtiment de la VUB

Une quarantaine de militants appartenant au groupe estudiantin Palestine Solidarity Network occupent depuis 11h30, ce lundi, un local de la Vrije Universiteit Brussel (l'Université Libre néerlandophone de Bruxelles, VUB), à Etterbeek. Les activistes dénoncent les liens académiques entre l'université et Israël et réclament un boycott académique, à l'image de celui qui a été récemment décidé par la Conférence des recteurs des universités espagnoles (Crue).

Le groupe préparait cette occupation depuis plusieurs semaines et a informé le recteur de sa démarche. Les militants ont aménagé des espaces de couchage pour plusieurs dizaines d'étudiants, ainsi que des lieux d'étude en prévision de la période de blocus. "Cette occupation s'inscrit dans le cadre des manifestations internationales d'étudiants qui militent dans le monde entier pour une Palestine libre et pour un boycott académique d'Israël", a souligné Isa Tomasevic, l'une des organisatrices de l'occupation. Les étudiants entendent occuper le bâtiment "aussi longtemps que nécessaire".

Parmi les revendications du Palestine Solidarity Network figure l'arrêt immédiat des collaborations académiques avec les institutions universitaires israéliennes et les entreprises qui soutiennent l'occupation de la Palestine. Le groupe souhaite également que la VUB fasse preuve de transparence quant à ses liens avec les entités israéliennes figurant sur la liste du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions). Selon Isa Tomasevic, "il est tout à fait possible de nouer des partenariats avec des entreprises qui ne sont pas impliquées dans le système d'apartheid israélien".

Enfin, les étudiants attendent du recteur de la VUB, Jan Danckaert, qu'il exerce des pressions sur le Conseil interuniversitaire flamand pour qu'il emboîte le pas à la Conférence des recteurs des universités espagnoles, qui a décidé le week-end dernier de rompre tous ses liens académiques avec les institutions israéliennes.

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