Sur les 982 éleveurs de porcs susceptibles d'être rachetés par le gouvernement flamand en vue de réduire les émissions d’azote dans la Région, environ 175 - soit 20% des éleveurs - souhaitent accepter l'offre de rachat. C’est ce qu’a précisé la ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir (N-VA), au micro de l’émission "De ochtend" ce vendredi sur Radio 1 (VRT). D’autre part, la ministre s’est montrée positive sur l’évolution de la loi européenne sur la Restauration de la nature, qui est encore en préparation. Zuhal Demir y avait apporté de vives critiques ces dernières semaines, reprises en partie par le Premier ministre Alexander De Croo.
Azote: un éleveur de porcs sur 5 accepte l'offre de rachat du gouvernement flamand
D'ici 2030, le nombre de porcs en Flandre devra diminuer de 30%, selon l'accord régional flamand sur les émissions d'azote. En chiffres absolus, on dénombre 5,86 millions de têtes au nord du pays. Cela signifie qu'il faut diminuer cette population de 1,8 million en sept ans. Afin d'y parvenir, un programme de rachat volontaire d’exploitations a été mis en place.
Le gouvernement flamand y alloue 200 millions d'euros. Jusqu'ici, seules les petites et moyennes exploitations qui contribuent à plus de 0,5 % des émissions d'azote dans la nature environnante, ont droit à une indemnisation. Zuhal Demir (photo) déclarait sur Radio 1 vouloir examiner la possibilité d'inclure les éleveurs de porcs dont l'impact est inférieur à ces 0,5 %. Ce vendredi après-midi, le gouvernement flamand décidait effectivement d'élargir son programme de rachat aux éleveurs de porcs dont l'impact des émissions d'azote est inférieur à 0,5%. La proposition a été envoyée pour avis au Conseil d'Etat. Le gouvernement Jambon espère pouvoir contacter les éleveurs concernés à l'automne.
Les éleveurs de porcs peuvent encore se manifester jusqu'à ce samedi s'ils souhaitent participer au programme de rachat. La ministre suppose que des éleveurs se feront encore connaître en dernière minute et se dit satisfaite du nombre d’éleveurs qui ont déjà répondu à l’appel de rachat volontaire.
Le syndicat des agriculteurs Boerenbond estime pour sa part que 175 éleveurs volontaires n’est pas un chiffre impressionnant. "La mesure n’est pas efficace, l’offre n’est pas assez attrayante. Non seulement en raison du montant de rachat proposé mais aussi à cause des conditions imposées", indiquait Wouter Wytynck du Boerenbond à VRT NWS. Les éleveurs ne peuvent en effet plus obtenir par la suite de permis d’exploiter, que ce soient des porcs ou du bétail. Selon Zuhal Demir, ces mesures sont nécessaires pour satisfaire aux règles environnementales imposées au niveau européen.
“La loi européenne va dans le bon sens"
A propos de la loi européenne sur la Restauration de la nature, actuellement en préparation, la ministre flamande de l’Environnement indiquait sur Radio 1 qu’elle va maintenant "dans la bonne direction". D’après Zuhal Demir, la Belgique a "sauvé" cette loi, en collaboration avec plusieurs autres pays membres qui avaient également des critiques et qui ont demandé des modifications. "Nous avons travaillé très dur à des ajustements, afin que la loi soit aussi applicable sur le terrain. Les textes vont dans la bonne direction. Nous sommes en train de consulter leur version finale".
La ministre Demir représentera la Belgique mardi prochain lors de la concertation européenne sur la loi sur la Restauration de la nature. Par le passé, elle avait refusé plusieurs fois de prendre part à la concertation de l’UE sur l’environnement et le climat. La Belgique s’est plusieurs fois abstenue de voter parce que ses états fédérés n’étaient pas parvenus à un consensus.
Il n’est pas encore clair s’il y a maintenant un point de vue commun belge. Les différentes gouvernements se réuniront lundi pour tenter de parvenir à un compromis définitif.


