En Belgique, 185 dossiers sont ouverts en moyenne par jour au parquet pour violence conjugale. Selon les chiffres de 2025 cités par le journal Het Nieuwsblad, 67.583 dossiers sur la violence conjugale ont été ouverts en Belgique l'an dernier. Le nombre de dossiers a donc augmenté de 20% entre 2021 et 2025.
Chaque jour, 185 dossiers en moyenne sont ouverts pour violences conjugales en Belgique
La violence conjugale désigne dans la plupart des cas l’agression physique, mais il s'agit également de harcèlement, de conflits relationnels et de menaces. Parmi les dossiers ouverts au parquet, 60 % ne mènent à aucune condamnation. Ils sont souvent classés, donc fermés sans conséquence directe. Seule une minorité conduit à une poursuite en justice ou à une mesure alternative comme une mesure de probation.
En outre, de plus en plus d’interdictions d’approcher le domicile ont été imposées aux inculpés, passant de 438 cas en 2021 à 926 cas en 2025. Cela signifie que l’inculpé ne peut temporairement plus approcher le cocon familial. L’objectif est de protéger la victime et les autres membres de la famille.
La députée Sophie De Wit (N-VA) a demandé un meilleur suivi des dossiers et a introduit une proposition de loi qui permettrait aux juges d’imposer des mesures protégeant davantage la victime, surtout quand l'inculpé bénéficie d'une libération conditionnelle, d'une surveillance électronique et d'ordonnances de protection temporaires.
Une des protections est l'application qui permet de localiser la victime et l’inculpé via un tracker GPS. L’app envoie un avertissement à la victime quand l’inculpé s’approche du périmètre non-autorisé entourant la victime. Le centre de surveillance électronique est également averti, afin que les forces de l’ordre puissent intervenir le plus rapidement possible.
Que faire si je suis ou si je connais une victime de violences conjugales ?
Je suis victime:
Le plus important est d’en parler. Il faut trouver quelqu’un de confiance, comme un membre de la famille, un médecin ou une personne extérieure. Vous pouvez toujours appeler le numéro 1712, la ligne d’aide pour les questions concernant la violence, les abus ou la maltraitance des enfants. Cette ligne téléphonique est anonyme et ne s’affichera pas dans votre historique d’appel. Vous pouvez également contacter la police au numéro 101.
La Communauté flamande a mis en place l’initiative Veilig Huis. Via lotgenoten.veilighuis@vlaanderen.be, vous pourrez être guidé vers les services adaptés à votre situation. Pour la Belgique francophone, le site internet Ecoute Violences Conjugales est une ligne téléphonique gratuite.
Je connais une victime:
Les personnes victimes de violences conjugales sont souvent isolées de leur famille ou leurs amis. Si vous remarquez ce type de situation, essayez de garder contact avec cette personne. Le site internet Écoute Violences Conjugales propose quelques conseils pour aider une personne en cas de besoin (disponible via ce lien). Pour une version en néerlandais, consultez CAW: Centrum Algemeen Welzijnswerk.
Surtout, faites-lui savoir que vous êtes là pour l’écouter sans la juger. Proposez-lui de demander une aide professionnelle. N’imposez pas votre opinion sur la situation ou sur le partenaire, parce que cela repousse souvent la victime au lieu de l’aider. Restez discret et ne minimalisez pas la situation. En cas de besoin, appelez la police au numéro 101.
Initiative à Auderghem (Bruxelles)
Ces dernières années, de plus en plus de personnes ont rapporté se sentir en insécurité dans la rue. Pour répondre à cette problématique, la commune d’Auderghem a lancé l’initiative “Safe Places”. Toute personne se sentant en danger, intimidée ou menacée dans les rues pourra de cette façon se rendre dans une institution ou un établissement disposant d’une petite étiquette bleue avec l’inscription “Safe Place”. Pour l’instant, ces lieux sûrs sont au nombre de 10 commerces et de 3 institutions, souvent ouverts tard et proches de la station Hankar à Auderghem.
Ce projet vise surtout à protéger les jeunes femmes, les personnes membres de la communauté LGBTQIA+ ou toute autre personne faisant partie d’une minorité culturelle ou sociale. Ces établissements peuvent être des pizzerias, des librairies, des cafés, des fleuristes ou des friteries. Il faut espérer que cette initiative s’étendra à d’autres quartiers et communes de Belgique.
Un simulateur d’intimidation de rue dans la Bourse de Bruxelles
Pour sensibiliser à l’intimidation de rue, la Ville de Bruxelles a lancé la campagne “5 minutes dans ma peau” (5 minuten in mijn schoenen). Installé dans le bâtiment de la Bourse de Bruxelles, un simulateur permet de se mettre dans la peau d’une femme qui subit l’intimidation de rue.
Ce projet est accessible à toutes les personnes de plus de 14 ans et sera disponible durant les deux prochaines semaines. Pour plus de 800 écoliers, ce simulateur fera même partie du programme d'étude imposé.


