Le gouvernement flamand s'est accordé sur la mise à jour du Plan flamand pour l'énergie et le climat, a annoncé ce vendredi le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA). D’ici 2030, la Flandre devra ainsi émettre 40% de CO2 en moins qu’en 2005. Elle revoit ainsi ses ambitions à la hausse, tout en restant encore en-deçà des objectifs de la Commission européenne pour notre pays. A noter que le péage urbain ne devrait pas être introduit et que l’agriculture est en grande partie épargnée par les nouvelles mesures.
Le gouvernement flamand s'accorde sur un Plan énergie-climat renouvelé, plus ambitieux
Pour atteindre une réduction de 40 % d'émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 2005), l'exécutif flamand a pris un certain nombre de mesures supplémentaires. Ainsi, la prime pour les chaudières à condensation au gaz naturel sera supprimée cette année encore, les primes pour les pompes à chaleur seront plus élevées, la redevance kilométrique pour les poids lourds sera étendue et un mécanisme de soutien sera mis en place pour accélérer l'électrification du parc automobile.
En ce qui concerne les énergies renouvelables, l'objectif sera revu à la hausse. Comme annoncé, la Flandre s'en tient à un objectif de réduction de 40 % d'ici 2030, ce qui ne correspond pas aux 47 % de réduction demandés par l'Europe à la Belgique.
Une série de mesures avaient déjà été ajoutées au plan initial de réduction des émissions de gaz à effet de serre en novembre 2021. Parmi les mesures nouvelles, la suppression de la prime pour les nouvelles chaudières à condensation au gaz naturel permettra de consacrer les 30 millions d'euros économisés à la politique de rénovation. Les primes majorées pour les pompes à chaleur seront prolongées.
Dans le domaine des transports, la taxe kilométrique pour les camions sera prolongée. Dans le même temps, les camions de plus de 3,5 tonnes ne produisant pas d'émissions seront exemptés de cette taxe. Il n'y aura pas de redevance kilométrique pour les voitures particulières. Toutefois, un mécanisme de soutien sera mis en place pour certaines voitures neuves ou d'occasion ne produisant pas d'émissions et pour les opérateurs de mobilité partagée.
Des mesures supplémentaires sont également prévues dans le domaine de l'agriculture. Les émissions dans ce secteur ont augmenté au lieu de diminuer. Il a notamment été convenu que la convention sur les émissions entériques des bovins serait adaptée.
En ce qui concerne les énergies renouvelables, le gouvernement durcit son ambition de 12% par rapport à 2019. Il n'y aura pas de nouveaux mécanismes de soutien. L'énergie éolienne et solaire supplémentaire sera obtenue principalement en modifiant les procédures et en imposant certaines obligations.
Réactions au Plan revu
"Il s’agit d’un Plan climat raisonnable, qui ne provoquera pas de bain de sang social et qui demande des efforts à tous les secteurs", déclarait la ministre flamande de l’Environnement Zuhal Demir ce vendredi matin. "Nous allons prendre congé des subsides pour les énergies fossiles, nous renforçons notre politique de rénovation et nous optons pour des énergies renouvelables sans retomber dans de nouvelles sur-subventions. Il revient maintenant à chaque ministre de prendre les actions nécessaires dans son domaine pour mener à bien le Plan sur le terrain", concluait Demir.
Depuis les bancs de l'opposition, Groen et Vooruit ont jugé les mesures annoncées par les ministres de l’Environnement Zuhal Demir, de l’Agriculture Jo Brouns et de la Mobilité Lydia Peeters insuffisantes pour répondre aux objectifs climatiques.
Voka, l’organisation patronale flamande, apprécie pour sa part qu’il y ait maintenant "de la clarté sur le niveau d’ambition et les mesures à prendre. Toute l’attention doit dorénavant aller à la réalisation des mesures annoncées, car 2030 n’est pas loin". L’administrateur délégué Hans Maertens estime cependant "dommage qu’une mesure évidente et dotée d’impact comme le péage kilométrique intelligent pour les voitures particulières ne soit pas introduit et demeure tabou".
L’organisation environnementale Bond Beter Leefmilieu regrette également l’absence d’une taxe kilométrique ou "d’autres mesures fortes en faveur de la mobilité des personnes, comme des investissements dans les transports en commun", indiquait Yelter Bollen. "Cette absence de mesures climatiques concernant la mobilité aura pour conséquence que nous allons restés coincés dans les embouteillages, nous devrons attendre longtemps le bus et perdre des années de vie en raison de la mauvaise qualité de l’air".


