Le parlement flamand a donné mercredi son feu vert à une série d'étapes importantes en vue de réaliser le "bouwshift', (changement dans la construction), c'est-à-dire le plan qui vise à préserver des espaces non bâtis en Flandre, déjà densément bétonnée. La majorité a voté en faveur des textes, Groen, Vooruit et le PTB ont voté contre, le Vlaams Belang s'est abstenu. Les partis de gauche ont jugé ce plan "irréalisable et inabordable".
Ce "bouwshift", plus connu sous l’appellation de "stop au béton", devrait permettre de ne plus supprimer d'espaces libres en Flandre d'ici 2040.
Entre 2013 et 2019, plus de 5 hectares d'espaces non bâtis ont encore disparu chaque jour, dans le nord du pays.
Les propriétaires dont le terrain change d'affectation bénéficieront d'une indemnité, pour laquelle un fonds de 100 millions d'euros est prévu, et un "stolp'" vaudra pour les zones de réserve d'habitat -quelque 12.000 ha. Seul le conseil communal pourra lever le "stolp" par une décision motivée qui s'appuiera sur une participation citoyenne.
Toutefois, pour Nathalie Debast de l’Union des villes et communes flamandes (VVSG), les communes ne disposent pas de ressources suffisantes pour réaliser les objectifs prévus". "Les villes et les communes flamandes soutiennent à 100 % les objectifs du "bouwshift" et le fait que nous devons construire autrement, moins loin des centres par exemple, et elles veulent coopérer. Mais les fonds sont insuffisants pour réaliser l'objectif de la réorientation de la construction", conclut Mme Debast.
L'opposition qualifie l'accord d'"irréalisable et d’inabordable"
Selon les partis d'opposition de gauche Groen, Vooruit et PVDA, ces plans ne permettront pas de limiter les nouvelles constructions, ils risquent au contraire d'encourager les spéculateurs, ce qui rendra les zones d’habitat inabordables. Ils se réfèrent aux calculs des experts de la Taskforce Bouwshift qui parlent d'un coût de 6,8 à 31 milliards d'euros.
La cheffe de groupe de Groen, Mieke Schauvliege, qui a tenté en vain de reporter le vote, a fait référence aux experts qui qualifient les projets d'"irréalisables et inabordables".
Un avis partagé par le député socialiste Bruno Tobback (Vooruit). Selon lui, le régime d'indemnisation profite surtout aux spéculateurs et constitue un "obstacle à toute politique d'avenir". "Vous ancrez ainsi la Flandre dans le passé", a déclaré Bruno Tobback.
Tous les experts voient dans cette proposition une récompense pour les spéculateurs", a ajouté Jos D'Haese, député du PVDA. "Retournez à votre planche à dessin", a-t-il ajouté.
"Un bon coup de pouce pour le transfert de la construction"
La majorité a défendu le règlement élaboré et a demandé, entre autres, de faire confiance aux élus locaux et aux commissions foncières. Celles-ci détermineront les compensations sur la base de 13 facteurs définis.
Selon Wilfried Vandaele (N-VA), Tinne Rombouts (CD&V) et Steven Coenegrachts (Open VLD), le système contribuera à préserver les espaces libres en Flandre et répond à la demande de nombreuses villes et communes, qui disposent actuellement de peu d'outils pour éviter les coupes intempestives dans les zones de réserve d’habitat.
La ministre flamande de l’Environnement Zuhal Demir (N-VA) voit dans ce plan "la plus grande protection décrétale de l'espace libre qui ait jamais existé".
Elle fait référence aux inondations qui ont touché la Wallonie et dernièrement l'Italie. "Nous avons vu en Italie et en Wallonie à quoi mène l’artificialisation des sols et le manque d'espaces libres. Pour continuer à protéger la Flandre contre les inondations et la sécheresse il est important de disposer d'un instrument législatif", a-t-elle dit.


