La VRT a décidé de publier l’étude à l’origine de la Photo de la Flandre, après la controverse autour des résultats, en particulier concernant les conclusions possibles sur les personnes d’origine étrangère. L’étude peut être consultée sur le site de la VRT.
Après la controverse sur les résultats, la VRT publie l’étude à l’origine de la "Photo de la Flandre"
Qu’est-ce que la "Photo de la Flandre" ?
La Photo de la Flandre est une enquête sociétale menée par VRT depuis 2009. Elle vise à mieux comprendre les préoccupations des Flamands, avec un accent particulier sur les grandes questions de société. L’étude prend la forme d’un sondage en ligne réalisé par le bureau de recherche indépendant Profacts. Elle repose sur un échantillon représentatif de 2.261 Flamands âgés de 12 ans et plus, sélectionnés selon plusieurs critères comme le sexe, l’âge, le niveau d’études et la province de résidence.
La ministre flamande des Médias Cieltje Van Achter (N-VA) demande que la VRT publie l'intégralité des résultats de l'étude intitulée "'De Foto van Vlaanderen" ("la photo de la Flandre"). Cette demande fait suite à la polémique suscitée par les résultats de cette étude notamment concernant les conclusions possibles à propos des personnes d'origine étrangère.
"La VRT se doit d'être à la hauteur de sa réputation de média de confiance", a déclaré la ministre dans une réaction à Belga. "Ce n'est pas une option : cela est clairement stipulé dans le contrat de gestion. Face à une étude qui suscite un tel débat public, une transparence maximale est indispensable. L'étude complète, y compris ses résultats, doit donc être publiée."
Cette enquête menée depuis 2009 offre un aperçu des préoccupations des Flamands, en particulier sur des thèmes de société.
Il apparaît qu'un nombre étonnamment élevé de jeunes hommes ont des opinions conservatrices, notamment sur les questions relatives aux personnes LGBTQIA+ et aux rôles des hommes et des femmes. Lors d'un débat mardi soir dans l'émission "De Afspraak", le philosophe Maarten Boudry a laissé entendre que la VRT dissimulerait les conclusions de l'étude concernant les personnes d'origine étrangère.
Il a alors sorti de sa poche, en pleine émission, un document contenant un courriel interne qui, selon lui, montrerait que la VRT aurait cherché à "étouffer" les conclusions de l’enquête.
La VRT dément cette accusation. Selon le média public, les données ventilées selon l’origine n’ont pas été reprises dans la couverture journalistique parce qu’elles n’étaient pas suffisamment pertinentes sur le plan statistique. "En ce qui concerne les personnes d’origine étrangère, il est important d’interpréter les résultats avec prudence", explique aujourd’hui la VRT dans les explications accompagnant l’étude.
"L’enquête peut fournir des indications intéressantes, mais elle ne constitue pas un résultat statistiquement fiable pour ce groupe — par ailleurs très diversifié — de la société. Le bureau d’études indépendant Profacts l’a également confirmé dans une communication publique".
La VRT précise que l’échantillon de personnes d’origine étrangère porte sur 310 individus sur un total de 2.261 personnes. Il est composé majoritairement de personnes d’origine néerlandaise (95 personnes), mais aussi de personnes d’origine marocaine (16), italienne (11) ou française (10), entre autres. Sur la base de chiffres aussi limités, il n’est pas possible de tirer des conclusions statistiquement fiables concernant des groupes spécifiques, souligne la VRT. Il n’existe par ailleurs aucun point de comparaison permettant de valider cet échantillon.
Des idées conservatrices
L’enquête montre qu’un nombre important de jeunes hommes adhèrent à des idées conservatrices, notamment en ce qui concerne les personnes LGBTQIA+ ou la répartition des rôles entre hommes et femmes. La question du rôle de l’origine avait bien été évoquée dans la couverture médiatique, mais sans chiffres issus de l’étude.
Dans l’étude complète, qui reprend l’ensemble des questions et des réponses, cette ventilation apparaît toutefois. Ainsi, concernant les rôles traditionnels ou l’attitude face à la diversité de genre, les chiffres sont plus élevés chez les personnes d’origine étrangère que dans l’ensemble de la population, et souvent comparables à ceux observés chez les jeunes en général.
Ces résultats rejoignent ceux d’autres recherches, même si celles-ci restent limitées. "C’est un phénomène auquel on peut s’attendre chez des jeunes ayant reçu une éducation plus religieuse ou ayant grandi dans des modèles familiaux plus traditionnels", expliquait déjà la sociologue Cecil Meeusen dans de précédents reportages.
"Mais il ne faut pas réduire cela à la religion ou à l’origine. Lorsque l’on tient compte du statut socio-économique, du niveau d’éducation des parents, etc., ces différences tendent à s’atténuer. Il est faux de penser que ce groupe de jeunes hommes conservateurs est principalement composé de garçons d’origine non belge."


