La conférence des présidents de la Chambre va demander à la Sûreté de l'État de réaliser en urgence une analyse sur le cas de Steven Creyelman (photo), député du Vlaams Belang, président de la commission des Achats militaires et membre de la commission de suivi des opérations militaires à l'étranger. Il est le frère de l’ancien parlementaire Frank Creyelman, qui a été expulsé vendredi du parti Vlaams Belang à la suite de soupçons d’espionnage pour la Chine.
La Chambre demande à la Sûreté de l'État une enquête sur Steven Creyelman
Les commissions des Achats militaires et de suivi des opérations militaires à l’étranger se réunissent à huis-clos et examinent des informations confidentielles. Or, des médias étrangers ont révélé la semaine passée les liens entre le frère du député - Frank Creyelman - et un agent des renseignements chinois. Des échanges de messages et la comparaison de questions parlementaires posées à la Chambre par Creyelman avec celles d'un autre député d'extrême droite en Allemagne à propos de manifestations à Hong Kong, incluant des éléments de langage favorable à la Chine, ont semé le doute sur l'influence qu'aurait pu subir Steven Creyelman.
Le groupe Ecolo-Groen a écrit vendredi à la présidente de la Chambre pour s'inquiéter de la situation, rejoint par le groupe PS. À leurs yeux, tant que la lumière n'est pas faite, l'intéressé ne peut plus participer aux travaux desdites commissions. Écologistes et socialistes estimaient qu'à titre conservatoire, l'intéressé devait se retirer de ces commissions afin de ne pas compromettre leur fonctionnement, mais le Vlaams Belang s'y est refusé.
Dimanche, le président du parti d'extrême-droite Tom Van Grieken a pris la défense de son député, affirmant qu'aux dires mêmes de Frank Creyelman les tentatives d'influence de son frère n'ont jamais fonctionné. "Une fuite de sécurité potentielle vers Pékin n'est pas innocente. Le Vlaams Belang ferait mieux de prendre cela au sérieux", a souligné le chef de groupe Ecolo-Groen, Wouter De Vriendt, tandis que son collègue francophone, Gilles Vanden Burre, assurait que les Verts continueraient "à mettre la pression pour protéger notre démocratie".
L'Open VLD a abondé dans le même sens en réclamant que Steven Creyelman (photo) se mette en retrait le temps de l'enquête. "Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre des risques avec notre sécurité nationale", déclarait le député Tim Vandenput.
Steven Creyelman se distancie des activités de son frère
"J'ai découvert les informations révélées vendredi dernier en même temps que le reste de la Flandre. Je me distancie sans ambiguïté des activités de mon frère et j'en suis même profondément dégoûté. Que les choses soient claires: ni moi, ni le parti ne sommes impliqués dans cette histoire de quelque manière que ce soit. Les activités de mon frère ne relèvent de rien d'autre que d'une trahison de l'État et n'appartiennent en aucun cas à un parti nationaliste comme le nôtre", a déclaré ce mardi Steven Creyelman.
Le député se dit confiant dans les résultats de l'enquête demandée ce mardi par la conférence des présidents de la Chambre à la Sûreté de l'État, à laquelle pourrait également collaborer le SGRS (renseignement militaire). "Il en ressortira que les actions scandaleuses de mon frère se limitent à sa personne".


