Malgré les manifestations houleuses des enseignants, élèves et syndicats de ces derniers mois, le Parlement de la Communauté française a définitivement approuvé jeudi soir le plan d’économies pour l'enseignement francophone, au terme d'une séance marathon de 14 heures de débats interrompue plusieurs fois par des intrusions dans l’hémicycle. La majorité (dont le MR et Les Engagés) a voté pour, tandis que l'opposition a voté contre.
Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé le plan d'austérité pour l'enseignement francophone
Au centre d'une vive contestation sociale depuis plusieurs mois, le Plan prévoit notamment une augmentation de 10% de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale, un régime de congés maladie moins généreux pour les professeurs statutaires, ou encore un resserrement du régime de fin de carrière des enseignants.
Il ouvre aussi la voie au relèvement du minerval (frais de scolarité) à 1.194 euros pour 58% des étudiants du supérieur, dès la prochaine rentrée universitaire. Le plan vise à réaliser des économies d'environ 500 millions d'euros d'ici 2029, sur un budget total d'environ 15 milliards d'euros.
Le vote est intervenu à l'issue d'une séance plénière de 14 heures marquée par de vifs échanges entre majorité et opposition ainsi que plusieurs incidents, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'hémicycle. Les discussions ont notamment été perturbées par la présence de quelques étudiants assis dans la tribune du public.
Manifestation houleuse
Pour exprimer leur opposition aux mesures d'économie annoncées par la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny, plusieurs milliers de personnes - dont de nombreux jeunes - s'étaient rassemblées une bonne partie de la journée de jeudi sous les fenêtres du Parlement, défendu par un imposant dispositif policier.
Une manifestation rassemblant environ 3.000 personnes a traversé les rues du centre de la capitale. Des débordements se sont produits dans les environs de la Gare centrale et des dégradations ont été constatées (vélos et barrières incndiés), causés par des individus dont il n’est pas encore clair s’ils participaient à la manifestation. La police est intervenue avec du gaz lacrymogène et une autopompe, et a procédé à une dizaine d’interpellations, souvent musclées.
Nouvelles échauffourées à la Gare centrale
Ce vendredi, de nouvelles échauffourées ont éclaté vers midi devant la gare de Bruxelles-Central. Plusieurs groupes de jeunes s’y sont rassemblés et des feux d'artifice ont été tirés. La police a arrêté quelques personnes. De nombreux combis de police se trouvaient sur place et des militaires étaient en poste devant l'entrée de la gare, alors que les échauffourées prenaient de l’ampleur.
Des voitures et trottinettes électriques ont été détruites et plusieurs incendies allumés, notamment dans des poubelles, par de jeunes fauteurs de troubles. La circulation des bus a été perturbée en plusieurs endroits. La police annonçait avoir procédé à 14 arrestations judiciaires.


