L'Université de Gand (UGent) a décidé d’imposer au chercheur Nathan Cofnas de travailler à distance pour une durée de trois mois. Durant cette période, il a interdiction d'exercer toute activité d'enseignement. L'université a annoncé cette décision sur son site internet, mercredi. Plus tôt dans la journée, la rectrice Petra De Sutter avait défendu la gestion du dossier Cofnas par l'UGent, à la suite de critiques internationales contre la suspension du chercheur il y a une semaine. Cette suspension fait suite au décès de Jason Arday, ancien professeur de l'Université de Cambridge, accusé par Cofnas de plagiat.
L'Université de Gand impose 3 mois de télétravail au chercheur Nathan Cofnas et lui défend d'enseigner
L'université gantoise parle d'une mesure disciplinaire prise dans le cadre d'un dossier personnel en cours. L'enquête disciplinaire à l’encontre du chercheur américain se poursuit.
Cette mesure d’écartement fait suite à la suspension préventive que l'UGent a infligée au chercheur le 20 août dernier. Nathan Cofnas n'est donc plus totalement suspendu mais ne peut pas se rendre sur le campus. Il est également empêché d'enseigner et ses activités de recherche sont soumises à plusieurs conditions. Elles doivent notamment se limiter strictement aux thèmes de recherche pour lesquels il a été engagé.
Nathan Cofnas avait accusé le jeune chercheur Jason Arday de plagiat. L'Université de Cambridge a alors annoncé le 5 août une enquête sur les diplômes et fonctions honorifiques du professeur, qui a démissionné le même jour. Il a été retrouvé mort le 14 août dans un logement à Battersea, au Royaume-Uni.
Ancien chercheur à Cambridge, Nathan Cofnas a été contraint de quitter l'Emmanuel College en 2024. Se définissant comme "réaliste racial", il s'oppose notamment aux politiques d'égalité des chances. Sa nomination à l'UGent avait déjà suscité des protestations.
L'Université de Gand a confirmé avoir entamé une enquête disciplinaire préliminaire au sujet de Cofnas. "Dans ce cadre, l'Université examine s'il existe des motifs suffisants pour renvoyer le dossier devant l'instance disciplinaire compétente", indiquait l'UGent.
La rectrice De Sutter défend la décision
Quelque 800 universitaires ont signé une lettre ouverte qualifiant de mesure de représailles la procédure disciplinaire engagée par l'Université de Gand à l'encontre de Cofnas. Dans ce courrier, les signataires exhortent l'université à protéger le chercheur américain et à s'abstenir de toute sanction, estimant que ses propos relèvent de l'exercice de la liberté académique.
La rectrice de l'UGent, Petra De Sutter (photo), affirme que l'établissement ne restreint pas la liberté académique mais, au contraire, la considère comme essentielle. Elle souligne par ailleurs que trop de personnes s'expriment sur cette affaire disciplinaire sans en connaître suffisamment les faits. L'université a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas s'impliquer davantage dans le débat public entourant ce dossier. Selon l'institution, les enquêtes disciplinaires préliminaires doivent être menées "dans la sérénité et l'indépendance les plus totales, et dans le respect des droits de toutes les parties concernées".
"Il serait incohérent de garantir la confidentialité de la procédure d'une part, tout en anticipant les arguments ou l'issue potentielle par voie de presse d'autre part. Toutes les parties concernées auront l'occasion d'exposer leur position et de se défendre dans le cadre des procédures établies", a déclaré l'Université.
A noter qu’une lettre ouverte qui soutient la suspension du chercheur Nathan Cofnas a récolté environ 1.700 signatures en moins de vingt heures. Près de la moitié viennent de la part d'universités belges, indique une analyse des signataires menée par l’agence de presse Belga.
La lettre est une initiative d'un groupe de travailleurs de l'université gantoise et ne constitue pas une position officielle de l’UGent. Les signataires soutiennent l'ouverture d'une enquête disciplinaire et réfutent l'idée que Cofnas serait puni pour avoir été un lanceur d'alerte.
Enquête sur le décès de Jason Arday
Une enquête judiciaire sur le décès de Jason Arday a également débuté ce jeudi à Londres.
Le coroner principal, Julian Morris, a déclaré aux médias britanniques que "divers rapports suggèrent que le professeur Arday est décédé de mort non naturelle".

