Une caution de plus de 10 millions d’euros a été imposée au navire de la flotte fantôme russe, l'Ethera, arraisonné dans la nuit de samedi à dimanche au large de la côte belge, ont indiqué mardi soir le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke et la ministre de la Justice, Annelies Verlinden. Le navire placé sous séquestre judiciaire dans le port de Zeebrugge depuis dimanche ne pourra quitter le port qu'après le paiement de la caution et une nouvelle inspection confirmant sa conformité.
Une caution de plus de dix millions d'euros imposée au pétrolier fantôme russe arraisonné
La DG Navigation a constaté 45 infractions au total. Il s'agit principalement de faux certificats, car le navire naviguait sous un faux pavillon guinéen. Des défauts techniques ont également été constatés. Une fois que la caution de 10.020.000 euros sera payée et qu'une nouvelle inspection positive démontrera que le navire est en ordre, celui-ci pourra reprendre la mer. D'ici là, les 21 membres de l'équipage doivent rester à bord.
L'équipage se compose d'un capitaine russe, de sept officiers (trois d'origine indienne, trois d'origine géorgienne, un d'origine indonésienne) et de treize autres membres d'équipage (tous d'origine indienne).
Une nouvelle inspection ne sera par ailleurs menée que lorsque l'armateur ou le propriétaire du navire indiquera que celui-ci est pleinement conforme à toutes les prescriptions techniques et administratives en vigueur. "En d'autres termes, la durée de la détention du navire est donc entre les mains de l'armateur ou du propriétaire", précisent les ministres.
"Un signal international clair"
"Les tensions géopolitiques croissantes et la criminalité organisée rendent notre mer, ses infrastructures critiques et la navigation vulnérables", souligne la ministre de la Justice Annelies Verlinden. "C'est la raison pour laquelle nous misons sur une coopération transfrontalière et transnationale étroite pour protéger notre approvisionnement énergétique ainsi que nos infrastructures et nos routes maritimes. L'opération 'Blue Intruder', les inspections effectuées et l'enquête en cours menée par le parquet fédéral envoient un signal clair à l'échelle internationale: la Belgique agit activement contre la flotte fantôme et renforce la sécurité des infrastructures vitales."
"Les bateaux qui traversent nos eaux doivent présenter toutes les garanties de conformité et de respect aux législations", ajoute le ministre Crucke. "À cet égard, les constatations techniques justifient pleinement la décision de détention. Les règles internationales en matière de sécurité et d'environnement ne sont pas négociables."
Le ministre de la Défense Theo Francken insiste, quant à lui, sur le fait que le gouvernement prend des mesures "déterminées" contre la flotte fantôme. "Avec cette opération, nous appliquons les sanctions européennes, protégeons la mer du Nord et limitons le financement de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine. La Belgique ne laissera pas son espace maritime être utilisé pour porter atteinte au droit international. Cette action montre que nous sommes capables d'agir rapidement et de manière ciblée pour garantir la sécurité de nos mers et de nos infrastructures vitales."
L'Ethera a été arraisonné dans la nuit de samedi à dimanche et dérouté vers le port de Zeebrugge. Quelque 93 militaires et un chien ont participé à cette opération. Le pétrolier faisait route à vide depuis le Maroc vers Saint-Pétersbourg en Russie, et figure sur la liste des sanctions de l'Union européenne.

