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Steven Creyelman (à dr.) et Tom Van Grieken (à g.)

Steven Creyelman démissionne de la présidence de la commission des Achats militaires

Le parti d’extrême droite flamand a annoncé que le député fédéral Steven Creyelman (photo, à dr.) démissionne de la présidence de la commission des Achats militaires. Le Vlaams Belang (VB) ajoutait que le député n'a pas suffisamment et complètement informé le parti et son président Tom Van Grieken (photo, à g.) des contacts avec son frère Frank Creyelman, qui a été expulsé la semaine dernière du VB à la suite de soupçons d’espionnage pour la Chine. Devant ses collègues, la cheffe de groupe Barbara Pas a évoqué une "rupture de confiance".

Anne François Belga
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La question se pose notamment de savoir si Steven Creyelman a été contacté par la Sûreté de l'État début décembre et n’en a rien dit au président de son parti, comme l'a affirmé Barbara Pas. Mardi, la conférence des présidents de l'assemblée a demandé un rapport en urgence à la Sûreté de l'État un rapport sur l'influence qu'auraient pu avoir Frank Creyelman et son contact chinois sur son frère Steven. Un courrier a été adressé à l'interlocuteur de la Chambre dans ce genre de matière, à savoir le Comité R, organe de contrôle des services de renseignement. La suite du dossier sera examinée au sein de la commission de suivi du comité R.

L’écologiste Wouter De Vriendt (Groen) a demandé la réunion d’une conférence des présidents. Il estime qu'une procédure de sonnette d'alarme doit être mise en place au Parlement afin que des mesures puissent être prises dès lors qu'un soupçon d'ingérence étrangère venait au jour. Il semblerait en effet que plusieurs membres du gouvernement étaient au courant des suspicions visant les frères Creyelman sans que la Chambre ait été mise au courant.

Or, tant la commission des Achats militaires que la commission de suivi des opérations militaires à l'étranger, dont Steven Creyelman est également membre, examinent des informations confidentielles classées secret défense. Selon des révélations du "Monde", du 'Financial Times' et "Der Spiegel" publiées la semaine dernière, l'ex-sénateur Frank Creyelman (VB) s'est fait acheter par un espion chinois pour exercer son influence au profit de Pékin.

Selon Der Spiegel, l'ancien sénateur Frank Creyelman a aussi informé à plusieurs reprises un contact au ministère chinois de la sécurité d'État qu'il consulterait son frère pour les missions (rémunérées) qu'il effectuait, car Steven Creyelman pouvait l'aider en tant que député. Ce fut le cas, par exemple, lorsque l'agent secret demanda en mars 2021 de faire pression pour que l'UE et la Chine reconnaissent mutuellement leurs passeports de vaccination contre le Covid. Des questions posées à propos des manifestations à Hong Kong suscitent également le doute.

De Croo abordera l'ingérence lors de sa visite à Pékin

Le 6 décembre, la Sûreté de l'Etat a informé le chef du gouvernement et les ministres de la Justice, Paul Van Tigchelt, et des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, de "faits sérieux qui pouvaient mettre en danger la sécurité du pays". Le service de renseignement belge disait disposer d'informations fiables concernant un ancien parlementaire qui aurait été acheté pour "influencer notre société". Il s'agissait de l'ancien parlementaire Frank Creyelman (Vlaams Belang), qui a travaillé pour le compte d'un agent chinois. Le chef du gouvernement a réuni le Conseil national de sécurité, qui associe ministres et dirigeants des services de sécurité et de renseignement.

"Il est inadmissible que l'on manipule de la sorte notre système démocratique", a souligné Alexander De Croo (photo) qui en fera part aux dirigeants chinois qu'il rencontrera lors de sa visite à Pékin les 11 et 12 janvier. A l'instar de plusieurs députés, le Premier ministre s'en est pris aux partis extrémistes et à leur proximité avec des leaders autoritaires comme Vladimir Poutine ou Bachar Al Assad. "Les extrémistes ne servent pas nos intérêts, ni celui des Belges, ni celui des Flamands", a-t-il ajouté à l'adresse du Vlaams Belang.

Le projet de nouveau Code pénal contient des articles qui permettront de sanctionner l'ingérence étrangère. En principe, il sera approuvé en séance plénière en février. Le ministre de la Justice souhaite accélérer la procédure et faire voter ces articles plus rapidement.

Le Premier ministre De Croo à la Chambre

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