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Alexander De Croo également favorable à une pause des normes environnementales européennes

A l'image de la ministre flamande de l'Energie Zuhal Demir (N-VA) et du président français Emmanuel Macron, le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) est également favorable à une "pause" en matière de législation européenne sur la préservation de la nature. Il l'a indiqué mardi soir dans l'émission Terzake sur la VRT.

Eric Steffens Belga
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"Tout le monde est convaincu que les objectifs actuels autour de la réduction du CO₂ sont réalisables, mais il faut éviter de trop surcharger la charrette ", a déclaré le Premier ministre. "A un moment, il faut faire un choix. Est-ce bien le moment de tout faire en même temps?"

Pour Alexander De Croo, il convient de ne pas "surcharger" la législation en renforçant les normes en matière d'azote, de restauration de la nature et de biodiversité, en plus des objectifs concernant les émissions de CO2.

Selon le Premier ministre, cela aurait deux conséquences néfastes. Premièrement, l'industrie ne pourrait plus suivre, et les objectifs de réduction de CO2 ne seront pas atteints, prédit Alexander De Croo. Par ailleurs, le momentum actuel en faveur du climat risquerait d'être perdu, affirme le chef du gouvernement.

"C'est pourquoi je demande à ce que l'on appuie sur "pause". N'allons pas trop loin avec des choses qui, au sens strict, n'ont rien à voir avec le réchauffement climatique. Ces autres sujets sont aussi importants, mais elles doivent être davantage phasées dans le temps", recommande Alexander De Croo. 

Le Premier ministre ajoute qu'"en ce qui concerne les réductions d'émanations de CO2 nous devons maintenir toutes nos ambitions".

Alexander De Croo rejoint ainsi une position prise par le président français Emmanuel Macron, qui avait appelé le 11 mai dernier à une "pause" règlementaire sur les nouvelles normes environnementales européennes. "Appliquons et allons au bout" du Pacte vert de l'Union européenne, "mais n'en rajoutons pas plus", avait-il lancé, au nom de la "stabilité" des règles.

Nombreuses réactions

Les premières réactions aux propos du Premier ne se sont pas fait attendre. "C'est une bonne chose que le Premier ministre s'aligne sur notre point de vue", a déclaré Zuhal Demir (N-VA) en réponse à de nombreuses questions au parlement flamand. "Dans le passé nous devions toujours boxer contre Mme Khattabi (ministre fédérale du climat, Ecolo)". "Maintenant, nous pourrons atteindre facilement un accord au sein de la Direction générale coordination et affaires européennes (DGE, l'une des directions du SPF Affaires étrangères chargée de coordination belge de la politique européenne) et nous pourrons défendre ensemble cette position au niveau européen", a précisé le ministre président Jan Jambon (N-VA).

Du côté de Groen, partenaire au gouvernement fédéral, les déclarations d'Alexander De Croo sont jugées "scandaleuses" et "pas couvertes par le gouvernement". "Les accords européens ne sont pas des chiffons de papier", taclent les co-présidents Jeremie Vaneeckhout et Nadia Naji. "Le Premier ministre s'aligne ainsi sur le camp des climatosceptiques. La nature et le climat sont indissociables. Ce n'est pas d'une pause que nous avons besoin, mais d'une accélération."

Du côté d'Ecolo, la ministre du Climat, de l'Environnement, du Développement durable et du Green Deal, Zakia Khattabi, n'a pas caché son étonnement. "Par où commencer, je ne sais même pas du coup, juste: ce n'est pas la position du gouvernement fédéral !!", a-t-elle réagi sur Twitter.

Le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, qualifie pour sa part les déclarations d'Alexander De Croo d'"hallucinantes", estimant que "ce n'est pas le Premier ministre qui s'est exprimé ce soir."

Quant au président de la Coalition Climat, Nicolas Van Nuffel, il juge, également sur Twitter, que les déclarations du Premier ministre sont "totalement incompréhensibles". "Séparer la crise climatique de l'effondrement de la biodiversité est la pire des solutions. Le problème du dépassement des limites planétaires est systémique, les solutions doivent être systémiques. La réponse aux résistances n'est pas la marche arrière mais un réel accompagnement des secteurs en transition", ajoute-t-il.

Enfin, le président du PS Paul Magnette a également réagi. Il a appelé le Premier ministre, Alexander De Croo, à respecter l'accord de gouvernement après ses déclarations polémiques sur une pause des normes environnementales afin de ne pas imposer un fardeau trop lourd à l'industrie déjà confrontée au défi climatique. "Une fois de plus, le Premier ministre ne respecte pas son propre accord de gouvernement", a lancé le socialiste sur Twitter.

Le MR a par contre défendu le libéral flamand. "La position du Premier ministre ne doit pas être caricaturée. Il souhaite, comme nous, préserver le climat et la planète tout en préservant le bien être de nos concitoyens. Son raisonnement, comme le nôtre, est juste de maintenir un équilibre face à des enjeux multiples. Il faut donc légiférer intelligemment et pas par dogmatisme. La gauche veut-elle la misère et les famines?" a-t-il expliqué sur Twitter.

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