La Belgique a signé ce mardi en fin de journée, à Bruxelles, les accords internationaux Artemis, lancés il y a trois ans sous l'égide de la NASA pour l'exploration de la Lune, de Mars, des comètes et des astéroïdes. C'est une condition "nécessaire, mais non suffisante" pour espérer un jour voir le candidat astronaute belge Raphaël Liégeois "en route vers la Lune", a commenté le Secrétaire d'État à la Politique scientifique, Thomas Dermine, tout en reconnaissant que de nombreux obstacles doivent encore être franchis.
La Belgique signe les accords Artemis de la NASA pour des missions spatiales vers la Lune et Mars
La première mission espérée pour l'astronaute belge, qui terminera sa formation initiale au printemps, serait un vol vers la station spatiale internationale (ISS) entre 2026 et 2030. La signature de ce mardi "offrira aussi à nos entreprises, qui disposent d'une expertise mondialement reconnue dans le secteur spatial, de nouvelles opportunités économiques", a souligné la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, lors d'une cérémonie aux Musées royaux des Beaux-Arts, en présence d'un représentant des États-Unis, de Raphaël Liégeois et de Frank De Winne, le deuxième Belge à avoir été dans l'espace. Il dirige actuellement le centre d'entraînement des astronautes européens à Cologne.
Initiés en 2020 par les États-Unis et leur agence spatiale NASA, les accords Artemis sont un ensemble de principes pour la coopération dans l'exploration spatiale civile à des fins pacifiques. Ils sont aujourd'hui signés par 34 États, dont l’Australie, le Canada, l’Italie, le Japan, le Luxemburg, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis, les Pays-Bas et maintenant la Belgique. Les accords couvrent des aspects de l'exploration spatiale tels que la promotion des objectifs pacifiques, la transparence, l'interopérabilité, l'assistance mutuelle, l'enregistrement des objets spatiaux, la diffusion des données scientifiques, la préservation du patrimoine spatial extra-atmosphérique, les ressources spatiales, les activités spatiales pacifiques et les actions contre les débris orbitaux.
Le programme d'exploration spatiale a quant à lui été inauguré en 2022 avec la mission Artémis 1, qui a fait voler le vaisseau Orion autour de la Lune, afin de le tester sans équipage. Son deuxième volet (survol de la Lune par quatre astronautes) a été reporté récemment à septembre 2025. C'est son troisième volet qui doit renvoyer des êtres humains sur la Lune pour la première fois depuis 1972. Il est désormais programmé pour septembre 2026.
Des accords trop avantageux pour les Etats-Unis ?
La participation belge à Artemis entre budgétairement dans le cadre de la contribution du pays à l'Agence spatiale européenne (ESA). Elle s'inscrit aussi dans la promotion d'un cadre juridique multilatéral international pour un accès équitable aux ressources spatiales et à leurs avantages, ainsi que pour une utilisation "sûre et durable" de ces ressources, selon le gouvernement fédéral.
"En signant les accords, la Belgique montre qu’elle attache de l’importance à l’exploration spatiale, qu’elle veut avancer dans ce domaine et soutenir les entreprises actives dans le domaine spatial", indiquait à VRT NWS la juriste Sarah Moens, spécialisée dans le domaine spatial. "C’est une initiative américaine, mais elle doit servir à tous les états qui s’y joignent".
Les accords Artemis soulèvent néanmoins des critiques, notamment en ce qui concerne les règles souples pour l’extraction de matières premières dans l’espace. Les critiques estiment que les règles sont établies à l’avantage des Etats-Unis. La Chine et la Russie n’ont d’ailleurs pas encore signé les accords.


