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Le Premier ministre Bart De Wever au sommet européen à Anvers, ce mercredi

Anvers accueille le sommet européen de l'industrie : "L'épine dorsale de notre économie se fissure", met en garde Bart De Wever

Les dirigeants industriels et européens débattront ce mercredi dans le cadre grandiose de la Bourse d’Anvers (Handelsbeurs) et jeudi à la Commanderie d’Alden Biesen (dans le Limbourg) de l’avenir de l’industrie. Comment l’Europe peut-elle éviter de perdre encore plus de terrain face à la Chine et aux États-Unis ? Le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) est déterminé à inverser la tendance. "Si nous continuons sur notre lancée, nous allons tout perdre. Les fondements de notre économie sont en train de s'effondrer." Alors que les entreprises et les organisations patronales réclament une simplification des réglementations et une action rapide, les dirigeants européens discuteront de priorités concrètes pour soutenir l'industrie, en s'appuyant sur le rapport de 2024 de Mario Draghi, l’ancien Premier ministre italien (2021-2022) et ex-directeur de la Banque centrale européenne (2011-2019). Un rapport proposant des pistes pour renforcer la compétitivité de l’UE.

Anne François Cisse Michiels
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"Si nous ne changeons pas notre façon actuelle d’agir, nous allons tout perdre. Les fondements de notre économie sont en train de s'effondrer." Dans un long entretien accordé à VRT NWS le week-end dernier (écoutez un extrait en bas de cet article), le Premier ministre Bart De Wever a une fois de plus dressé un tableau sombre de notre avenir. Cette fois-ci, il s'est penché sur l'industrie. "Nous sommes en train de désindustrialiser l'Europe, et nous en sommes les seuls responsables", a-t-il averti.

De Wever cite en exemple le déclin du secteur pétrochimique. Des centaines d'emplois disparaissent dans le port d'Anvers, principal pôle chimique d'Europe. Le mois dernier, Anvers a également raté un important projet de plusieurs milliards de dollars. L'entreprise danoise Vioneo a choisi la Chine, et non l'Europe, pour y construire une nouvelle usine.

Cela se produit sous nos yeux, et ce qui me préoccupe énormément c'est que la prise de conscience de l'urgence ne se produit pas.

Le Premier ministre Bart De Wever (N-VA)

"Sans cette industrie, nous sommes totalement dépendants de la Chine et des États-Unis pour tout", précisait le Premier ministre. Bart De Wever souhaite placer la question de l'industrie européenne au cœur du débat politique et public.

"Cela se produit sous nos yeux, et ce qui me préoccupe énormément, c'est que la prise de conscience de l'urgence ne se fasse pas sentir", déclarait-il samedi dernier lors du lancement de son nouveau livre "Over welzijn" (Sur la prospérité).

Cette semaine sera cruciale pour De Wever, qui veut insuffler ce sentiment d'urgence. Il souhaite prendre l'initiative d'inverser la tendance au niveau européen. Ces mercredi et jeudi, d'éminents industriels et dirigeants politiques européens se réunissent en effet en Belgique pour un sommet de l’industrie. Ce mercredi, la réunion a lieu à la Bourse d'Anvers (photo), jeudi elle se poursuivra à la Commanderie Alden Biesen à Bilzen-Höselt, dans le Limbourg.

Restaurée et rouverte au public en octobre 2019 après 20 ans d’inoccupation, la Handelsbeurs installée dans le centre historique d’Anvers a ainsi retrouvé sa fonction ancestrale de lieu de rencontre et de culture. La Bourse d’Anvers remonte à un bâtiment datant de 1531, qui était la première bourse d’échange moderne, sur laquelle ont été calquées d’autres bourses d’Europe. Il s’agit en outre d’un joyau du patrimoine flamand, qui assume à nouveau son rôle économique et touristique dans la métropole anversoise.

Le cadre majestueux de la Bourse d'Anvers accueille le Sommet européen

Les PDG d’entreprises exigent des mesures décisives à Anvers

Le sommet de deux jours s'ouvre donc à Anvers avec le Sommet européen de l'industrie. Les PDG des plus grandes entreprises belges et européennes s’y réunissent pour discuter des besoins politiques en matière de soutien à l'industrie. Leurs revendications sont claires : des mesures décisives.

