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La police d’Anvers a déjà interpellé 432 fauteurs de troubles notoires sans motif concret depuis le durcissement de sa politique

Depuis le début du mois, la police d’Anvers a interpellé à une ou plusieurs reprises 432 personnes connues pour des faits de nuisance mais qui n’ont rien fait d’illégal au moment de leur interpellation. Au total, ces interventions ont donné lieu à 615 arrestations administratives. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une mesure controversée mise en place par la majorité communale N-VA et Vooruit, en collaboration avec la police. Plus de la moitié des arrestations ont eu lieu dans le quartier d’Anvers-Nord. Les partis d’opposition PVDA, Groen et CD&V critiquent vivement cette politique.

Eric Steffens
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Au début du mois, à la demande de la bourgmestre, la police d’Anvers a durci son approche à l’égard des fauteurs de troubles notoires. La police peut désormais les arrêter plus rapidement et les maintenir en cellule pendant 12 heures, même s’ils ne commettent aucune nuisance au moment de leur interpellation.

La mesure s’applique principalement à Antwerpen-Noord, un quartier déjà désigné comme zone prioritaire par la ville. Dès son lancement, la politique menée par la ville et la police a suscité de vives critiques de la part d’universitaires, de partis d’opposition et de la Ligue des droits humains. Des manifestations ont même eu lieu.

Lundi soir, lors du conseil communal, les autorités de la ville ont présenté les premiers chiffres et dressé un premier bilan de la mesure. Dans le périmètre central d’Anvers-Nord, la police a procédé à 336 arrestations administratives de personnes qualifiées de "claimers" (fauteurs de troubles) par la ville et la police.

La bourgmestre Els van Doesburg (N-VA) défend la fermeté à l’égard des personnes connues pour des faits de nuisance.

Le cabinet du bourgmestre précise que certaines personnes ont été arrêtées à plusieurs reprises. Dans le seul quartier d’Anvers-Nord, 56 personnes avaient déjà été interpellées plus de cinq fois au cours de l’année écoulée. Sept d’entre elles ont même été arrêtées au moins 15 fois.

À l’échelle de toute la ville, 615 arrestations ont concerné 432 personnes distinctes. Environ un quart de ces personnes séjournent illégalement en Belgique.

Au conseil communal, la bourgmestre Els van Doesburg (N-VA) a défendu cette politique en citant des témoignages de riverains reconnaissants. "Enfant, je n’ai jamais pu jouer dehors sans souci ni aller à l’école à pied de manière autonome. Je ne retrouverai plus jamais ces années perdues. Mais grâce aux mesures prises, mon neveu de trois ans peut, lui, connaître cette liberté", a-t-elle rapporté.

Cette semaine, j’ai même pu, pour la première fois, prendre un café avec ma voisine devant chez moi.

La bourgmestre Els van Doesburg (N-VA) citant le témoignage d'une riveraine.

"De plus, je n’ai plus manqué un seul cours le matin à cause de bagarres et, cette semaine, j’ai même pu boire un café devant chez moi avec ma voisine pour la première fois."

L’échevine des Affaires sociales Nathalie van Baren (N-VA) a également présenté des chiffres. Selon elle, la fréquentation des centres d’accueil n’a pas diminué. Elle répond ainsi aux critiques de la gauche, qui craint que cette politique répressive n’éloigne les personnes en difficulté des services d’aide.

Le PVDA, principal parti d’opposition, estime que ces arrestations sont illégales et que les autorités n’en font pas assez pour aider les personnes concernées. :

Vooruit, le partenaire de coalition de la N-VA, a également essuyé des critiques. "Combien de temps encore allez-vous accepter cela ? Vous dites ici que vous vous réjouissez d’un ajustement de la politique. Et puis la bourgmestre affirme, sans sourciller, qu’il n’y a eu aucun ajustement."

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