Ulf Kristersson a assisté ce mercredi matin à une cérémonie donnée à la Place Sainctelette à Bruxelles en hommage aux deux victimes suédoises de l’attentat perpétré lundi soir à cet endroit par un ressortissant tunisien de 45 ans en séjour illégal en Belgique. Un troisième Suédois a été blessé dans cette attaque à l’arme de guerre. Entretemps, le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué la responsabilité de la fusillade mortelle à Bruxelles. L’auteur des tirs a été abattu mardi matin par la police dans un café de Schaerbeek.
Le Premier ministre suédois à Bruxelles pour un hommage aux victimes de l'attentat
Les trois victimes de l’attentat (deux morts et un blessé) se trouvaient probablement dans la capitale belge à l’occasion du match de qualification de football qui opposait, au stade Roi Baudouin, les Diables rouges à l’équipe nationale suédoise. Ils arboraient un maillot de soutien à leur équipe et étaient donc facilement reconnaissables. Dans une vidéo postée après les faits sur les réseaux sociaux, le suspect s’est enorgueilli d’avoir tué "trois Suédois" et de faire partie du groupe terroriste Etat islamique.
De nombreux membres du gouvernement belge assistaient également à cette cérémonie (photo).
Ce mercredi après-midi, une séance spéciale des commissions Affaires intérieures et Justice est planifiée au Parlement fédéral. A la suite de l’attentat, les députés de la Chambre pourront poser des questions au Premier ministre De Croo, à la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden et à la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Nicole de Moor.
Le suspect avait fait de la prison en Suède
Le Tunisien qui a abattu les ressortissants suédois à Bruxelles avait été condamné en 2012 en Suède à deux ans et deux mois de prison pour des faits de drogue, indiquait mardi soir SVT Nyheter, un programme d'information de la chaîne publique suédoise. L'émission affirmait aussi avoir pu s'entretenir avec une personne qui a connu Abdesalem Lassoued lorsqu'il résidait en Suède. Le témoin a décrit l'homme comme étant profondément religieux, mais certainement pas radicalisé.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson avait indiqué que l'intéressé avait vécu dans le pays. En novembre 2019, il a demandé l'asile en Belgique, mais sa demande a été rejetée et il a ensuite disparu des radars.
Le Premier ministre suédois déclarait mardi que, selon "toutes les indications", cette "attaque terroriste" a ciblé la Suède et des citoyens suédois "simplement parce qu'ils sont Suédois". Selon le ministre de la Justice Vincent Van Quickeborne, "il n'y a pour le moment pas d'indication que l'auteur" de l'attentat "appartenait à un réseau" terroriste. "La thèse du loup solitaire semble plus proche de la réalité.
Nicole de Moor veut "réagir fermement"
La Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration a annoncé mardi soir vouloir "réagir plus fermement" si les pays ne coopèrent pas avec la Belgique en acceptant de reprendre leurs ressortissants faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire belge parce que leur demande d’asile n’a pas été acceptée. Nicole de Moor entend utiliser "des mesures en matière d'investissements commerciaux, de coopération au développement et de politique des visas" comme moyen de pression envers ces pays, expliquait-elle lors de la conférence de presse consécutive au Conseil national de sécurité.
La question récurrente planant dans l’air depuis l’identification du suspect est comment ce dernier a pu échapper aux radars et séjourner plusieurs années en Belgique alors qu’il avait ordre de quitter le territoire en octobre 2020 et était donc en séjour illégal depuis lors. Sa demande d'asile, introduite en novembre 2019, avait été rejetée. "Pour les personnes qui reçoivent une décision négative, nous devons absolument être en mesure d'organiser des retours", a déclaré la Secrétaire d'État (photo).
"Un suivi proactif immédiatement après la décision négative" pour éviter que la personne concernée ne disparaisse du radar des autorités est dès lors "crucial". "De plus, il faut faire en sorte (...) que les pays acceptent de reprendre leurs ressortissants. Tant que nous n'aurons pas mis tout notre poids dans la balance, cela ne marchera pas."




