Ces derniers jours, les actions de protestation se sont multipliées dans plusieurs villes du pays, émanant notamment d’étudiants outrés, à la suite de l’arrêt rendu par la cour d’appel d’Anvers dans l’affaire Sanda Dia, du nom du jeune étudiants louvaniste de 20 ans qui a perdu la vie fin 2018 à la suite d’un bizutage extrême pratiqué par le cercle estudiantin Reuzegom. Dix-huit membres de ce cercle ont été condamnés à des peines d’intérêt général et des amendes. Nombre de citoyens estiment qu’il s’agit de peines très légères qui attestent d’une justice de classes. Le ministre fédéral de la Justice, Vincent Van Quickenborne (photo), annonce sur Facebook qu’il s'entretiendra ce jeudi soir avec des étudiants à Louvain au sujet du procès lié à la mort de Sanda Dia.
Le ministre de la Justice s'entretiendra avec des étudiants à Louvain sur l'affaire Sanda Dia
La discussion se tiendra à 19h à l'Alma 2, dans la Parkstraat, dans le centre de la ville estudiantine du Brabant flamand. Une "protestation silencieuse et sereine", lancée sur la toile par un groupe d'étudiants, se tiendra préalablement à cet endroit à 18h30.
Sanda Dia, un jeune étudiant ingénieur de la KU Leuven, est décédé lors de son baptême en 2018 au sein du Cercle Reuzegom. Dans cette affaire, 18 prévenus ont été condamnés par la cour d'appel d'Anvers à des travaux d'intérêt général et à 400 euros d'amende.
"La mort de Sanda Dia et le procès Reuzegom ont suscité beaucoup d'indignation et de tristesse. Les jeunes et les étudiants se posent des questions et émettent des critiques. La Justice ne peut pas rester sourde", écrit le ministre sur Facebook. Ce dernier engagera donc la conversation "avec tout étudiant qui en ressentira le besoin", non pas dans le but d'élaborer "un discours unilatéral", mais "pour écouter et répondre aux questions".
Les noms des membres du cercle Reuzegom dissimulés à Gand
Les citoyens choqués par l’arrêt de la cour d’appel d’Anvers dénoncent notamment le fait que la justice et les médias n’ont pas rendu public les noms des membres du cercle Reuzegom condamnés. Ces noms circulent néanmoins sur les réseaux sociaux, parfois de façon erronée. Ces noms avaient aussi été écrits sur le "mur des graffitis" situé dans une voie piétonne dédiée aux fresques en tout genre dans le centre de Gand, sous la mention "Les tueurs de Reuzegom".
La Ville a décidé d'enlever ces inscriptions - pour ne pas se rendre complice de calomnie et diffamation - mais les protestataires ne se sont pas résignés et ont répété l'action à plusieurs reprises. À chaque fois, la police a rédigé un procès-verbal et les noms ont été recouverts de couches de peinture. Il y aurait déjà six couches. Le bourgmestre Mathias De Clercq (photo) éprouve de la compréhension par rapport à l'indignation qui est née à l'issue du procès. Mais il souscrit "à l'État de droit" et rejette "la société de l'infamie".
La semaine dernière, les noms des membres du cercle Reuzegom avaient aussi été écrits sur les murs de l'hôtel de ville gantois. Les responsables communaux les ont également occultés et une plainte a été déposée contre X.


