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Des étudiants réclament depuis des mois un entretien avec le recteur Rik Van de Walle

Dans une lettre ouverte, des collaborateurs de l'UGent soutiennent les protestations des étudiants

Plus de 300 étudiants et employés de l’Université de Gand, dont environ 25 professeurs, soutiennent l'occupation prévue d'un bâtiment de l'UGent par les étudiants à partir de ce lundi. Ils ont adressé une lettre ouverte au conseil d'administration et au recteur Rik Van de Walle (photo), qu’ils demandent à pouvoir rencontrer pour un entretien au sujet de la collaboration de l’institution avec les universités israéliennes. Une centaine d'étudiants ont entamé ce lundi midi leur occupation de trois jours du bâtiment UFO de l'UGent.

Anne François
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Dans ce courrier, le personnel s'oppose à la "politique menée dans les coulisses" par l'Université de Gand et aux "menaces" proférées à l'encontre des étudiants qui prévoient d'occuper l'université. "Le fait que le recteur ait d'abord ignoré puis menacé ces courageux étudiants va à l'encontre de tout ce que notre université devrait représenter", peut-on lire dans la lettre.

Le personnel se dit également choqué que le conseil d'administration et le recteur ignorent un avis de la Commission des droits de l'homme. Celle-ci estime que "dans le contexte actuel de crimes de guerre irréfutables et de violations des droits de l'homme à grande échelle, nous ne devrions plus entamer de collaborations bilatérales avec toutes les universités israéliennes".

Les signataires demandent dès lors à l'UGent de suspendre temporairement toute collaboration avec les universités israéliennes et d'appeler à un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza. Ils appellent également à ce que "la sécurité des étudiants qui procéderaient à l'occupation de l'université soit une priorité absolue et que toutes les menaces soient retirées immédiatement".

La lettre ouverte a été signée en ligne, dimanche soir, par quelque 120 membres du personnel, dont environ 25 professeurs. Plusieurs actions ont déjà eu lieu à l'UGent pour attirer l'attention sur la situation dans la bande de Gaza et sur la crise climatique. Cette fois, des étudiants des organisations End Fossil Gent et Ghent Students for Palestine ont annoncé leur intention d'occuper un bâtiment universitaire de lundi à mercredi, sans davantage de précision, après que la direction de l’UGent ait annoncé samedi qu’elle ne suivrait pas la demande de mettre fin à sa collaboration avec des institutions israéliennes.

Les étudiants tentent déjà depuis octobre de dialoguer

Professeur Koen Bogaert (UGent)

Le professeur Koen Bogaert, attaché au Département d’études sur les conflits et le développement, soutient le mouvement de protestation des étudiants et espère qu’un dialogue avec l’université pourra voir le jour. "Le recteur reste actuellement en retrait. J’espère qu’il va accepter un dialogue, comme le demandent les étudiants inquiets. Et avant tout un dialogue sur la raison pour laquelle le conseil d’administration et le recteur ne suivent pas l’avis de la Commission des droits de l’homme", expliquait le professeur ce lundi au micro de Radio 1 (VRT).

Bogaert souligne que les actions de protestation à l’UGent sont en cours depuis un certain temps. Depuis le mois d’octobre, des pétitions et des sit-ins ont été organisés. “Les étudiants tentent depuis des mois à lancer le dialogue, mais on les ignore”.

Les étudiants qui occuperont dès ce lundi un bâtiment de l’université gantoise on fait savoir qu’ils envisageront d’autres actions si un entretien avec le recteur Rik Van de Walle leur est toujours refusé.

L'un des slogans affichés par les étudiants qui occupent le bâtiment UFO depuis ce lundi midi

Une centaine d’étudiants occupent le bâtiment UFO de l’UGent

Ce lundi vers midi, une centaine d'étudiants ont entamé leur occupation d'un bâtiment de l'UGent. Les militants des organisations Ghent Students for Palestine et End Fossil Gent exigent que l'université gantoise rompe tous les liens qu'elle entretient avec les institutions israéliennes et qu'elle mette la durabilité au centre de toutes ses décisions budgétaires et éducatives.

Les activistes ont apporté des tentes pour passer la nuit dans le bâtiment et ont installé des affiches sur lesquelles sont inscrits des slogans tels que "Stop the lies, cut all ties" ("Arrêtez les mensonges, rompez tous les liens").

L'UGent a décidé de ne pas suivre les demandes de ses étudiants, expliquant que l'université "ne ferait pas de généralités" pour toutes les institutions d'un pays. "Nous analysons nos partenaires individuellement" pour voir s'il y a ou pas implication dans de graves violations des droits de l'homme, a fait valoir le président du conseil d'administration de l'UGent, Geert Bourgeois, samedi. Il existe des universités israéliennes qui sont loin de ces pratiques "et il faut s'assurer de maintenir le contact", a-t-il conclu.

L'UGent n'a pas autorisé l'occupation du bâtiment UFO, mais des accords ont été conclus avec les militants. Ils ne sont par exemple pas autorisés à déplacer les meubles ou à causer des dégâts au sein du bâtiment, ils doivent engager leurs propres stewards et en cas de violence, la police interviendra immédiatement.

Une centaine d'étudiants participent à l'occupation du bâtiment gantois

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