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Le nombre d'euthanasies continue d'augmenter : près de 4.500 personnes y ont eu recours en Belgique l'an dernier

Le nombre d'euthanasies pratiquées en Belgique est en augmentation constante ces dernières années. En 2025, quelque 4% des décès enregistrés dans notre pays étaient le résultat d'une euthanasie, indique ce vendredi la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (FCEE). L’euthanasie concerne souvent les personnes de plus de 70 ans. Dans la moitié des cas, il s’agit de personnes atteintes d’un cancer.

Anne François Belga
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En chiffres bruts, cela représente 4.486 décès par euthanasie l’an dernier, soit 12,4% de plus que l'année précédente. Jusqu'en 2022, on comptabilisait encore moins de 3.000 euthanasies par an dans le pays, mais leur nombre n’a cessé d'augmenter. "A un moment donné, on arrivera à un plafond", estime Jacqueline Herremans, présidente francophone de la Commission. "Mais on n'y est pas encore".

"L'euthanasie n'est plus un sujet tabou. Elle est devenue plus ouverte à la discussion. La loi sur l'euthanasie est de plus en plus connue du public", constate pour sa part le professeur en Médecine palliative Wim Distelmans (photo).

Le vieillissement de la population joue certainement un rôle déterminant, avec une augmentation du nombre de personnes très âgées mais souffrant de plusieurs maladies chroniques réfractaires dont l'accumulation finit par porter atteinte à la qualité de vie. Ce groupe des patients souffrant de "polypathologies" est, proportionnellement, de plus en plus présent parmi ceux qui demandent l'euthanasie (29,6% en 2025), même si les cancers restent la première justification renseignée (49,9% des cas). Viennent ensuite les maladies neurologiques (8,2%), et les maladies respiratoires (3,3%) et cardiaques (2,4%).

De manière générale, au fil des ans, la législation encadrant l'euthanasie est aussi de mieux en mieux connue, et les témoignages participent à une libération de la parole autour de ce choix de fin de vie. "Il a fallu que tant les professionnels de la santé que les patients connaissent cette loi", note Jacqueline Herremans. Même s'il y "a encore pas mal de travail", ajoute-t-elle: "Il faut continuer d'informer, et de former les professionnels sur les questions de fin de vie".

Si la pratique s'est "normalisée" chez nous, il n'est pas question de banalisation, insiste-t-elle: "Cela reste des chemins de vie avec une charge émotionnelle très importante, que ce soit pour le patient qui fait la démarche, pour les professionnels de la santé qui accompagne, et pour les proches".

Le professeur Wim Distelmans, coprésident de la Commission Fédérale de l’Euthanasie et pionnier dans le soin des mourants en Belgique

Dépénalisation depuis presque 25 ans

En Belgique, l'euthanasie a été dépénalisée en 2002, encadrée de conditions. En 2014, elle a aussi été rendue possible pour les mineurs d'âge. Ces cas restent cependant exceptionnels: il y en a eu 7 depuis, dont un l'an dernier. La pratique de l'euthanasie avant 40 ans reste globalement rare: 61 personnes ont fait ce choix en 2025 (1,4% du total). La majorité des patients sont âgés de plus de 70 ans (73,7%), dont 45% de plus de 80 ans.

Comme tous les ans, des personnes viennent aussi de l'étranger, essentiellement de France (110 sur un total de 123), pour suivre un parcours d'euthanasie en Belgique.

Plus courant en Flandre

Une autre tendance qui s'observe depuis des années est le déséquilibre entre Nord et Sud du pays: l'euthanasie est bien plus pratiquée en Flandre. 3.379 des déclarations d'euthanasie sont ainsi rédigées par le médecin en néerlandais, 1.107 en français. Ce qui donne surtout une indication de la langue pratiquée par le médecin, pas forcément celle du patient. L'écart tend cependant à diminuer.

On ne peut pas donner d'explication certaine à cette différence, en l'absence d'étude sur le sujet, indique Jacqueline Herremans. On peut en revanche soupçonner une approche subtilement différente de la relation entre le médecin et son patient, par exemple.

"Ce qui se confirme d'année en année, de manière nette, c'est que l'on privilégie le domicile ou le lieu de vie (maison de repos, par exemple) pour l’assistance à la fin de vie, quand c'est possible", indique la présidente francophone de la commission de contrôle. 30,9% des euthanasies ont lieu en milieu hospitalier. Quasi toutes se font par intraveineuse, même s'il y a la possibilité de choisir un sirop de barbituriques à boire.

La législation est insuffisante

Six personnes ont eu recours à l'euthanasie suite à des directives anticipées. Cela signifie donner son consentement à l'avance pour recevoir l'euthanasie en cas de coma irréversible. Selon Wim Distelmans, davantage de situations devraient être concernées. "Les gens souhaitent pouvoir choisir l'euthanasie lorsqu'ils développent une démence, par exemple."

Actuellement, cela n'est possible qu'en y ayant recours précocement, tant que la personne est encore capable de discernement. Cela arrive très rarement : en 2025, seulement 74 personnes ont eu recours à l'euthanasie en raison d'un trouble cognitif. Parmi elles, des personnes atteintes de démence à un stade pas encore trop avancé et qui aurait préféré pouvoir encore retarder cette fin de vie à un stade plus critique, si la loi le leur avait permis.

"Nous demandons depuis des années un élargissement de cette loi", souligne Wim Distelmans. "L'accord de coalition du gouvernement fédéral stipule qu'il souhaite y travailler, mais je me demande quand ils vont commencer à en discuter au Parlement. La population est très inquiète."

Une pétition visant à étendre la loi circule sur Leif.be et a déjà recueilli près de 90.000 signatures.

Une directive anticipée dedemande d'euthanasie

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