L'occupation du rectorat de l'Université de Gand par des activistes pro-palestiniens s'est soldée par une confrontation. Une quarantaine de manifestants masqués, qui avaient pénétré de force dans le bâtiment ce mercredi matin, se sont regroupés à l'extérieur. Ils exigent que l'Université cesse toute collaboration avec des universités, organisations ou entreprises d’Israël. Les forces anti-émeutes ont été déployées pour les déloger. 42 personnes ont été arrêtées et un policier a été légèrement blessé. Des manifestations ont lieu sur le campus de l'Université de Gand depuis cinq semaines. Suite à divers actes de vandalisme, l’Université a décidé d'engager des poursuites judiciaires.
La police a mis fin à l'occupation de l'Université de Gand par des activistes pro-palestiniens : 42 personnes arrêtées et un policier blessé
Vers 6h15 ce mercredi matin, un groupe de 40 militants pro-palestiniens s’est introduit dans le rectorat de l'Université de Gand. Les activistes ont pénétré de force dans le bâtiment, installé des tentes et masqué les caméras de sécurité. Plusieurs personnes sont également montées sur le toit. Des banderoles ont été déployées et des graffitis dessinés.
L'UGent a condamné l'action et décidé d'engager des poursuites judiciaires pour obtenir l'évacuation du bâtiment. Suite à cette annonce, les militants ont promis de quitter le rectorat volontairement. Cependant, ils se sont enchaînés à l'extérieur à un grillage. Les forces anti-émeutes, présentes en nombre, ont été déployées et ont procédé à l'arrestation de 42 personnes.
Peu après 14h, l'occupation a pris fin. Un policier a été légèrement blessé et transporté à l'hôpital. Dès 10h du matin, des sympathisants s'étaient rassemblés un peu plus loin pour manifester leur soutien. La tension était palpable lorsque la police est intervenue. Une quarantaine de policiers ont repoussé les manifestants, utilisant parfois leurs boucliers et leurs matraques.
Après cinq semaines d'occupation, les militants voulaient augmenter la pression sur le rectorat. Selon les occupants, plusieurs campus de l'Université de Gand ont également été vandalisés mardi indépendamment de leur action. L'Université avait alors indiqué que le seuil acceptable pour une manifestation non violente avait été dépassé.
L'Université gantoise a estimé que cette nouvelle action comprend des faits punissables et a fait mettre fin à l'occupation. Cela s'était déjà produit il y a deux ans. A l'époque également, la manifestation devant le rectorat avait dégénéré.
Les militants sont conscients d'enfreindre la loi. "L'Université de Gand bafoue les règles et accords juridiques depuis des années en collaborant avec des institutions et autorités israéliennes. Ce faisant, elle se rend complice du génocide à Gaza", déclarait le porte-parole Youlian Burnham. "Nous poursuivrons notre campagne jusqu'à ce que la situation change."
L'Université de Gand avait déjà annoncé la semaine dernière qu’elle se retirait de façon accélérée de cinq projets incluant des partenariats israéliens. Mais cela ne suffit pas aux militants, qui exigent un boycott académique total d'Israël.
Pour rappel, les manifestants exigent la fin immédiate de toutes les collaborations existantes, qu'aucun nouvel accord ne soit encore conclu et que l'Université de Gand s'engage à exclure Israël du programme de recherche européen Horizon Europe à partir de 2028.
La police signalait par ailleurs de nouveaux dégâts dans le bâtiment UFO, occupé par les manifestants depuis plusieurs semaines. Une enquête y est également en cours.
De Sutter: "Jamais disposés à faire des compromis"
"Les actions pacifiques que nous avons tolérées pendant longtemps ont dégénéré. Il y a des dégâts, du vandalisme, et les bureaux sont désormais inaccessibles. Cela doit cesser", déclarait ce mercredi la rectrice Petra De Sutter. Elle a également déploré de devoir faire appel à l'intervention de la police.
"Les militants n'ont jamais été disposés à faire des compromis et campent sur leurs positions. Nous comprenons et partageons l'indignation face à la situation à Gaza, mais ces actions mettent en péril la sécurité."



