Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans (photo), a déclaré mercredi soir ne pas comprendre la position du Premier ministre belge Alexander De Croo au sujet des normes européennes sur la protection de la nature. Au cours de l'émission "Terzake" (VRT) - dans le cadre de laquelle De Croo avait appelé une semaine plus tôt à une pause des normes environnementales européennes pour se concentrer sur la réduction des gaz à effet de serre - Frans Timmermans a estimé que l'état du climat était étroitement lié à celui de la nature. "On ne peut pas mener à bien une politique climatique sans restauration de la nature. Les arbres morts n’absorbent pas de CO2", déclarait le Néerlandais Timmermans chargé notamment de l’accompagnement du Green Deal européen.
Le commissaire européen Timmermans ne comprend pas De Croo : "Les arbres morts n’absorbent pas de CO2"
En début de semaine dernière, le Premier ministre Alexander De Croo s'était heurté à ses partenaires de la coalition fédérale en indiquant sur le plateau de l’émission "Terzake" (VRT) qu'il était favorable à une pause dans la législation sur la restauration de la nature. Le Premier ministre libéral avait déclaré qu'il craignait que la barque ne soit surchargée si, en plus des objectifs sur la réduction des émissions de CO2, il y avait également un renforcement des normes sur, par exemple, la restauration de la nature.
"Ce que je ne comprends pas dans l'analyse d’Alexander De Croo, c'est qu'il pense que la restauration de la nature et la politique climatique sont deux choses différentes. Il ne peut y avoir de politique climatique sans restauration de la nature", déclarait à son tour mercredi soir dans l’émission "Terzake" le vice-président de la Commission européenne, le Néerlandais Frans Timmermans, qui est l’un des architectes du projet de règlementation au sein de la Commission.
"Une très grande partie de notre politique climatique est basée sur des solutions issues de la nature, mais la nature doit être capable de le faire (...) Un bois mort n'absorbe pas de CO2". Frans Timmermans dit avoir entendu dans les propos du Premier ministre De Croo un écho à ceux du président français Emmanuel Macron. Mais le vice-président de la Commission fait remarquer que Macron a ajouté qu'il ne poussait pas à une pause dans la législation qui est sur la table, mais plutôt sur le futur.
Frans Timmermans soulignait aussi que l’agriculture et d’autres activités économiques sont étroitement liées à une politique climatique et environnementale et peuvent très bien être menées en parallèle.
De Croo : "Fixer les bonnes priorités"
"Les deux choses ne sont effectivement pas contradictoires", indiquait Alexander De Croo (photo) ce jeudi à VRT NWS en réaction aux propos du commissaire Timmermans. "La biodiversité est aussi importante, tout comme les substances chimiques dans nos produits. Mais nous devons fixer les bonnes priorités. S’il y a bien une chose à laquelle nous devons consacrer toute notre énergie, c’est la réduction des gaz à effet de serre. (…) Cela dépendra de nos entreprises et de nos citoyens, qui comprennent qu'ils doivent le faire, qui savent qu'il s'agit d'un effort énorme. Mais alors, je veux également écouter leurs préoccupations", répondait le Premier ministre qui se trouve actuellement en Moldavie pour le deuxième sommet de la Communauté politique européenne (CPE) sur la paix et la stabilité du continent.
Alexander De Croo reste sur les positions qu’il exprimait il y a une semaine. "Nous nous faisons beaucoup de soucis, pas seulement en Belgique mais aussi aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves. Ce ne sont pas des pays qui nient les changements climatiques, au contraire, ce sont des pays ambitieux auxquels je veux me mesurer".


