Chris Vanhaverbeke (48 ans) a été condamné ce vendredi par la cour d'assises de Flandre occidentale à la réclusion à perpétuité pour les assassinats de ses deux filles et la tentative d'assassinat sur son ex-épouse. Cet agriculteur originaire d'Oostkamp a tué ses filles Maud (8 ans) et Ona (5 ans) par asphyxie en novembre 2022. La cour a également prononcé une mise à disposition du tribunal de l'application des peines d'une durée de cinq ans.
Aux assises de Flandre occidentale, l'agriculteur qui a étouffé ses filles et tenté d'assassiner son ex-épouse écope de la perpétuité
Les services d'urgence ont reçu un appel de l'avocate de l'ex-femme de Chris Vanhaverbeke à 18h11 le 16 novembre 2022. Au cours d'une conversation téléphonique avec son ex-épouse, l'accusé avait menacé de se suicider et d'emporter les enfants avec lui dans la mort. Une heure plus tard, la police a découvert les corps de Maud et Ona Vanhaverbeke dans sa ferme située le long de la Sijslostraat à Waardamme (Oostkamp). L'enquête a révélé que les fillettes étaient décédées par suffocation vers midi.
Chris Vanhaverbeke était alors introuvable, mais il a pu être appréhendé plus tard dans la soirée. En tentant de s'enfuir, le quadragénaire avait percuté un poteau avec sa voiture. L'agriculteur était rapidement passé aux aveux. Vanhaverbeke a enfilé un sac en polyéthylène sur la tête de ses deux enfants. À l'aide de sangles, il leur a attaché les mains dans le dos et a noué les sacs autour de leur cou.
En revanche, l'homme a refusé de reconnaître qu'il avait voulu assassiner son ex-compagne en sectionnant des câbles électriques dans la ferme. Jeudi soir, le jury populaire a toutefois estimé qu'il s'était bel et bien rendu coupable de tentative d'assassinat sur son ex-épouse. Pour la cour, l'accusé voulait que la mère de ses filles vérifie l'installation électrique et qu'elle soit alors électrocutée.
Coupable sur toute la ligne
Aucune circonstance atténuante n'a été retenue dans le chef de l'accusé. Dans l'arrêt sur la peine, la cour d'assises souligne que le quadragénaire avait reconnu avoir décidé de tuer ses deux filles lors du report de l'audience du tribunal de la famille, deux jours plus tôt. Les enfants ont été assassinées alors qu'elles étaient sans défense et qu'elles étaient "bien conscientes que leur père les tuait", a insisté le président de la cour, Willem De Pauw.
Les faits montrent un sens des normes drastiquement perturbé, a estimé la cour. Celle-ci a également rejeté la thèse qu'un état dépressif de l'accusé aurait pu expliquer ses actes. Selon l'arrêt, l'agriculteur a agi par vengeance (parce que sa femme l’avait quitté).
La cour et le jury jugent en outre que l'accusé présente un risque social accru et a fait preuve, en tuant ses filles, d'une dangerosité particulièrement grave. La défense avait plaidé le dépassement du délai raisonnable, un argument rejeté par la cour et le jury, qui ont considéré que l'enquête n'avait pas duré inutilement.