Le temps des analyses et des énièmes rapports est révolu

Fédération des entreprises de Belgique (FEB)

"Fini les analyses et les énièmes nouveaux rapports. Les défis sont connus et des propositions concrètes sont sur la table", déclare la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). En collaboration avec les organisations patronales des 27 États membres, elle a rédigé un mémorandum exposant ses revendications.

Elle transmettra également ce message directement aux dirigeants européens. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron, et le chancelier allemand Friedrich Merz, entre autres, seront à Anvers pour écouter les acteurs du secteur.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au sommet européen à Anvers

Les dirigeants définiront les priorités à Alden Biesen

Jeudi, Emmanuel Macron et Friedrich Merz sont attendus dans le cadre prestigieux de la commanderie d’Alden Biesen. Tous les dirigeants de l'Union européenne s'y réuniront pour un sommet informel avec un seul objectif : la compétitivité. En bref : comment l'Europe peut-elle à nouveau rivaliser économiquement avec les États-Unis et la Chine ?

Les dirigeants européens se réuniront à Alden Biesen.

Il ne faut pas s'y attendre à des nouvelles propositions surprenantes. Les pays savent ce dont ils ont besoin. En 2024, l'ancien Premier ministre italien Mario Draghi (photo) – également présent à Alden Biesen – a publié un rapport exhaustif et largement commenté, proposant une liste de mesures pour renforcer la compétitivité de l'UE. Ce rapport propose trois axes principaux pour réformer et relancer la croissance durable : innover et combler le retard technologique, avoir un plan commun pour la décarbonation et la compétitivité, et renforcer la sécurité et réduire les dépendances. Bart De Wever a indiqué que ce rapport devrait servir de cadre de référence.

Alors, qu'attend-il de ce sommet ? "Nous devons définir cinq ou six priorités absolues et dire à la Commission européenne : “Voici ce que nous allons faire, et nous ne ferons rien d’autre.”" De Wever s’attend à ce que la Commission – l’organe européen qui élabore les propositions législatives – présente un plan ou une feuille de route concrète lors du sommet européen du mois de mars.

L'ancien Premier ministre italien Mario Draghi

"Champion du monde" de la surréglementation

De Wever place la question des prix élevés de l'énergie au premier plan de ses priorités. Il soutient également l'appel de Friedrich Merz à alléger la réglementation pesant sur les entreprises. Lors du Forum économique mondial de Davos, le chancelier allemand a déclaré sans ambages : "Nous sommes devenus les champions du monde de la surréglementation. Cela doit cesser."

"Nous devons simplifier considérablement les choses pour les entreprises. L'Europe a des principes moraux forts, et ils sont importants, mais vouloir être systématiquement le pays le plus respectueux de l'environnement et le plus propre au monde complique inutilement la tâche des entreprises", concède De Wever. Il maintient cependant que l'Europe doit continuer à respecter ses propres objectifs climatiques, tels que définis dans le Pacte vert.

Un autre projet cher au Premier ministre belge est l'intégration accrue des marchés européens. En pratique, de nombreuses barrières commerciales persistent entre les pays, en raison des différences de réglementation. De Wever propose de ne pas attendre que chaque pays soit prêt à une coopération plus étroite. Il souhaite agir au plus vite avec les pays qui y sont également ouverts, et vise en priorité les Pays-Bas et le Luxembourg.

Le ministre-président flamand Matthias Diependaele a pris la parole aussi sommet d'Anvers

Création d'un "petit club"

Dans cette optique, Bart De Wever a également créé un "petit club", expliquait-il à VRT NWS. "Il s'appelle les Amis de la compétitivité, un nom peut-être un peu banal." Ce jeudi matin, avant le sommet, ce "petit club" devait se réunir. Le terme semble un peu réducteur, car plus de 20 des 27 États membres européens y participeront.

De Wever présidera la réunion aux côtés du chancelier Merz et de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Il espère, avec ces puissances européennes, faire bouger les choses lors du sommet.

Depuis le rapport Mario Draghi en 2024, la Commission a déjà pris plusieurs mesures pour alléger la réglementation pesant sur les entreprises. Il y a un an, elle présentait le "Pacte industriel propre" (Clean Industrial Deal) lors du sommet industriel d'Anvers.

La réunion de jeudi permettra surtout de voir jusqu'où les États membres sont prêts à aller et quel sera le coût de ce soutien à l'industrie pour les pays concernés.

REGARDER
De Wever: "Nous sommes bien trop naïfs" (interview VRT NWS en néerlandais)

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