Neuf entreprises belges sur dix sont désormais connectées à Peppol, la plateforme de facturation numérique devenue obligatoire au début de l'année. Le Service public fédéral Finances qualifie cette initiative de grand succès et fait savoir qu’il n'a pas encore infligé d'amende aux entreprises qui ne sont pas connectées. De son côté, Unizo - l’Union des entrepreneurs indépendants - émet des critiques. "De nombreux entrepreneurs n'ont pas encore constaté les gains de temps et d'efficacité qui avaient été promis".
Neuf sociétés sur dix sont maintenant connectées au portail de facturation Peppol
Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises belges assujetties à la TVA doivent être connectées à Peppol, un réseau européen sécurisé pour les documents électroniques. Une période de tolérance de trois mois avait toutefois été prévue pour les entreprises qui n'étaient pas prêtes au moment du basculement.
À partir du 1er avril, le service public fédéral Finances devait commencer à appliquer des sanctions pour les entreprises qui n'étaient pas encore en règle mais il affirme vouloir privilégier pour l'instant un "dialogue constructif". Aucune amende n'a donc encore été infligée.
À la mi-juillet, quelque 1.059.335 des entreprises belges assujetties à la TVA utilisaient la plateforme Peppol. Cela représente 89% des sociétés concernées. Les Finances estiment que quelque 12.000 entrepreneurs (environ 1%) doivent encore s'inscrire sur la plateforme, les autres entreprises assujetties à la TVA n'effectuant pas de transactions B2B (factures entre entreprises).
"Les efforts ne portent pas encore suffisamment leurs fruits"
Malgré les chiffres positifs communiqués par le gouvernement, l’Union des entrepreneurs indépendants reste critique. Une enquête menée par Unizo révèle que la transition s'est avérée difficile pour de nombreux entrepreneurs, seuls 38 % des répondants ont qualifié le processus de fluide.
"Le système fonctionne sur le plan technique, mais beaucoup d'entreprises n'ont pas encore constaté le gain de temps promis", explique Joran Ceulebroeck d'Unizo. Selon lui, les entrepreneurs ont investi massivement dans de nouveaux logiciels, mais ces efforts ne génèrent pas encore des retombées suffisantes.
Unizo souligne que la confusion persiste, notamment parce que certaines grandes organisations et administrations n'ont-elles-mêmes pas encore pleinement adopté la facturation électronique. Par ailleurs, selon Joran Ceulebroeck, plusieurs plateformes Peppol rencontrent encore des problèmes de jeunesse, ce qui entraîne des contraintes administratives supplémentaires.
"La situation devrait s'améliorer à l'avenir. Toutefois, plus de six mois après le lancement de la plateforme, bon nombre de nos membres se montrent bien moins enthousiastes que prévu."
Indépendants plus âgés en difficultés
Les comptables constatent également que cette transition ne va pas de soi pour tout le monde. Les indépendants plus âgés et ceux qui exercent une activité complémentaire, en particulier, ont souvent besoin de l'aide de leur comptable pour réussir ce virage numérique, indique Ludo Van den Bossche, représentant de l'association professionnelle des comptables.
Il met en avant les avantages de l'automatisation : "C'est peut-être un peu exagéré, mais par le passé, un indépendant pouvait apporter une boîte à chaussures remplie de factures à son comptable. Aujourd'hui, elles sont intégrées automatiquement dans le système. En tant que comptable, on a la quasi-certitude de disposer de tous les documents."
Le prochain défi pour le système consiste à exploiter pleinement les possibilités offertes par le numérique, affirme le SPF Finances. Il s'agit notamment d'automatiser les rappels de paiement et d'intégrer d'autres documents au réseau Peppol, comme les devis et les bons de commande.

