L’ambassadeur des États-Unis en Belgique menace d’imposer des sanctions diplomatiques au président de Vooruit, Conner Rousseau, en raison d’une vidéo dans laquelle ce dernier compare le président Donald Trump à Hitler. Conner Rousseau a publié cette vidéo à la fin du mois dernier, en réaction à la fermeté des interventions de la police de l’immigration, l’ICE, aux États-Unis. L’ambassadeur exige le retrait de la vidéo et des excuses publiques. Mais Rousseau n’a pas l’intention de céder.
L’ambassadeur des Etats-Unis Bill White menace Conner Rousseau de sanctions diplomatiques
Alors que la saga autour des circoncisions se poursuit, l’ambassadeur Bill White formule également de vives critiques à l’encontre du président de Vooruit, Conner Rousseau. Il s’indigne d’une vidéo publiée par Rousseau le 27 janvier sur ses réseaux sociaux, dans laquelle le chef du parti socialiste flamand compare le président américain Trump à Adolf Hitler. L’information, révélée par VTM Nieuws, a été confirmée à notre rédaction par deux sources.
"Il y a 80 ans, Hitler, l’extrême droite et les nazis ont transformé l’Europe et le reste du monde en enfer", déclare Rousseau en introduction de la vidéo. "C’est une page sombre de l’histoire européenne. Quatre-vingts ans plus tard, je pense que nous n’en avons pas tiré les leçons".
Dans la vidéo d’une minute, Rousseau explique comment, selon lui, l’histoire est en train de se répéter. "Que voyons-nous aujourd’hui en Amérique ? L’extrémiste de droite Trump qui, avec son armée privée ICE, arrête des enfants de cinq ans, exécute des infirmiers (…) et continue de mentir comme si de rien n’était. Il s’agit de quelque chose qui se répète dans l’histoire et dont nous avons tous vu les conséquences. Quelque chose d’inhumain, de répugnant."
Bill White exige des excuses publiques et le retrait de la vidéo
L'ambassadeur Bill White a exigé des excuses de la part de Conner Rousseau et demandé le retrait de la vidéo en question. À défaut, l’ambassadeur a menacé d’imposer une interdiction d’entrée sur le territoire américain ainsi que d’autres sanctions diplomatiques.
Dans une réaction écrite, Rousseau déclare : "Il est frappant de constater que la liberté d’expression ne semble compter que lorsqu’on dit ce que l’ambassadeur américain veut bien entendre. Je suis préoccupé lorsque je vois que l’ICE arrête des enfants en bas âge et exécute des mères innocentes et des infirmiers. Je continuerai à exprimer cette inquiétude. Les seules excuses qui s’imposent sont des excuses pour avoir accusé notre pays d’antisémitisme."
La N-VA soutient pleinement le gouvernement fédéral
Selon Valerie Van Peel, la présidente des nationalistes flamands, la N-VA soutient pleinement le gouvernement fédéral dans la bisbrouille avec l'ambassadeur américain Bill White, qui a commenté une enquête judiciaire visant des "mohels", des circonciseurs rituels juifs, la qualifiant d'antisémite.
Cette sortie n'est pas sans importance, car plusieurs partis d'opposition ont pointé le rôle de l'élu N-VA Michael Freilich dans ce débat, qui se définit lui-même comme étant "juif orthodoxe moderne".
En mai 2025, alors que les perquisitions chez plusieurs "mohels" anversois étaient révélées, il avait fait un déplacement à Washington, où il a rencontré des responsables de l'administration américaine. Un hebdomadaire destiné aux juifs orthodoxes, Der Yid, a écrit à cette période que Michael Freilich avait indiqué tenter d'amener Washington et l'UE à faire pression sur le gouvernement belge en faveur du maintien de la circoncision rituelle, sans interférence législative. Actuellement, il est illégal en Belgique de la pratiquer hors du cadre médical.
Selon Valerie Van Peel, il n'y a aucun lien entre l'élu de son parti et la sortie de l'ambassadeur américain. "Ils ne se sont jamais parlé", affirme-t-elle.
Par ailleurs, elle souhaite clarifier: la N-VA "ne demande pas et ne plaide pas pour" une modification de la législation sur qui peut pratiquer une circoncision. "Je suis en revanche fière d'avoir à l'époque poussé pour faire cesser le remboursement des circoncisions pour raisons non-médicales. Notre ligne est la même depuis des années. Séparation de l'Église et de l'État."
Sammy Mahdi : "Le gouvernement doit apporter des réponses sur le rôle de Michael Freilich"
Le président du CD&V, Sammy Mahdi, souhaite que des explications soient fournies au sein du gouvernement la semaine prochaine, après les vacances de carnaval, concernant le rôle du député N-VA Michael Freilich dans le dossier controversé des circoncisions religieuses. Il l’a déclaré ce mercredi dans l’émission De Ochtend sur Radio 1.
Michael Freilich nie avoir exercé un quelconque lobbying auprès de l’administration américaine afin de faire pression sur notre pays. La présidente de la N-VA, Valerie Van Peel, rejette elle aussi tout lien avec les critiques formulées par l’ambassadeur américain. Sammy Mahdi, toutefois, reste sceptique. "Dans le magazine juif “Der Yid”, on peut lire que Freilich se félicite lui-même d’avoir mené un travail de lobbying. Je me demande alors : à quoi sommes-nous en train de jouer ? "
"Freilich a une conviction personnelle au sujet des circoncisions religieuses, mais il sait sans doute qu’il ne trouvera pas de majorité à ce sujet au Parlement", poursuit Mahdi. "Il recourt alors à d’autres instruments. Chacun a droit à son opinion, mais nous préférons que ces débats aient lieu au Parlement."
Si aucun lien ne devait finalement être établi avec Freilich, Mahdi ne voit pas de problème. "Mais il est important que nous obtenions d’abord des clarifications au sein de la majorité sur ce qui s’est réellement passé."


