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La génération Z est-elle vraiment peu motivée à travailler ?

La motivation au travail des jeunes générations est-elle en baisse, comme l’affirme un restaurateur de Herent, dans le Brabant flamand ? Celui-ci a décidé de se passer de personnel fixe, et de le remplacer par des codes QR et une machine à pizzas automatisée, car il déplore la mentalité de ses employés, surtout les plus jeunes. Mais cette image correspond-elle vraiment à la réalité ?

Eric Steffens
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Sur Facebook, ce restaurateur explique être particulièrement agacé par le "manque de motivation de certains jeunes de la nouvelle génération". "Ils ne s’intéressent pas à l’apprentissage et ne veulent pas prendre de responsabilités. Ils s’attendent à recevoir un bon salaire, mais ne fournissent pas l’effort qui va avec", affirme-t-il.

Ces clichés sont-ils fondés ?

Ces préjugés sur la génération Z sont largement répandus. Mais sont-ils justifiés ? Pour Wim Van der Linden, du prestataire de services RH Randstad, ils ne correspondent pas à la réalité en ce qui concerne la motivation.

"Beaucoup de jeunes sont motivés à travailler. À chaque exemple d’un jeune travailleur paresseux, je peux opposer celui d’une personne de 40, 50 ou 60 ans qui ne sait pas ce que signifie travailler."

La génération Z (ou Gen Z) désigne les personnes nées entre 1997 et 2012, soit des jeunes âgés de 14 à 29 ans en 2026.

Les restaurateurs Christian Michiels (Cosma à Malines) et Julie Belaen (Giulia Trattoria à Bruxelles) ne constatent pas non plus de manque de motivation. "Des jeunes viennent spontanément nous proposer leurs services pour des jobs étudiants ou flexi-jobs", explique Christian Michiels. "Ce sont même souvent les plus motivés", ajoute Julie Belaen.

"Il s’agit souvent de jeunes célibataires qui exercent un métier sédentaire et sont contents de pouvoir faire autre chose. Ils peuvent gagner un peu d’argent en plus, par exemple pour acheter un appartement, et sont souvent extrêmement motivés."

Trouver du personnel fixe devient plus difficile

"En revanche, il est devenu nettement plus difficile de trouver du personnel fixe dans l’Horeca", reconnaît Christian Michiels. "Les jeunes générations accordent davantage d’importance à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et veulent beaucoup de flexibilité. C’est parfois plus compliqué dans l’Horeca, où l’on travaille le soir et le week-end."

"Quand je dis aux candidats que nous cherchons quelqu’un pour travailler le week-end, la plupart renoncent, alors qu’autrefois, cela suscitait moins de questions", constate Julie Belaen.

"Alors oui, la mentalité a peut-être changé sur ce point. Ma génération mettait tout le reste de côté pour travailler. Mais ce n’était peut-être pas nécessairement mieux."

"On le constate aussi pour les jobs de vacances", explique Christian Michiels. "Autrefois, dix étudiants jobistes suffisaient. Aujourd’hui, il en faut vingt pour tenir tout l’été. Les jeunes ne travaillent plus pendant tout le mois de juillet ou d’août. Ils indiquent les jours où ils sont disponibles et ceux où ils souhaitent être libres."

Des attentes différentes

Selon Wim Van der Linden, de Randstad, les différences de mentalité au travail entre les générations s’expliquent surtout par le contexte dans lequel les jeunes et les moins jeunes ont grandi.

"La génération Z a grandi avec une vision très optimiste du monde du travail. Elle a donc parfois des attentes trop élevées."

"Certains jeunes sont déjà démotivés lorsqu’ils doivent chercher du travail pendant deux mois. Ils ne se rendent pas toujours compte que ce n’est pas si inhabituel. Les générations plus âgées ont grandi à une époque où le taux de chômage était beaucoup plus élevé. Elles ont donc automatiquement des attentes différentes."

"Aujourd’hui, beaucoup de jeunes aimeraient d’abord partir pour un long voyage avant de chercher du travail. Ensuite, ils travaillent pendant un an pour économiser en vue d’un nouveau voyage, avant de chercher finalement un emploi fixe. Autrefois, ce genre de parcours n’était tout simplement pas possible".

"Les jeunes générations attendent aussi un salaire de départ élevé. Beaucoup ont déjà travaillé pendant les vacances, mais oublient qu’un job étudiant leur rapporte souvent davantage par heure, en net, qu’un premier emploi."

"Les jobs étudiants et les jobs de vacances exigent souvent beaucoup de flexibilité, surtout dans l’Horeca. Il est donc logique que de nombreux jeunes qui débutent leur carrière s’attendent à pouvoir conserver cette flexibilité dans d’autres secteurs. Mais lorsqu’on demande de la flexibilité, il faut évidemment aussi être flexible soi-même. C’est parfois là que les choses se compliquent avec les employeurs."

Le coût élevé des salaires

La génération Z attend-elle trop de possibilités de concertation et de flexibilité de la part des employeurs ? Les restaurateurs Julie Belaen et Christian Michiels y voient surtout des avantages.

"Les établissements Horeca ont souvent besoin de cette flexibilité. Le personnel fixe coûte cher. On préfère donc faire appel à des travailleurs flexi-job ou à des étudiants pour absorber les pics d’activité", explique Julie Belaen.

"C’est précisément pour cette raison que le statut de flexi-job a été créé, et c’était une excellente idée", estime Christian Michiels. "Mais depuis que ce système a été étendu à d’autres secteurs, la situation est devenue plus difficile pour l’Horeca." "Lorsqu’un flexi-jobiste doit choisir entre travailler en journée dans un supermarché ou jusque tard le soir dans un café, pour le même salaire, le choix est vite fait."

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