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De g. à dr.: Maria Leszczyńska (Pologne), Yo Kitamura (Japon) et Charlotte Miles (Australie) entameront lundi le Concours à Bruxelles

Maria, Yo et Charlotte se préparent au Concours Reine Elisabeth de violoncelle, qui débute le 4 mai à Flagey : "Ce sont nos Jeux Olympiques"

Des 66 violoncellistes admis au Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique, consacré cette année au violoncelle, 64 entameront finalement lundi au centre culturel Flagey à Bruxelles la première épreuve de ce marathon musical de quatre semaines. Ils s'y préparent intensivement depuis plusieurs mois. Trois candidats, originaires d'Australie, du Japon et de Pologne, nous dévoilent leur approche pour parvenir à acquérir le vaste programme d’œuvres imposées et au choix.

Canvas Anne François
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Le tirage au sort de l’ordre de passage des 64 candidats à la première épreuve du Concours avait lieu ce vendredi soir au Flagey. Dès lundi 4 mai à 15h, nous entendrons les premiers candidats du Reine Elisabeth pour violoncelle à l'œuvre au Studio 4 de Flagey, devant un public impatient et un prestigieux jury.

Les épreuves du "premier tour" auront lieu de lundi à samedi inclus, chaque fois à 15h et à 20h, le temps de permettre à la soixantaine de candidats de présenter un programme chargé : une sonate de Luigi Boccherini avec accompagnement de violoncelle, une pièce avec accompagnement de piano - choisie parmi Méditation de Nikolai Roslavets, Ballade op. 3 de Josef Suk et 3 Pièces de Nadia Boulanger - et Lullaby pour violoncelle seul de Kaija Saariaho.

Aucun(e) Belge ne se présente à la troisième édition pour violoncelle de l’histoire du Concours, qui rassemble des jeunes musiciens venus de plus de 20 pays, avec une forte représentation de jeunes talents allemands et coréens, mais aussi plusieurs Français, Suisses et Néerlandais.

La chaine de télévision Canvas (VRT) propose de découvrir trois candidats : l'Australienne Charlotte Miles, la Polonaise Maria Leszczyńska et le Japonais Yo Kitamura. Après avoir soumis au jury de présélection des vidéos (dont des extraits sont visibles ci-dessous), ils ont reçu l'excellente nouvelle d’avoir été admis à la première épreuve du Concours !

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Trois violoncellistes en route pour les "Jeux olympiques" de la musique (en anglais)

Charlotte Miles , Australienne née en 2002, a étudié le violoncelle à Melbourne puis à Weimar, et actuellement à l'Académie de Kronberg en Allemagne auprès de Wolfgang Emanuel Schmidt. Bien qu'elle ait déjà participé à des concours et donné de nombreux concerts, le Reine Elisabeth est pour elle "un concours très particulier, admiré dans le monde entier. Le concours par excellence, où il faut surmonter d'innombrables obstacles."'

La quantité impressionnante de musique et le nombre de notes constituent à eux seuls un défi.

Charlotte Miles, candidate au Concours Reine Elisabeth pour violoncelle

La préparation aux trois épreuves du Reine Elisabeth représente un travail titanesque! Les violoncellistes ont un programme complet à préparer, du premier tour aux grands concertos de la finale, tout doit être maîtrisé. Comment s'y prend-on ?

"La préparation quotidienne est un défi", admet Charlotte Miles. "Rien que la quantité de musique et le nombre de notes à jouer. Et puis, bien sûr, le travail. Il faut planifier stratégiquement et réfléchir attentivement à ce que l'on joue chaque jour." Et cela signifie parfois une course contre la montre. "Heureusement, le temps s'écoule dans un seul sens. Mais si l'on n'y prend pas garde, il peut aussi nous engloutir."

Personnellement, je préfère une partie de Scrabble.

Maria Leszczyńska, candidate polonaise

La violoncelliste polonaise Maria Leszczyńska (née en 1998) a étudié à Varsovie puis à Düsseldorf et suit depuis cinq ans les cours du violoncelliste néerlandais de renommée internationale Pieter Wispelwey. Elle possède déjà une solide expérience des concerts et des concours, mais le Reine Elisabeth représente un défi de taille.

"C'est notre compétition olympique", estime Leszczyńska. On entend souvent ce genre de superlatifs à propos du Concours Reine Elisabeth. Un marathon de quatre semaines (du moins pour les 12 finalistes). Une véritable épreuve d'endurance, tant physique que mentale. À ce programme exténuant s'ajoute un défi supplémentaire: maîtriser une œuvre inédite en une semaine.

Cette année il s’agira de "Four Odes to the Tidings of Flowers” de la compositrice chinoise Fang Man (photo), composée spécialement pour le Concours, pour violoncelle et orchestre. Les 12 finalistes la découvriront et devront la préparer sans aide extérieure, pendant une semaine de résidence à la Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo.

