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Le CD&V et Vooruit désavouent De Wever sur la normalisation avec la Russie : "Ce n'est pas le point de vue du gouvernement"

Les propos tenus par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) au sujet de la guerre en Ukraine, publiés samedi dans le journal l'Echo, semblent créer des remous dans la majorité. Après le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) qui avait estimé que la normalisation des relations avec la Russie n'était pas pour demain, c’est au tour de Vooruit et du CD&V de désapprouver la suggestion du Premier ministre qui n’a pas été été convenue au sein du gouvernement.

Eric Steffens Belga
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Le week-end dernier, De Wever avait plaidé en faveur d’une normalisation des relations avec la Russie.

"Le Premier ministre peut dire ce qu'il veut, en son nom propre, mais il ne peut pas dire au nom du gouvernement que l'on souhaite soudainement aller supplier Poutine pour de l'énergie bon marché", tient à préciser Conner Rousseau, président des socialistes flamands, auprès de la rédaction de VTM Nieuws. "Cela n'a pas été convenu au gouvernement. Tout le monde sait que Poutine n'est pas fiable, que l'on ne peut pas conclure des accords avec cet homme-là".

Normaliser les relations", "faire un deal": le choix de ces mots ne fait clairement pas l'unanimité au sein de la coalition Arizona. Dès dimanche, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) apportait d'ailleurs de la nuance au message, précisant que "parler de normalisation est un signal d'affaiblissement", tant que la Russie maintient ses exigences et refuse la présence européenne dans les négociations. Le ministre des Affaires étrangères appelle quant à lui à ne pas "relâcher la pression" sur Moscou, tout en gardant "la porte ouverte au dialogue".

Tout comme Maxime Prévot, Conner Rousseau observe lundi que le conflit révèle la nécessité de libérer l'Europe de sa dépendance aux énergies fossiles russes. "Aller supplier Poutine, c'est un mauvais plan. Nous renforcer pour protéger le pouvoir d'achat des citoyens, ça, c'est un bon plan", ajoute Conner Rousseau.

CD&V : "Les propos de De Wever ne reflètent clairement pas la position du gouvernement"

Après Vooruit, le CD&V prend également ses distances avec les déclarations du Premier ministre Bart De Wever (N-VA) sur la Russie.

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) s’est opposé à cette position dimanche, affirmant qu’une normalisation n’est pas envisageable pour le moment.

"Nous nous rallions à la réaction de Prévot", répond maintenant le partenaire gouvernemental CD&V. "Reprendre nos approvisionnement de gaz à Poutine ne ferait que donner plus d’argent à la Russie pour poursuivre sa guerre en Ukraine. Pourquoi arrêterait-il alors sa guerre ou viendrait-il négocier ?" souligne le parti avec un ton critique. "On nourrit simplement davantage l’agression russe."

"Les Ukrainiens doivent pouvoir déterminer eux-mêmes leur destin. Cela a toujours été notre position", poursuit le CD&V. "L’Europe n’est pas à vendre".

Une position encore plus ferme

"Pour nous, la relation avec la Russie ne doit pas être normalisée même après un éventuel accord de paix", affirme le CD&V.

"L’Europe ne doit pas redevenir dépendante de la Russie. Ce n’est tout simplement pas intelligent. Nous avons entamé un mouvement pour devenir plus autonomes et moins dépendants de régimes étrangers. C’est cette direction qu’il faut poursuivre. Pas retourner vers un passé où nous étions dépendants de dictateurs, soumis à leurs caprices et à leur jeu".  

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