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Les manifestants se sont rassemblés sur la Place Poelaert, devant le palais de justice de Bruxelles

Quelque 2.500 personnes rassemblées à Bruxelles contre les violences faites aux jeunes manifestant contre les économies dans l'enseignement

La police a compté environ 2.500 personnes réunies ce lundi devant le palais de justice à Bruxelles en réaction aux nombreux témoignages de violences policières, notamment à l’encontre de mineurs d’âge, survenues la semaine dernière lors de manifestations d’enseignants et écoliers contre les mesures d'économie touchant le secteur de l'enseignement francophone. Des manifestations qui ont connu des débordements et des dégradations causés partiellement par des individus étrangers à l’action de protestation. Alors que le Parlement de la Communauté française a définitivement approuvé jeudi soir le plan d’économies pour l'enseignement francophone, la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny déclare ce lundi vouloir multiplier les rencontres avec les acteurs du secteur et "retisser du lien".

Anne François Belga
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La foule, composée majoritairement d'adolescents, de professeurs et d'autres organisations de la société civile a terminé son parcours à travers Bruxelles devant le palais de justice ce lundi. Elle a été rejointe par une dizaine d’avocats en robe venus afficher leur attachement aux droits humains, en référence aux violences policières perpétrées contre des manifestants la semaine dernière.

Une dizaine d'avocats se sont joints aux manifestants Place Poelaert

"Nous avons entendu des policiers qualifier des jeunes de 'sauvages', de 'petites putes', de 'gauchiasses'. Des propos racistes et sexistes qui rappellent les dérives de l'extrême droite", avaient souligné les collectifs à l'origine du rassemblement de ce lundi en amont de l'action. Enseignants et élèves s'étaient réunis en masse jeudi dernier dans les rues de Bruxelles pour protester contre le vote du décret-programme au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos circulent depuis lors, dénonçant des violences policières et un usage disproportionné de la force pour disperser la foule, composée de nombreux adolescents. La police a procédé à des arrestations. La ligue des droits humains a évoqué une "réaction policière disproportionnée", estimant que la présence de nombreux adolescents aurait dû inciter les forces de l'ordre à plus de retenue.

Face aux images qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux, la Ville de Bruxelles a annoncé ouvrir une enquête, notamment après la diffusion de séquences dans lesquelles on entend des policiers tenant des propos racistes et sexistes. Sur une vidéo, on peut notamment apercevoir le symbole Deus Vult ("Dieu le veut", renvoyant aux Croisades et utilisé par des groupuscules d'extrême droite) sur l'équipement d'un policier.

La manifestation de ce lundi s’est déroulée sans trop d’incidents. Des trottinettes électriques ont cependant été incendiées devant la Gare centrale. Et après la fin du rassemblement devant le palais de justice, la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des personnes qui s’étaient à nouveau rassemblées au pied du Mont des Arts.

Des trottinettes électriques incendiées devant la Gare centrale.

"De plus en plus de délits"

Interrogé par VRT NWS avant la manifestation de ce lundi, le chef de la police de Bruxelles, Michel Goovaerts, soulignait que les forces de l'ordre ont dû intervenir à la manifestation de jeudi dernier suite à un incendie et au pillage d'un magasin. Dans ce contexte, la police s'attache à arrêter les fauteurs de troubles. "Nous avons procédé à une trentaine d'arrestations judiciaires, dont – et il est regrettable de le constater – celle d'un garçon de 13 ans en possession d'un bidon d'essence."

Par ailleurs, une centaine de personnes ont été placées en garde à vue. "Nous avons également identifié environ 400 jeunes, dont nous contacterons les parents dans les prochains jours pour les informer de leur participation aux émeutes. C'est une tâche très difficile."

Michel Goovaerts constate une tendance inquiétante. "Nous voyons de plus en plus de jeunes piller ou commettre des délits au quotidien, et pas seulement lors des manifestations. Cela nous préoccupe beaucoup. Je consulte également les bourgmestres à ce sujet afin de déterminer comment y remédier."

La ministre Glatigny veut rétablir le contact

Alors que les actions de protestation et de grève ont repris ce lundi dans les écoles, la ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny, a fait part de sa volonté de "retisser du lien" avec les enseignants et les élèves.

"On va multiplier les rencontres, y compris avec les jeunes, pour expliquer ce qu'on a fait et pourquoi on l'a fait. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable: nous devons retrouver une capacité à réinvestir dans l'école", déclarait-elle sur BX1. "Cela ne fait plaisir à personne de faire des économies mais on n'a plus le choix: on veut s'assurer de pouvoir payer les salaires en 2029 - 2030", a-t-elle ajouté en affirmant néanmoins "rester à l'écoute d'éventuelles demandes pour la rentrée prochaine".

Selon la ministre, la porte est en effet "entrouverte", avec notamment des "mesures de souplesse" déjà annoncées pour garantir, durant un an, l'emploi des enseignants temporaires. "On va faire un suivi pour qu'il n'y ait pas de perte d'emploi des temporaires et des temporaires prioritaires", a-t-elle rappelé.

La ministre de l'Education francophone, Valérie Glatigny (au centre)
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Reportage de Terzake sur les manifestations et débordements

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