La compositrice chinoise Fang Man, auteure de l'oeuvre inédite imposée en finale du Reine Elisabeth pour violoncelle 2026 (Photo Isabelle Françaix)

De nombreux excellents musiciens estiment que les concours ne sont pas nécessaires. D'autres trouvent qu’ils ont leur utilité. D’ailleurs pas moins de 185 violoncellistes âgés de 18 à 30 ans s’étaient inscrits au Concours Reine Elisabeth cette année. C’est près de 20 % en plus que lors de l'édition précédente pour violoncelle.

"Je ne suis pas du tout une musicienne de concours. Je préfère jouer au Scrabble avec ma famille et mes amis", avoue Maria Leszczyńska en riant. Elle considère néanmoins les concours musicaux comme importants. "Même s'il est difficile de juger à un niveau aussi élevé. C'est une question de ressenti, car la musique est une affaire de sentiments. Pour moi, un concours est une des façons de partager la joie de la musique."

Ce n'est pas seulement la compétition qui compte, mais aussi ce que l'on en retire.

Yo Kitamura, candidat japonais

Yo Kitamura a étudié au Japon et étudie actuellement à Berlin avec Jens Peter Maintz. Bien que très jeune encore (il est né en 2004), il accumule les premiers prix, notamment au prestigieux Concours Pablo Casals. Sa préparation ? "Je joue généralement les morceaux du concours en concert. L'atmosphère avec le public stimule mon imagination et m'inspire de nouvelles idées. Ce sont des expériences précieuses."

Et Yo Kitamura se projette déjà au-delà du mois de mai. "Ce n'est pas seulement la compétition qui compte, mais aussi ce que l'on en retire. Le lien que l'on tisse avec les autres participants de la même génération. Et avec le public."

Il faudra attendre la semaine qui vient pour voir comment ces trois violoncellistes se distingueront au Concours Reine Elisabeth. D’après le tirage au sort de l’ordre de passage , Yo Kitamura devra présenter son programme à la session de lundi 4 mai à 20h. Maria Leszczyńska devra jouer mercredi 6 mai à la session de 15h, et Charlotte Miles à celle de 20h le même mercredi.

Édition anniversaire avec un prix exceptionnel

Cette 3e édition du Concours dédiée au violoncelle - ajouté en 2017 aux sessions pour piano, violon et chant qui reviennent chacune tous les 4 ans -, célèbre en outre le 75e anniversaire du Concours Reine Elisabeth. Mais il y a d’autres jubilés à fêter. Il y a en effet 150 ans que naissait la reine Elisabeth, initiatrice du Concours, ainsi que Pablo Casals, le violoncelliste catalan de renommée mondiale qui était son ami.

Le lauréat ou la lauréate de cette édition recevra un cadeau exceptionnel : il ou elle pourra jouer pendant quatre ans sur le violoncelle préféré et exceptionnel de Pablo Casals, un instrument de 1733 construit par le luthier vénitien Matteo Goffriller.

Le lauréat ou la lauréate de cette édition pourra jouer pendant 4 ans sur le violoncelle préféré de Pablo Casals, un instrument de 1733 du luthier vénitien Matteo Goffriller.

Informations pratiques

• La première épreuve du Concours Reine Elisabeth de violoncelle se déroulera du lundi 4 mai au samedi 9 mai 2026 : diffusion en direct sur le site web du concours . Il est aussi possible d’assister aux épreuves à Flagey : des billets sont encore disponibles.

• Demi-finale du lundi 11 au samedi 16 mai : à suivre en direct sur Radio Klara et la plateforme VRT MAX , sur la chaîne TV Canvas (les après-midis dès 15h) et sur la chaîne Ketnet (les soirs dès 20h). La présentatrice Nicole Van Opstal recevra chaque jour des violoncellistes de renom pour parler du Concours.

En demi-finale, les 24 candidats se produiront chacun deux fois : en récital avec piano (notamment dans l’œuvre imposée et inédite "Caféine" du compositeur liégeois Harold Noben), puis dans un concerto avec l’Orchestre Royal de chambre de Wallonie dirigé par Vahan Mardirossian.

Le compositeur liégeois Harold Noben a écrit "Caféine", l'oeuvre inédite que les candidats devront jouer en demi-finale (Photo Isabelle Françaix)

• Finale du lundi 25 au samedi 30 mai : à suivre en direct sur Klara et VRT MAX, du lundi au vendredi sur la chaîne Ketnet et le samedi sur la chaîne Canvas. La présentatrice Katelijne Boon s’entretient chaque soir avec un panel d’invités, et la journaliste Clara De Decker ira à la rencontre des finalistes pour recueillir leurs premières impressions.

Les 12 finalistes joueront l’œuvre imposée inédite de Fang Man, ainsi qu’un concerto pour violoncelle au choix, accompagnés par le Belgian National Orchestra dirigé par son chef Antony Hermus.

Le Belgian National Orchestra accompagnera les 12 finalistes dans la grande salle du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar)

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