Dans une interview accordée au quotidien l’Echo, samedi, le Premier ministre Bart De Wever a créé la surprise en plaidant en faveur de négociations entre l’Union européenne et la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Il a également plaidé pour une normalisation des relations avec la Russie. De son côté le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a déclaré que "la normalisation des relations avec la Russie n'était pas pour demain".
Bart De Wever propose de normaliser les relations avec la Russie et ainsi regagner l'accès à l'énergie bon marché
"Comme on n'est pas capable de menacer Poutine en envoyant des armes à l'Ukraine et qu'on ne peut pas l'étouffer économiquement sans l'appui des États-Unis, il ne reste qu'une méthode: faire un deal", avance-t-il. Il ne faut pas pour autant tomber dans la naïveté, met-il en garde: "Il faut se réarmer et remilitariser la frontière. Et dans le même temps, on doit normaliser les relations avec la Russie, regagner l'accès à l'énergie bon marché. C'est du bon sens. Entre quatre yeux, des leaders européens me disent que j'ai raison, mais personne n'ose le dire tout haut".
"La doctrine officielle, c'est que l'on va continuer jusqu'à ce que la Russie soit à genoux. Ce serait réaliste uniquement avec le soutien à 100% des États-Unis, mais ils ne sont pas du tout pour l'Ukraine. Je pense parfois qu'ils sont plus proches de Poutine que de Zelensky", détaille Bart De Wever dans les pages de L’Echo.
Maxime Prévot : "La normalisation des relations avec la Russie n'est pas pour demain"
La Russie refuse la présence européenne à la table de négociation, et maintient des exigences maximalistes. Tant que c'est comme cela, parler de normalisation est un signal d'affaiblissement qui mine l'unité européenne dont on a plus que jamais besoin", a réagi dimanche le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés), au lendemain de la parution dans la presse francophone d'une série de grands entretiens du Premier ministre Bart De Wever. Ce dernier y préconise de "faire un deal" avec la Russie, sans être naïf.
"Entre quatre yeux, des leaders européens me disent que j'ai raison, mais personne n'ose le dire tout haut", ajoutait De Wever dans les pages de l'Echo. Dimanche, Maxime Prévot fait entendre un autre son de cloche. Rétablir ou maintenir un dialogue n'équivaut pas à une normalisation, indique le ministre des Affaires étrangères. Et l'Europe doit exiger une place dans les négociations.
"L'objectif des sanctions et du soutien militaire à l'Ukraine est précisément de créer les conditions d'une négociation crédible, lors de laquelle les Ukrainiens décident eux-mêmes de leur sort", indique-t-il. "Relâcher la pression avant cela, c'est donner à Poutine ce qu'il attend".
Maxime Prévot reconnait que le conflit révèle notre vulnérabilité sur le plan de l'énergie. On doit diminuer notre dépendance aux combustibles fossiles, constate-t-il. "Et on doit convaincre les Etats-Unis de maintenir la pression, aussi sur le plan de l'énergie, plutôt que d'envoyer des signaux contradictoires comme le récent assouplissement pour le pétrole russe".
Le soutien belge et européen à l'Ukraine "ne faiblira pas. La porte doit rester ouverte au dialogue, mais la normalisation des relations avec la Russie n'est pas pour demain".
