Le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes appelle à une concertation entre les Régions flamande, wallonne et bruxelloise au sujet de l’impact que pourrait avoir le projet de réforme du contrôle technique en Flandre. Une réforme qui devrait entrer en vigueur le 1er septembre prochain. Desquesnes craint notamment un risque de "tourisme du contrôle technique" des automobilistes wallons vers la Flandre, pour des motifs contraires à la sécurité routière.
La Wallonie craint que la réforme du contrôle technique en Flandre ne crée un "tourisme du contrôle"
Le projet d'arrêté présenté par la ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder prévoit plusieurs assouplissements à partir de septembre 2026, dont l'allongement des délais entre certains contrôles, la suppression du contrôle technique renforcé lors de la revente des véhicules d'occasion ou encore la réduction de certains contrôles obligatoires.
Pour le ministre François Desquesnes (Les Engagés), ces propositions doivent être examinées "avec la plus grande prudence" afin de démontrer qu'il n'y a pas d'impact sur la sécurité routière. "Laisser circuler plus longtemps des véhicules sans contrôle adapté pourrait créer des risques supplémentaires, y compris pour les usagers wallons."
Étant donné qu'un véhicule immatriculé en Belgique peut être contrôlé dans la Région du choix du propriétaire du véhicule, toute évolution du système dans une Région peut avoir un impact sur les autres Régions, met en garde le ministre. "Il convient en particulier d'éviter tout risque de 'tourisme du contrôle' vers une autre Région pour des motifs contraires à la sécurité routière", souligne François Desquesnes.
Influence sur l'emploi
Le ministre souhaite maintenir un niveau élevé de sécurité routière, l'indépendance des organismes de contrôle et vérifier l'impact réel des réformes sur les citoyens et les travailleurs.
Il y aurait aussi des conséquences sur l'emploi : près de 500 emplois pourraient disparaître dans les centres de contrôle technique, écrivait en mars le quotidien Het Laatste Nieuws. "Je comprends les inquiétudes exprimées par les travailleurs des centres de contrôle technique (...) Je veux leur dire clairement ma plus grande vigilance sur la réforme en cours et ses conséquences potentielles en Wallonie", déclare François Desquesnes.
Le dossier a été porté à deux reprises à la conférence interministérielle afin d'organiser une concertation entre les Régions. "Certaines réponses ont été apportées, mais beaucoup restent en suspens. Le futur avis du Conseil d'État sur l'avant-projet d'arrêté flamand devrait permettre d'y voir plus clair."
Les syndicats sont aussi inquiets
Le front syndical du secteur du contrôle technique automobile met également en garde contre les projets de réforme du gouvernement flamand. Selon les syndicats, ces projets risquent de compromettre gravement la sécurité routière, l'objectivité des contrôles et l'emploi dans le secteur.
Les syndicats l'ont souligné ce vendredi lors d'une manifestation devant le centre de contrôle technique AIBV d'Asse. En Flandre, le personnel a cessé le travail entre 13h30 et 14h30 dans trois des quatre centres de contrôle. L'activité a également été temporairement interrompue à Zellik, notamment.
Les syndicats affirment qu'une éventuelle réduction de la fréquence des contrôles pourrait entraîner une non-détection plus tardive des défauts techniques des véhicules, augmentant ainsi le risque d'accidents. Ils mettent également en garde contre une hausse du nombre d'infractions et d'amendes, qui, selon eux, vise en partie à compenser la baisse des recettes liées aux contrôles.
Selon les syndicats, les consommateurs risquent également d'être touchés. La suppression éventuelle du contrôle technique obligatoire des véhicules d'occasion augmenterait les risques de fraude et de tromperie lors de l'achat de véhicules. Toujours selon les syndicats, la question des délais d'attente est aussi mal évaluée. Ces délais seraient dus moins au système de contrôle technique actuel qu'à un manque d'investissement dans le personnel et les infrastructures.

