"Ce n'est pas le rôle d'un ambassadeur de semer le désordre dans la politique nationale", a déclaré lundi le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) après les déclarations de l'ambassadeur américain en Belgique, Bill White.
Tension diplomatique USA-Belgique : De Wever recadre l’ambassadeur sur son rôle dans la politique nationale
"Provoquer systématiquement des polémiques n'est pas une manière de se comporter entre alliés, et n'a pas de sens", a-t-il fait remarquer aux journalistes présents lundi devant le siège de la N-VA, qui tenait son bureau de parti. Alors que le Bart De Wever était en vacances en Autriche la semaine dernière, un incident diplomatique a éclaté avec l'ambassadeur des États-Unis.
L'affaire a commencé avec une tentative d'ingérence dans une enquête sur de possibles circoncisions illégales à Anvers et a pris de l'ampleur avec les deux chefs de file de Vooruit, le vice-Premier ministre Frank Vandenbroucke et le président, Conner Rousseau.
Ce dernier, d'après les dires de Bill White, s'est vu interdire l'entrée aux États-Unis après avoir posté sur internet une vidéo établissant un parallèle entre les actions de la police de l'immigration américaine (ICE) et la montée du nazisme durant la Seconde Guerre Mondiale.
"Nous n'avons jamais vu cela auparavant et cela n'a aucun sens"
Jusqu'à présent, le Premier ministre était resté silencieux. Sur la manière dont l'ambassadeur White peut encore exercer ses fonctions après un tel incident, il a renvoyé la question au ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés). Mais sur le fond, il dit avoir suivi l'affaire "avec un grand étonnement".
Les États-Unis et la Belgique ont des traditions différentes en matière de représentation diplomatique. Alors que les ambassadeurs belges sont généralement des personnes qui ont fait carrière dans la diplomatie, les ambassadeurs américains sont souvent des proches du président. Il s'agit parfois de personnalités aux opinions politiques bien tranchées qui n'hésitent pas à les exprimer.
"Celui-ci le fait très clairement et cherche la polémique avec des personnalités nationales. Nous n'avons jamais vu cela auparavant et cela n'a aucun sens", a déclaré Bart De Wever. "Chez nous, la justice est indépendante, il est donc inutile de se prononcer à ce sujet", a déclaré le Premier ministre. "Et il y a aussi la liberté d'expression. Si quelqu'un lie des sanctions diplomatiques à une opinion qui ne lui convient pas, cela ne contribue pas au fonctionnement normal entre deux alliés".
"M. Freilich n'a jamais vu M. White, ni n'a parlé avec lui"
Mais le chef de la majorité fédérale estime aussi qu'un président de parti doit faire preuve de prudence et qu'une comparaison avec Hitler "contribue rarement au débat dans la société", même si "la liberté d'expression vaut pour tout le monde". M. Rousseau devrait-il présenter des excuses? M. De Wever laisse cette décision à l'intéressé.
Un député de la N-VA, Michael Freilich, a été pointé du doigt. Il est reproché à l'Anversois, ex-rédacteur en chef de "Joods Actueel", d'être lié à la polémique sur les circoncisions. M. Freilich aurait fait du lobbying dans l'entourage du président Donald Trump à propos de l'enquête ouverte dans la communauté juive anversoise, ce qu'il a démenti. "M. Freilich n'a jamais vu M. White, ni n'a parlé avec lui. L'un et l'autre ont déjà assuré qu'ils n'avaient rien à voir l'un avec l'autre", a affirmé M. De Wever.

