Une plateforme opérationnelle, réunissant les collaborateurs des différents services de sécurité et de renseignement, verra le jour pour détecter, analyser et répondre aux menaces hybrides. C’est ce qu’a annoncé ce vendredi la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, à l'issue du Conseil National de Sécurité (CNS). La plateforme sera coordonnée par la Sûreté de l'État.
Les différents services collaborent déjà étroitement et échangent des informations. Cette plateforme permettra de regrouper physiquement les spécialistes issus de ces services et les coordonner. "En rassemblant l'expertise autour d'une même table, les informations et les renseignements pourront être partagés plus rapidement, les analyses réalisées plus vite, et notre pays pourra réagir avec plus d'efficacité face à des menaces complexes et en constante évolution", a expliqué la ministre de la Justice.
Les attaques hybrides combinent différentes techniques visant à déstabiliser la société, sans franchir le seuil d'une attaque militaire classique. Il peut s'agir de campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, de cyberattaques, de sabotage d'infrastructures critiques, de pressions économiques, d'espionnage ou de tentatives d'influencer le processus décisionnel démocratique.
Ces menaces se sont intensifiées ces derniers mois en Europe, que ce soit à travers les processus électoraux, l'intrusion de drones aériens voire des attaques avortées comme celles qui visaient l'aéroport de Leipzig en Allemagne ou la base militaire de Fairford au Royaume-Uni. Elles peuvent être l'œuvre d'acteurs étatiques et non étatiques.
Etre prêts à réagir
Ce vendredi après-midi, le Conseil national de sécurité a fait le point sur la situation et les mesures à prendre. Cet organe rassemble, outre les responsables politiques, des représentants des services de renseignement - civil et militaire -, de sécurité, de la police fédérale, du parquet, du centre de crise et de l'armée.
"Croire que ces menaces n'existent pas en Belgique serait faire preuve de naïveté. Il est important de se rendre compte que dans la situation géopolitique actuelle ces menaces sont présentes. Nous devons être prêts pour détecter, analyser et réagir", a souligné le vice-Premier ministre David Clarinval (MR) à l'issue de la réunion.

