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Le chantier Ventilus peut commencer : le ministre Brouns a délivré le permis d’environnement pour la ligne à haute tension

Le ministre flamand Jo Brouns (CD&V) a délivré le permis d'environnement pour cinq parties du projet de ligne à haute tension Ventilus (Flandre occidentale), qui sera connectée à la Boucle du Hainaut. Il s’agit de la ligne à haute tension qui traversera la Flandre occidentale afin d’acheminer à terre l’électricité produite par les éoliennes en mer du Nord. Des riverains vivant à proximité de cette ligne à haute tension, inquiets des éventuels effets sur leur santé, avaient introduit plus de 3 000 recours.

Eric Steffens
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En Flandre, le projet Ventilus reliera Zeebruges à Avelgem et vise à renforcer et moderniser le réseau à haute tension, afin d’acheminer vers l’intérieur du pays l’électricité produite par les parcs éoliens en mer di Nord. Cet investissement est jugé nécessaire pour garantir la sécurité d’approvisionnement et répondre aux besoins énergétiques futurs.

Dès le départ, l’importance stratégique de Ventilus n’a guère été contestée. En revanche, ses modalités concrètes — tracé et mise en œuvre — ont suscité de vifs débats. La majeure partie de la ligne sera aérienne, ce qui inquiète des riverains et des travailleurs situés à proximité, préoccupés par un éventuel impact des champs magnétiques sur leur santé. Plus de 3 000 objections ont été introduites.

Prise en compte des préoccupations de santé publique

Le ministre flamand de l’Environnement Jo Brouns disposait jusqu’à aujourd’hui pour statuer sur le permis d’environnement. Il a finalement accordé une autorisation, assortie de conditions, pour les cinq composantes du projet Ventilus.

"Par cette décision, nous apportons de la clarté et permettons d’avancer", a-t-il déclaré. "Ventilus est un projet clé pour l’avenir de la Flandre, combinant un réseau électrique robuste avec le respect du cadre de vie et de la santé de la population. La situation géopolitique montre une fois de plus l’importance d’investissements stratégiques dans le réseau électrique."

Jo Brouns (CD&V) ministre flamand de l'Environnement

Investir dans un réseau fiable

Le gestionnaire de réseau Elia devra respecter des conditions strictes pour mener à bien le projet. "Nous nous réjouissons de cette décision, qui permet la réalisation d’un projet important", a réagi la cheffe de projet Valerie Daloze. 

"Nous tiendrons évidemment compte des conditions associées au permis. Nous les analyserons en détail avant de définir les prochaines étapes en vue du lancement des travaux."

"Nous sommes conscients que cette décision ne va pas de soi pour tout le monde", a-t-elle ajouté. "Elle suscitera des questions et des inquiétudes parmi les citoyens, les autorités locales et les entreprises concernés. Mais en tant que gestionnaire de réseau, il est de notre responsabilité d’investir dans un système électrique fiable. Nous comprenons les préoccupations, mais dans l’intérêt général, nous lancerons les travaux."

Elia prévoit de démarrer le chantier cet été. Vingt-cinq recours sont encore pendants devant le Conseil d’État, mais l’entreprise n’entend pas attendre leur issue pour entamer les travaux.

La nouvelle ligne à haute tension devrait être achevée d’ici 2030.

Des bourgmestres annoncent un recours contre le permis de Ventilus

A peine le ministre flamand Jo Brouns avait-il annoncé lundi l'octroi du permis d'environnement au projet de ligne haute tension Ventilus que des bourgmestres de Flandre occidentale réagissaient en annonçant un recours.

Ces bourgmestres proviennent de communes qui, comme Ardooie ou Lendelede, verraient passer la ligne en tracé aérien sur leur territoire, tandis que d'autres portions doivent être enterrées. L'inquiétude est essentiellement d'ordre sanitaire. Un recours avait déjà été introduit au Conseil d'État contre une précédente décision du gouvernement flamand de modification du plan de secteur. Un recours contre le permis octroyé ce lundi devrait en principe se faire devant le Conseil flamand du contentieux des permis.

"L'électricité produite par les parcs éoliens en mer est certes indispensable, mais nous ne sommes pas d'accord avec la manière dont cela va se faire", a expliqué la bourgmestre de Lendelede, Carine Dewaele. "Nous voulons une ligne souterraine. C'est possible grâce au courant continu. Lendelede est la commune la plus touchée par Ventilus. Cela nous préoccupe beaucoup".

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