Les centaines de touristes belges qui sont actuellement bloqués dans la région du Golfe - en raison de la fermeture des espaces aériens à la suite des attaques israélo-américaines sur l’Iran et les ripostes de ce pays -, seront finalement quand même rapatriés jusqu’à Bruxelles par des avions militaires, à partir de ce vendredi, ont indiqué ce jeudi les Affaires étrangères à la suite du Conseil national de sécurité. A l’origine, elles avaient indiqué que les vacanciers seraient emmenés vers un pays sûr, d’où ils devaient se débrouiller eux-mêmes pour trouver un vol commercial vers la Belgique. Entretemps, des Belges ont commencé à rentrer au pays via d’autres canaux.
La Défense rapatriera quand même jusqu'à Bruxelles des Belges bloqués aux Emirats arabes unis
Environ 900 vacanciers belges se trouvant actuellement aux Émirats arabes unis ont contacté les autorités pour trouver une solution de retour. Ils seront transportés jusqu'en Oman. Le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke et celui de la Défense Theo Francken ont confirmé à l’issue de la réunion du Conseil national de sécurité, ce jeudi midi, qu’un vol décollera ce vendredi de Mascate, la capitale omanaise, à destination d’Hurghada en Égypte.
L’avion sera réapprovisionné en carburant et l’équipage sera relevé à Hurghada, sans que les passagers ne quittent l’avion, qui poursuivra ensuite sa route vers Bruxelles. L’opération est destinée uniquement aux touristes et hommes d’affaires bloqués. Pas aux Belges qui résident dans la région du Moyen-Orient.
Une évacuation des compatriotes n'aura pas lieu pour le moment. "Ce ne sera pas nécessaire", a déclaré le ministre Theo Francken. Il espère que cette situation perdurera. Le premier vol est donc programmé pour ce vendredi, mais ces plans peuvent encore évoluer selon la situation sécuritaire sur place.
Vol de rapatriement militaire pour 600 euros
En outre, près de 70 personnes coincées au Qatar ont demandé de l'aide. Elles vont être prises en charge jusqu'à Riyad, en Arabie saoudite, où elles devront poursuivre leur voyage avec des vols commerciaux.
Quant aux vols de rapatriement militaires qui ramèneront les Belges bloqués à Oman vers Bruxelles, ils coûteront 600 euros par personne. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Affaires étrangères au Parlement. Maxime Prévot a souligné que ce prix est comparable à celui pratiqué par les Pays-Bas et l'Allemagne pour leurs vols de rapatriement, et qu'il est également "considérablement moins cher que toute autre solution aérienne".
De Wever : "Pas de grandes déclarations"
A son arrivée au Conseil national de sécurité, en fin de matinée, le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin a indiqué que la Belgique avait d'ores et déjà renforcé la protection des ambassades des pays impliqués dans le conflit au Moyen-Orient, comme l'exige la convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Il a cité les ambassades des États-Unis, d'Israël et d'Iran. La sécurisation d'autres lieux sensibles a aussi été renforcée, a-t-il ajouté, sans citer les endroits concernés.
A l’issue du Conseil national de sécurité (CNS), une séance plénière avait lieu à la Chambre. Le Premier ministre Bart De Wever a indiqué qu’il voulait se concentrer sur quelques domaines essentiels pour notre pays : le sort des Belges dans la région, les risques potentiels pour notre sécurité et nos intérêts économiques et maritimes. Il déclare n'avoir pas besoin d'autres considérations géopolitiques : "Je suis historien, pas hystérique".
De Wever préfère clairement éviter les déclarations péremptoires sur la guerre au Moyen-Orient. Il déplore le non-respect du droit international, mais évoque également les atrocités commises par le régime des ayatollahs iraniens. "Ce problème ne se résoudra pas par une guerre irréfléchie", affirmait le Premier ministre. Il exprime l'espoir que les États-Unis et Israël aient envisagé une stratégie de retrait.
D’autre part, la Belgique a demandé mercredi soir l'activation du mécanisme de protection civile de l'UE, afin de l'aider à évacuer ses ressortissants bloqués au Moyen-Orient. Notre pays figure ainsi dans un deuxième train d'États membres, après que l'Italie, la Slovaquie et l'Autriche aient déclenché plus tôt cette semaine ce mécanisme qui permet à l'UE de financer une partie des opérations de rapatriement.
Une cinquantaine de Belges rapatriés via le Luxembourg
Un vol en provenance de Mascate, capitale du sultanat d'Oman, est arrivé peu avant 14h ce jeudi au Luxembourg, avec à son bord 97 passagers parmi lesquels une vingtaine de Belges, indique l’agence Belga. Ce vol a été affrété par le gouvernement luxembourgeois.
Un deuxième vol de rapatriement, opéré par la compagnie aérienne Luxair en coordination étroite avec le gouvernement luxembourgeois, devrait atterrir en fin d'après-midi ce jeudi. Celui-ci transporte 104 passagers, dont plusieurs Belges également. Ce vol, non commercial, fera escale à Hurghada en Égypte.
Au total, "51 Belges seront rapatriés grâce à la bonne coopération entre les ministères des Affaires étrangères belge et luxembourgeois", a salué Pierre Steverlynck, le porte-parole des Affaires étrangères. Pour ces premiers rapatriements, la priorité est donnée aux familles avec enfants ainsi qu'aux personnes présentant des affections médicales, ont fait savoir les autorités luxembourgeoises.

