Aller au contenu principal
Le ravage dans les Hautes Fagnes est considérable, mais tout n’a pas été détruit.

Des îlots de biodiversité préservés offrent un espoir de restauration dans les Hautes Fagnes

Parmi les étendues calcinées des Hautes Fagnes, de petites zones ont été en épargnées par l’incendie à plusieurs endroits. Les gestionnaires de la nature ont pu le constater maintenant que la situation sur le terrain est sous contrôle. Ces "îlots de biodiversité" seront importants pour la restauration de la nature dans les prochaines années, estime l’écologue forestier Kris Verheyen.

Eric Steffens
Publié:

Au cours de la semaine écoulée, 3 000 hectares de réserve naturelle sont partis en fumée dans les Hautes Fagnes. L’impact est considérable, mais il subsiste aussi une lueur d’espoir : tout n’a pas été détruit.

"Dans la zone touchée, de petits îlots de biodiversité ont été épargnés", explique le gestionnaire de la nature Thomas Wislet à la RTBF. "Ils seront très importants pour la restauration future de la région. C’est une maigre consolation, mais c’est tout de même une consolation." Ces îlots peuvent notamment se former lorsque le vent fait soudain changer le feu de direction.

L’ampleur exacte des dégâts écologiques apparaîtra au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

REGARDER
Le gestionnaire de la nature Thomas Wislet

"Sur la base des seules images, il est difficile de se faire une idée précise de l’impact réel", explique le professeur d’écologie et de gestion forestières Kris Verheyen (UGent). "Une des choses qu’il est difficile de voir, c’est dans quelle mesure la tourbe a effectivement brûlé ou a été endommagée."

Selon Kris Verheyen, il est toutefois déjà clair que la zone touchée ne forme pas un ensemble uniforme. Certaines zones ont été durement touchées, d’autres beaucoup moins. De plus, le sous-sol continue de se consumer à plusieurs endroits, ce qui signifie que la situation continue d’évoluer. Le fait que certaines zones naturelles aient été épargnées pourrait jouer un rôle important dans la restauration de l’écosystème, estime-t-il.

REGARDER
L’ampleur des dégâts est visible sur ces images avant et après.

"Si des populations de certaines espèces cibles sont encore présentes dans ces zones, la recolonisation des espaces brûlés sera beaucoup plus facile", explique-t-il. Il ne s’agit pas seulement d’animaux, mais aussi d’espèces végétales rares. "Les tourbières hautes abritent plusieurs espèces rares, comme la canneberge, l’andromède et le narthécie ossifrage. Si des populations de ces espèces sont encore présentes dans ces îlots, elles pourront servir de sources pour une nouvelle colonisation."

Des reptiles comme le lézard vivipare et l’orvet fragile, mais aussi des insectes et d’autres espèces, pourront eux aussi recoloniser les zones environnantes à partir de ces îlots.

Une espèce emblématique des Hautes Fagnes est le tétras lyre, extrêmement rare. Il est douteux que cette population ait survécu à l’incendie, mais hier, un mâle vivant a été retrouvé par les pompiers.

Aujourd’hui, les services du gouverneur ont également diffusé une photo d’un chevreuil dans la zone incendiée. "Un signal encourageant", pouvait-on lire. Il s’est toutefois avéré qu’il s’agissait d’une sculpture métallique, ont-ils rectifié dans l’après-midi. "Nous nous excusons pour cette erreur."

La photo de la sculpture en métal qui a été prise à tort pour un animal.

L’impact précis sur la faune et la flore ne pourra être déterminé qu’après une étude approfondie du terrain. Des drones et des images aériennes seront également utilisés afin de cartographier la situation dans les moindres détails.

Selon le professeur Verheyen, c’est surtout l’état de la tourbe qui sera déterminant pour l’évolution future de la zone. "Pour déterminer jusqu’à quelle profondeur la tourbe a été endommagée, on pourra ensuite effectuer des sondages sur le terrain à l’aide d’une tarière. "

Kris Verheyen, professeur d’écologie et de gestion forestières à l’UGent.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5