Le parquet d'Anvers a ouvert une enquête pour vérifier si des nouveau-nés n'ont pas été circoncis de manière illégale au sein de la communauté juive vivant dans la ville portuaire. L’information rapportée par le quotidien De Standaard ce vendredi a été confirmée à VRT NWS. "Il pourrait y avoir exercice illégal de la médecine", selon le parquet. "A Anvers, pareilles pratiques sont perpétrées sous la pression de rabbins radicaux. Ce n’est le cas nulle part ailleurs au monde", affirme le Juif anversois Moshe Friedman, qui dénonce le problème.
Le parquet enquête sur d'éventuelles circoncisions illégales au sein de la communauté juive d'Anvers
Le judaïsme pratique depuis des années le rituel de la brit milah, lors duquel le prépuce des garçons nouveau-nés est coupé peu après la naissance. Ce rite est parfois discuté, notamment en raison de l'âge auquel il est pratiqué, les bébés ne pouvant évidemment donner leur consentement. Des risques médicaux et psychologiques sont également pointés du doigt.
Au sein de la communauté juive, la circoncision est souvent effectuée par un mohel, qui ne dispose pas toujours de formation médicale. Le parquet d'Anvers a dès lors ouvert une enquête à la fin de l'année dernière, à la suite d’une plainte du rabbin anversois Moshe Friedman. Des images incluses dans le programme télévisé flamand "Shalom allemaal", où l’on peut voir la circoncision d’un enfant d’une famille juive anversoise, ont également alimenté cette enquête.
"Certains cas signalés suggèrent d'éventuelles infractions pénales", explique un porte-parole du parquet anversois. "Nous vérifions s'il y a eu un exercice illégal de la médecine." Selon Moshe Friedman, qui en plus de porter plainte avait aussi écrit plusieurs lettres aux ministères de la Justice et de la Santé publique, "il s’agit d’un grand problème, ce sont des pratiques terribles".
"A Anvers, ces pratiques illégales sont régulièrement perpétrées, nettement plus que dans d’autres pays. Il s’agit de faits punissables, allant d’une circoncision illégale sans médecin à des coups et blessures sur un nouveau-né, notamment pendant l’aspiration avec la bouche".
Friedman fait allusion au 'metzitzah b'peh', une pratique controversée par la plupart des Juifs orthodoxes. Le sang qui coule du pénis de l’enfant après la circoncision est aspiré à la bouche. Le but est de nettoyer la plaie, mais plusieurs enfants ont déjà été gravement malades ou sont même décédés des infections provoquées par ce rituel.
"Au sein de la communauté internationale juive, cette pratique est rejetée, même par les Juifs orthodoxes", précise Moshe Friedman. Pourquoi est-elle alors pratiquée par certains Juifs anversois ? "A Anvers, les docteurs juifs refusent souvent de faire une circoncision, sous pression des rabbins. Dans d’autres pays, un enfant peut par contre bien être circoncis par un médecin juif".
