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La génération Z reconnaît mieux les images générées par l’IA que les générations plus âgées

Les jeunes sont souvent plus à l’aise avec les médias que les générations plus âgées. Ils reconnaissent plus rapidement les images générées par l’intelligence artificielle (IA), comprennent mieux les algorithmes et sont davantage conscients de l’influence des réseaux sociaux. C’est ce qui ressort du Mediawijzer, une vaste étude de référence menée par des chercheurs de la Haute école Arteveldehogeschool auprès de près de 4.500 Flamands.

Eric Steffens
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Pour la première fois, une vaste étude sur l’éducation aux médias a été menée en Flandre auprès de plusieurs générations.

Les chercheurs de l’Arteveldehogeschool ont interrogé près de 4.500 Flamands âgés de 16 à 98 ans. L’étude a été réalisée à la demande de la ministre flamande des Médias, Cieltje Van Achter (N-VA), qui souhaitait dresser un état des lieux des compétences et des vulnérabilités en matière d’éducation aux médias.

"Pour mieux armer les citoyens face aux risques en ligne, il faut d’abord savoir où se situent les angles morts. C’est précisément pour cette raison que nous avons commandé cette vaste étude de référence dans le cadre du plan d’action flamand “En sécurité en ligne”", explique Cieltje Van Achter. "Le Mediawijzer nous donne désormais une boussole pour déterminer où l’environnement numérique doit devenir plus sûr et où des mesures de protection ou une réglementation supplémentaire sont nécessaires."

La génération Z (ou Gen Z) désigne les personnes nées entre 1997 et 2012, soit des jeunes âgés de 14 à 29 ans en 2026.

De fortes différences entre générations face aux nouveaux médias

Premier constat : les jeunes reconnaissent beaucoup mieux que leurs aînés plusieurs phénomènes numériques récents. Ainsi, 81 % d’entre eux sont capables d’identifier correctement une image générée par l’intelligence artificielle (IA), contre 52 % des Flamands dans leur ensemble.

Par ailleurs, près de deux jeunes de la génération Z sur trois — nés entre 1997 et 2012 — savent comment fonctionnent les algorithmes et comment les influencer. Cette proportion tombe à un sur quatre chez les 47-61 ans et à moins d’un sur cinq chez les 62-80 ans.

Les jeunes repèrent également plus facilement les mécanismes utilisés par les réseaux sociaux pour inciter les utilisateurs à continuer de faire défiler leur fil d’actualité. C’est notamment le cas de la lecture automatique des vidéos, qui incite à rester plus longtemps devant l’écran.

Ils reconnaissent aussi plus souvent la publicité intégrée par les influenceurs dans leurs contenus. "Il n’est pas étonnant que les jeunes obtiennent davantage de bonnes réponses sur les plateformes qu’ils utilisent le plus. Mais l’écart entre les générations est important", constate Edward De Vooght, l’un des chercheurs.

L’éducation aux médias ne concerne pas que les jeunes

"Les jeunes grandissent dans un environnement médiatique complexe. On parle souvent d’eux comme s’ils étaient le principal sujet d’inquiétude de la société numérique, mais nos chiffres ne confirment absolument pas cette image", ajoute-t-il.

"L’éducation aux médias ne concerne pas uniquement les jeunes", souligne la ministre Van Achter. "Les adultes et les personnes âgées doivent eux aussi être mieux armés dans un monde numérique qui évolue à une vitesse fulgurante."

L’intelligence artificielle reste difficile à comprendre

"Dans tous les domaines liés aux médias, les jeunes obtiennent des résultats aussi bons, voire meilleurs, que les générations plus âgées. L’intelligence artificielle constitue la seule exception : une utilisation plus fréquente ne se traduit pas automatiquement par de meilleures compétences", explique Edward De Vooght. "Il est frappant de constater que ce ne sont pas les jeunes, mais les trentenaires qui maîtrisent le mieux les réflexes de base nécessaires pour utiliser correctement l’IA."

L’étude montre pourtant que les jeunes sont les utilisateurs les plus assidus des chatbots d’IA. Parmi les 16-18 ans interrogés, 76 % utilisent l’intelligence artificielle au moins une fois par semaine. Cette proportion atteint 58 % chez les jeunes de la génération Z, contre 46 % chez les autres Flamands.

Formuler des instructions précises à l’intention de l’IA reste toutefois difficile. Si 73 % des personnes interrogées savent qu’une invite (prompt) doit contenir un objectif clair, moins de la moitié comprennent qu’il est également important de fournir suffisamment de contexte.

Edward De Vooght insiste donc sur la différence entre utiliser l’IA et comprendre son fonctionnement. "L’utilisation d’un chatbot d’IA est devenue particulièrement simple. En revanche, évaluer de manière critique ce que fait un tel système, la fiabilité de ses réponses et la manière de le guider efficacement demande d’autres compétences."

Hameçonnage, publicité et identification des sources

Les résultats de l’enquête montrent également que les risques numériques ne sont pas tous aussi difficiles à repérer. Les Flamands disposent de bonnes bases en matière de sécurité en ligne : 87 % des personnes interrogées reconnaissent un courriel d’hameçonnage (phishing) dans leur boîte de réception. En outre, 96 % déclarent ne jamais communiquer leur code PIN.

"C’est lorsque les techniques d’escroquerie deviennent plus subtiles que des progrès restent possibles. Il existe, par exemple, davantage de confusion ou de méconnaissance concernant les codes de vérification envoyés par SMS par les banques", précise Edward De Vooght.

Les personnes interrogées identifient en revanche assez facilement les contenus publicitaires. Ainsi, 95 % savent reconnaître un message destiné à vendre un produit ou un service. De plus, 85 % remarquent lorsqu’une publicité cherche à jouer sur les émotions.

Il n’est toutefois pas toujours facile de déterminer qui est à l’origine d’un message. "Pour évaluer un contenu de manière critique, il faut d’abord savoir qui l’a publié. Sur les réseaux sociaux, nous faisons souvent défiler les publications si rapidement que nous passons à côté de cette information. Les générations plus âgées ont notamment davantage de difficultés à identifier l’auteur d’un message", explique le chercheur.

Les chiffres du Mediawijzer le confirment. Lorsqu’ils n’ont que quelques secondes pour examiner une publication sur les réseaux sociaux, seuls 21 % des baby-boomers parviennent à identifier son auteur. Cette proportion atteint 69 % chez les jeunes de la génération Z et 36 % chez la génération X.

Des différences selon le niveau d’études

L’étude révèle enfin que les compétences médiatiques varient non seulement selon les générations, mais aussi selon le niveau d’études.

Ainsi, 39 % des personnes ayant un niveau d’études élevé savent comment influencer un algorithme, contre seulement 22 % des personnes ayant un niveau d’études moins élevé. De même, 47 % des personnes les plus diplômées identifient correctement l’auteur d’une publication sur les réseaux sociaux, contre 28 % des moins diplômées.

La différence entre un chatbot d’IA et un moteur de recherche n’est pas non plus évidente pour tout le monde. Le niveau d’études joue ici un rôle important : seuls 21 % des moins diplômés font correctement la distinction, contre 45 % des plus diplômés.

"Nous pouvons conclure que les générations plus âgées et les personnes moins diplômées sont vulnérables dans plusieurs domaines des compétences numériques", estime Edward De Vooght. "Renforcer l’éducation aux médias ne doit donc pas rester une mission réservée à l’enseignement ou à la politique de la jeunesse. Nous devons continuer à toucher toutes les générations."

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