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L'empereur Naruhito et le roi Philippe découvrent des ouvrages historiques offerts par le Japon à la KU Leuven

L'empereur du Japon Naruhito et le roi Philippe ont visité mercredi après-midi la bibliothèque historique de l’Université de Louvain (KU Leuven), place Ladeuze. Des experts de l'UCLouvain et de la KUL leur ont présenté une sélection d'ouvrages historiques issus de la donation japonaise des années 1920. Avant cela, l’empereur et le roi avaient rendu visite au centre de recherche Imec à Louvain.

Anne François Belga
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Un parfum d'histoire flottait pour cette dernière étape officielle de la visite d'État de l'empereur du Japon en Belgique. C'est un véritable trésor que le souverain nippon était convié à découvrir plus d'un siècle après qu'il ait été offert à l’Université de Louvain, bien avant sa scission linguistique en 1968.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, le prince Hirohito, futur empereur, découvrait en Belgique les ravages du conflit. La vénérable bibliothèque de l’université de Louvain n'existait plus, brûlée par les troupes allemandes. Ému, l'empereur décidait alors de faire don d'ouvrages japonais, abordant une grande variété de thématiques. Une grande mobilisation populaire s'ensuivit au Japon et pas moins de 3.200 titres et près de 14.000 volumes, datant du 12e au 20e siècles, venaient alors remplir la nouvelle librairie d'Asie de l'Est.

Des étudiants louvanistes ont pu s'entretenir avec l'empereur du Japon

Dans les années 1968-1970, des tensions communautaires menaient à la scission de l’Université datant de 1425 en deux entités linguistiques distinctes : la section néerlandophone restait à Louvain, tandis que la section francophone déménageait en Brabant wallon, près d’Ottignies. La ville universitaire de Louvain-la-Neuve y était bâtie. Les collections de la bibliothèque louvaniste étaient malheureusement aussi scindées en deux.

"Les professeurs utilisant ces ouvrages japonais étaient francophones, et l'ensemble de la collection a donc été transféré à l'UCLouvain où il est encore conservé dans la réserve précieuse", explique Flore Guiot, responsable de cette réserve. Certains ouvrages remontent au 12e/13e siècle et constituent de véritables raretés. "Certains livres sont désormais extrêmement rares, voire uniques, car les autres exemplaires ont été détruits lors du tremblement de terre qui a frappé le Japon en 1923", souligne Isabelle Decoster, responsable presse de l'UCLouvain. Les pièces sont bichonnées et bénéficient du savoir-faire d'une restauratrice spécialement formée au Japon.

Pour l'empereur, une sélection de douze ouvrages a été extraite de la réserve. "Nous avons sélectionné des ouvrages variés, liés à l'eau, un intérêt personnel de l'Empereur, et certains livres qui ont été donnés directement par la famille impériale", poursuit Flore Guiot.

L'Empereur a également découvert quelques ouvrages de la collection principale de la KU Leuven.

Louvain : visite au centre de recherche Imec

Le roi Philippe et l'empereur du Japon Naruhito avaient visité plus tôt dans l’après-midi le centre de recherche technologique Imec à Louvain. Le Japon ambitionne de devenir un acteur mondial de premier plan dans la production de puces électroniques et de semi-conducteurs. La Belgique collabore déjà étroitement avec des chercheurs et entreprises japonais dans ce domaine, mais ce partenariat pourrait encore se renforcer dans un contexte géopolitique mouvementé.

La demande en puces électroniques a explosé avec l'essor de l'intelligence artificielle. Leur valeur a fortement augmenté ces dernières années. De grands groupes comme Intel, Nvidia ou AMD dépendent actuellement de Taïwan pour leur approvisionnement. L'entreprise taïwanaise TSMC assure à elle seule environ 90% de la production mondiale des puces les plus avancées. Le Japon entend toutefois lui aussi s'imposer comme un acteur incontournable du secteur.

Imec collabore depuis de nombreuses années avec plus de 80 universités et entreprises japonaises, parmi lesquelles figure notamment Tokyo Electron (TEL). En juin, ce partenariat dans le domaine des semi-conducteurs a encore été prolongé pour cinq ans. Le centre de recherche emploie également 111 chercheurs japonais. Le roi Philippe et l'empereur Naruhito ont rencontré plusieurs d'entre eux lors de leur visite.

Autre partenaire stratégique d'Imec: Rapidus, un fabricant de puces soutenu par de grands groupes japonais tels que Toyota et Sony. L'entreprise affiche l'ambition de devenir un acteur de référence dans la production de semi-conducteurs.

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